Le Grand Paris des écrivains s’expose au Pavillon de l’Arsenal

Lancée le 12 octobre, la 3e saison du Grand Paris des écrivains se double d’une exposition rassemblant les 30 courts-métrages de cette série réalisée par Stefan Cornic.

Dans « Le Carrousel », la caméra de Stefan Cornic capte un quartier disparu évoqué par Olivier Cadiot ; dans « Un Trajet », elle s’engouffre dans les couloirs du métro et du RER pour refaire le parcours qu’a effectué Delphine de Vigan pendant 11 ans entre la gare de Lyon et Maisons Alfort/Alfortville ; dans « Parapets », elle se plonge dans l’histoire de la géologie calcaire du bassin parisien racontée par Célia Houdart… Elle s’aventure aussi à la confluence de la Seine et de la Marne autour de Chinagora à l’invitation de Fanny Taillandier et parcourt la rue de Ménilmontant à travers l’évocation de l’écrivaine japonaise Ryoko Sekiguchi.

De g. à dr. : Stefan Cornic, Ryoko Sekiguchi, Olivier Cadiot, Fanny Taillandier, Delphine de Vigan et Célia Houdart, le 12 octobre 2022 au Pavillon de l’Arsenal, à l’occasion du lancement de la 3e saison du Grand Paris des écrivains et de l’exposition éponyme. © Jgp

Le 12 octobre 2022, cinq nouveaux courts-métrages inédits de la collection du Grand Paris des écrivains ont été dévoilés au Pavillon de l’Arsenal à l’occasion du lancement de la 3e saison de cette série initiée en 2020 par le réalisateur Stefan Cornic et co-produite par le Pavillon de l’Arsenal et la société de production Année zéro, avec le soutien institutionnel de la métropole du Grand Paris et de la Caisse des dépôts.

Dans « Et puis il y a Chinagora », Fanny Taillandier nous fait emprunter les rues de son enfance et revient à Chinagora, situé à la confluence de la Marne et de la Seine. © Stefan Cornic

S’imprégner d’un lieu en mots et en images

Le principe du Grand Paris des écrivains, qui donne à entendre la voix d’auteurs et d’autrices contemporains sur des images de la ville aujourd’hui, est simple : pour chaque film, un écrivain s’empare d’un bâtiment, d’un quartier ou d’un axe du Grand Paris et écrit un texte, en lien avec l’espace choisi. Le texte, lu par son auteur, est mis en images par Stefan Cornic (*), concepteur de la série. « En 2018, j’ai eu envie de filmer la métropole, de mettre des mots et des images sur cet espace en train de se dessiner entre Paris et la banlieue », a témoigné ce dernier lors de l’échange qui a suivi la projection.

Stefan Cornic, le 12 octobre 2022 au Pavillon de l’Arsenal, à l’occasion du lancement de la 3e saison du Grand Paris des écrivains et de l’exposition éponyme. © Jgp

Le réalisateur est également revenu sur sa façon de travailler : « je relis plusieurs fois le texte, m’en imprègne, généralement je connais le lieu, j’y vais une première fois pour m’en imprégner [physiquement], cela me permet de sentir l’atmosphère. Après j’y retourne de façon plus ciblée en fonction des couleurs que je veux donner au film : un ciel plutôt gris, plutôt ensoleillé… J’y vais trois fois minimum, jusqu’à sept fois pour certains ».

La grande réussite de ces films est d’embarquer le spectateur dans l’univers de l’auteur, les images servant à chaque fois magnifiquement la narration. Ainsi, par exemple, dans « Un Trajet » de Delphine de Vigan, dans lequel l’autrice de « Rien ne s’oppose à la nuit » a voulu « montrer comment le trajet en RER s’inscrit dans notre corps » et laisse une « empreinte, au-delà de la physiologie », le spectateur, pour peu qu’il prenne quotidiennement les transports en commun franciliens pour aller travailler, ressent intimement et physiquement ce qui est montré et raconté à l’image.

Dans « Un Trajet », Delphine de Vigan raconte son trajet quotidien en RER entre la gare de Lyon et Maisons-Alfort–Alfortville. © Stefan Cornic

Inaugurée le même soir, une exposition, visible jusqu’en février prochain, permet de voir les 30 films réalisés depuis quatre ans dans le cadre de cette collection. Ils sont organisés en trois sections et autant d’écrans de projection autour de ces thèmes : « Repères », « Traversées » et « Quartiers ». « Ensemble, les films révèlent un territoire métropolitain en mutation constante sous le prisme des souvenirs, des témoignages, des visions des écrivaines et écrivains », présente Le Pavillon de l’Arsenal.

 

Le Grand Paris des écrivains, exposition présentée jusqu’au 8 janvier 2023 au Pavillon de l’Arsenal, 21 boulevard Morland, Paris (4e arr.), www.pavillondelarsenal.com.

 

(*) Stefan Cornic a également réalisé pour Le journal du Grand Paris et Le journal de l’Axe Seine le film « La Seine, un trajet, portrait d’un batelier » qui sera diffusé le 18 octobre 2022 lors du 3e Sommet de l’Axe Seine.

Sur le même sujet

Top