À l’occasion des municipales, Le Journal du Grand Paris entame une série d’articles pour présenter des candidats et leur programme. Premier opus d’« En campagne avec » à Courbevoie où se présentent Jacques Kossowski, maire (LR) sortant, en ticket avec Stéphanie Soares (UDI).
« On n’est pas élu sur ce que l’on a fait mais sur ce que l’on va faire », résume Jacques Kossowski. Ce samedi matin, le maire sortant (LR) de Courbevoie (Hauts-de-Seine) arpente les rues de Bécon, un quartier résidentiel de la ville, en compagnie de Stéphanie Soarès, adjointe (UDI) en charge de la transition énergétique, du mécénat et des subventions. Une élue à laquelle il passera la main en cours de mandat, a-t-il annoncé. Les deux candidats vont à la rencontre des habitants, nombreux à venir leur dire bonjour, dans cette ville de 85 000 habitants dont on ne connaît souvent que la partie collée à La Défense. Alors que le centre-ville a des allures de bourg provincial, de village, où l’on prend le temps de vivre et de se saluer.
Le patron d’une épicerie fine raconte ses difficultés à céder son commerce, sa volonté de ne pas le vendre à n’importe qui, pour en conserver l’esprit, et son souhait de voir disparaître le marché des producteurs qui vient toutes les six semaines lui faire une concurrence dont il se passerait volontiers.
Attablés dans un café situé en face de la gare de la ligne L, Jacques Kossowski et Stéphanie Soares décrivent leurs priorités, dans cette commune où la desserte va être décuplée par l’arrivée en 2030 de la ligne 15 Ouest. « Nous sommes d’ores et déjà à 7 mn en train de la gare Saint-Lazare », souligne Stéphanie Soares, qui rappelle que la ville a obtenu l’inscription au sein du schéma directeur de la Région Île-de-France (Sdrif-E) du prolongement de la ligne 3 jusqu’à Courbevoie.
Tolérance zéro
Les deux élus rappellent que la ville est en première position des classements pour sa sécurité. « Nous allons continuer à œuvrer pour l’améliorer, en poursuivant notre politique de tolérance zéro », indique Jacques Kossowski. En augmentant le nombre de caméras de vidéosurveillance, qui passera de 150 à 200, avec un centre de sécurité urbaine où des agents sont derrière les écrans 24 h/24, sept jours sur sept. « Sinon, ça ne sert à rien », résume le maire. « Nous sommes également très attachés à la prévention », poursuit-il. La commune compte ses propres agents de médiation, qui sillonnent les rues, vont à la rencontre des riverains, recueillent leurs doléances en la matière. Courbevoie dispose également d’une brigade de motocyclistes de nuit.
La qualité de vie, qui passe par la poursuite de la végétalisation de la ville, constitue une autre de leurs priorités. De nouveaux parcs sont annoncés dans une ville qui en compte déjà 43. « Nous allons planter 1 000 arbres supplémentaires, soit une centaine par an », indiquent les élus. La lutte contre le bruit est également évoquée, avec un premier pas qui a consisté à adhérer à Bruitparif, l’observatoire du bruit en Île-de-France, et à installer un sonomètre près de la mairie, affichant en direct le niveau de décibels ambiant. Courbevoie entend aussi lutter contre les pollutions lumineuses et briguer le label « Ville amie des animaux ». « Nous attachons une grande importance aux politiques de solidarité », ajoute Stéphanie Soarès, qui évoque l’épicerie solidaire municipale ou l’ouverture prochaine d’une maison des solidarités, guichet unique d’accueil des bénéficiaires de prestations sociales.
Pour un vaste campus de l’IA à La Défense
Le commerce figure également parmi les priorités de la municipalité sortante, qui vient de préempter 12 locaux commerciaux avec la foncière commerce de la Métropole. La commune entend accompagner une montée en gamme de ses échoppes et veiller à leur diversification. Le réaménagement du marché Villebois-Mareuil, qui a besoin d’une rénovation, figure au programme de la prochaine mandature. Mais les grands projets d’aménagement sont la métamorphose du centre-ville, autour du quartier Charras, où Apsys va transformer le centre commercial existant, en déshérence, avec l’aide de l’Établissement public foncier d’Île-de-France et de Grand Paris aménagement sur un dessin de Valode & Pistre. La rénovation, notamment énergétique, de deux tours des Damiers, sur la dalle de La Défense, mais aussi la mise en sécurité de ces joyaux de l’architecture brutaliste constitueront également deux des gros dossiers du mandat à venir, tandis que la transformation du village Delage est en phase d’achèvement.
Alors que le rapport Bédier remis en octobre dernier au Premier ministre circule sous le manteau, les deux élus se félicitent qu’il reprenne une idée chère au maire sortant : celle de bâtir à La Défense un vaste campus de l’IA, qui pourrait trouver sa place aux côtés du grand centre culturel que le maire (DVD) de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, appelle de ses vœux pour réinventer le modèle du quartier d’affaires.
Maire (LR) depuis 1995, Jacques Kossowski sollicite un nouveau mandat à Courbevoie (Hauts-de-Seine), en ticket avec Stéphanie Soarès (UDI), adjointe à la transition énergétique. Le binôme est soutenu par le Modem, Nouvelle énergie et le Parti Radical. Face à eux, la conseillère régionale (Renaissance) Aurélie Taquillain.
La gauche, de son côté, aborde le scrutin divisée. Une liste d’union menée par Alban Thomas (PS), à la tête de la liste Alternative Citoyenne Courbevoie (ACC), qui rassemble, outre les socialistes, les écologistes, PCF et Générations, côtoie une autre candidature conduite par Cyprien Ronze-Spilliaert (Place publique), tandis qu’une liste sans étiquette, portée par Vincent Julé, complète le paysage électoral. Dans ces conditions, la gauche apparaît davantage en position d’arbitre potentiel que de favorite.
Solidement dirigée par la droite depuis des décennies, la ville vote plutôt au centre lors des scrutins nationaux. En 2020, Jacques Kossowski l’avait emporté avec un peu plus de 55 % des voix face à Aurélie Taquillain. Mais la présidentielle de 2022 a confirmé la prépondérance d’un électorat modéré.
La participation pourrait jouer un rôle décisif. Traditionnellement faible dans certains quartiers populaires, elle conditionnera l’éventuelle triangulaire et l’issue du second tour. Plus largement, l’élection municipale courbevoisienne illustre une évolution fréquente en petite couronne ouest : le passage progressif d’une commune résidentielle à une ville pleinement intégrée au Grand Paris.





