La gare routière de Pershing, Porte Maillot, bien connue des usagers de l’aéroport de Beauvais, compte désormais 19 quais pour être en mesure d’accueillir également des bus Macron, Blablacar ou Flixbus, délestant la gare de Bercy.
Marc Guillaume, préfet de la région d’Ile-de-France et de Paris, affichait sa satisfaction mardi 16 décembre, en inaugurant la gare routière de Pershing rénovée. Ses 19 quais accueillent désormais, outre les autocars reliant l’aéroport de Beauvais, les fameux bus Macron, dont le succès n’était pas du goût de tout le monde à Paris. A commencer par les riverains de la gare routière de Bercy, lassés du ballet de ces bus très bon marché, qui en France sont utilisés par 4 à 5 millions de voyageurs par an. D’autant que la gare de Bercy est en réalité un parking, n’offrant aucune des aménités que l’on retrouve généralement dans de tels sites. La maire du 12e souhaite voir fermer cette gare, ce qui était prévu pour une date d’abord fixée « après les JOP », désormais reportée à 2030. Il a fallu une longue concertation, orchestrée par le préfet, incluant les maires des arrondissements concernés, et les opérateurs de ces bus, qui se trouvaient très bien à Bercy, qui concentre une cinquantaine de quais, pour aboutir à un alignement des planètes.
Sur la base d’une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), puis de l’Autorité de régulation des transports (ART), plusieurs sites, susceptibles d’accueillir une partie du trafic de la gare de Bercy ont été passés en revus au cours des dernières années. Mais aucun n’a finalement été retenu, sauf celui de Pershing. « Sa proximité immédiate avec le périphérique permet de ne pas emboliser la ville », se félicitait le maire (LR) du 17e Geoffroy Boulard, heureux également d’avoir obtenu que seuls les bus desservant l’ouest de la France y soient accueillis. L’élu souligne la bonne desserte multimodale de Pershing : ligne 1 du métro, RER C, tramway, pistes cyclables et accès direct au périphérique. La briéveté des travaux d’aménagement a également été saluée par les différents intervenants, le chantier ayant commencé à l’automne dernier. Désormais, les bus de Blablacar et Flixbus y cohabitent donc avec ceux reliant Beauvais, qui font là leur retour après une longue absence. La gare de Pershing a en effet successivement été utilisée comme base arrière pour les travaux d’Eole, puis comme site de dispatching des personnels œuvrant pour le bon déroulement des Jeux olympiques de 2024.
.« L’État a joué le rôle qui doit être le sien : inviter tout le monde à travailler ensemble, à s’écouter, et à trouver des solutions d’intérêt commun », a souligné Marc Guillaume, préfet de la région d’Île-de-France et préfet de Paris, lors de cette inauguration.

En France, les cars longue distance transportent aujourd’hui près de 4,7 millions de voyageurs par an, dont environ 30 % transitent par Paris. © Jgp

Frédéric Hocquard, adjoint (Génération.s) à la maire de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne David Belliard, conseiller (Les écologistes) de Paris, et Geoffroy Boulard, maire (LR) du 17e arrondissement. © Jgp
Une réduction de 25 à 30% du flux de Bercy
Concrètement, le transfert progressif d’une partie des lignes de Bercy vers Pershing devrait permettre de réduire de 25 à 30 % la pression sur la gare de Bercy, soit jusqu’à 1,5 million de voyageurs en moins à terme. « C’est une étape d’un processus plus large », souligne David Belliard, chef de file des écologistes en vue des prochaines municipales à Paris. L’opération doit être suivie de la création annoncée d’une gare routière à Saint-Denis Pleyel, appelée à absorber le reste du trafic aujourd’hui concentré à Bercy. « L’objectif est que Bercy redevienne ce qu’il a toujours été : un parking, et que l’on puisse ensuite décider collectivement de l’avenir de ce site », explique David Belliard, évoquant un accord de principe avec Mathieu Hanotin, maire (PS) de Saint-Denis et président de Plaine Commune.
Le financement de l’aménagement a été assuré par la Ville de Paris, conformément à l’engagement pris lors de l’accord entre les parties, tandis que l’État a assuré un rôle de coordination à l’échelle du Grand Paris.

