La bataille continue autour de la date des primaires chez les socialistes de Paris

Au lendemain de l’adoption par le bureau national du Parti socialiste de la circulaire organisant les modalités des primaires en vue des prochaines élections municipales, la bataille se poursuit entre Rémi Féraud et Emmanuel Grégoire, les deux candidats socialistes en lice.

La bataille continue chez les socialistes parisiens, après la réunion du bureau national du Parti, qui s’est tenu jeudi 20 février. Un bureau qui a adopté la circulaire relative à l’organisation des primaires socialistes en vue des prochaines municipales. Cette dernière, préparée par la commission électorale qui planche sur ce sujet depuis des semaines, fixe un calendrier, ainsi que des règles de détermination des corps électoraux : les villes où le maire sortant se représentera organiseront ces primaires le 6 novembre prochain, tandis que les communes dans lesquelles le maire sortant ne se représente pas devront le faire le 3 avril prochain.

Emmanuel Grégoire et Rémi Féraud. © Jgp

Avec une règle, statutaire, qui veut que le corps électoral soit celui des adhérents à jour de leur cotisation six mois avant le jour du vote. Sauf dérogation. A Paris, un conseil fédéral devrait statuer début mars sur ce sujet stratégique. En coulisse, la bataille se poursuit, en l’occurrence, entre les camps de Rémi Féraud, candidat désigné par Anne Hidalgo, et son ancien premier adjoint, Emmanuel Grégoire.

Du côté de Rémi Féraud, on indique qu’il sera difficile d’organiser ces primaires en pleine préparation du congrès du PS, qui se tiendra mi-juin, comme l’a également décidé le bureau national réuni jeudi 20 février. On souligne par ailleurs que la circulaire adoptée prévoit la désignation des têtes de liste d’arrondissement cet automne, et qu’il pourrait être opportun de coordonner ces désignations avec l’organisation des primaires. On laisse entendre, par conséquent, que des discussions avec les maires d’arrondissement sortants et les sections locales pourraient prendre du temps, retardant d’autant la tenue de ces primaires. « On se demande, en réalité, pourquoi Emmanuel Grégoire est si pressé de voir se tenir ces primaires. Peut-être par peur devant la dynamique de notre campagne », indique un proche de Rémi Féraud.

Des accusations réciproques de tripatouillages

Une position qui fait bondir dans l’entourage d’Emmanuel Grégoire, où l’on accuse le camp adverse de vouloir à tout prix gagner du temps… par peur de perdre ces primaires. « Le camp de la maire mise sur la fracturation des soutiens d’Emmanuel Grégoire », indique-t-on. Et de déplorer que ces querelles intestines retardent le démarrage réel de la campagne. « Les écologistes vont désigner leur candidat en mars, les communistes ont déjà désigné le leur, et il nous faudrait attendre l’été pour désigner le nôtre ? C’est n’importe quoi », s’indigne un proche de l’ancien premier adjoint.

Les soutiens d’Emmanuel Grégoire souhaitent par ailleurs que, quelle que soit la date des primaires, celle prise en compte pour figer le corps électoral parisien soit celle du 3 octobre 2024, soit six mois avant le 3 avril, date prévue pour la tenue des primaires dans les communes où les maires sortants ne se représentent pas. Les soutiens de Rémi Féraud estiment, au contraire, qu’il serait plus juste que la date de prise en compte du corps électoral soit fixée à six mois glissants avant la date de l’élection.

Les deux candidats laissent également entendre, de façon plus ou moins voilée, que l’heure, dans le camp adverse, est au tripatouillage électoral pour gonfler artificiellement le nombre de ses soutiens.

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