SystemX lance son second appel à projets à l’intention des start-up

Spécialisé dans l’ingénierie numérique, l’Institut de recherche technologique (IRT) SystemX, basé à Saclay, a lancé son second appel à projets ouvert aux start-up. Son objet : la blockchain.

« Nous avons beau avoir un fonctionnement mêlant intimement recherche académique et partenaires économiques – qui s’engagent pour des durées de trois à quatre ans -, ce mode de collaboration est compliqué pour les start-up. C’est pourquoi nous avons, l’an dernier, décidé de leur consacrer des appels à projets : les start-up sont invitées à participer à des recherches précises pendant six mois, sans avoir besoin de les
financer. » Charles Kremer, directeur du programme de recherche « territoires intelligents » de l’IRT SystemX, a ainsi justifié l’appel à projets présenté mercredi 3 mai 2017 dans les locaux de Cap digital, le pôle de compétitivité francilien dédié au numérique, qui regroupe de nombreuses start-up et PME.

Cette année, cet appel à projets, ouvert jusqu’au 16 juin, concerne la blockchain et s’intitule BST : blockchain for smart transactions. La technologie – devenue célèbre grâce au bitcoin – peut en effet contribuer à construire des territoires plus intelligents et plus durables. Trois des partenaires de SystemX ont présenté la façon dont ils réfléchissaient à son intégration dans leur activité.

Energie, automobile, poste : des applications multiples

Gilles Deleuze, chef de projet R&D blockchain à EDF R&D, travaille sur un cas d’usage : comment valoriser localement, dans un quartier mêlant habitations et activités économiques, les productions énergétiques réalisées par certains – en les équipant par exemple d’un toit solaire ? La consommation locale évite en effet les pertes d’énergie incontournables dès que l’électricité transite sur le réseau. La blockchain permettrait de comptabiliser les échanges, de les équilibrer. Mais sur quelle échelle peut-elle fonctionner ? Avec quel type de marché ?  Et quelle facilité d’utilisation ? Voici quelques questions auxquelles EDF aimerait, avec l’aide de start-up, répondre.

De son côté, Aldric Loyer, chef du service innovation des nouveaux services de mobilité chez PSA Peugeot Citroën, verrait bien la blockchain consigner tous les actes contractuels qui marquent l’existence d’un véhicule : sécuriser la mesure de son kilométrage, mais aussi ses contrats d’assurance, le contrôle technique, le paiement des parkings ou du covoiturage, son utilisation réelle, son entretien, etc. « De plus en plus connectés, les véhicules permettent aux constructeurs d’utiliser du big data. Mais les utilisateurs sont les propriétaires de ces données et, peut-être, les technologies liées à la blockchain peuvent-elles contribuer à leur donner confiance », explique–t-il.

Charles Kremer, directeur du programme de recherche « territoires intelligents » de l’IRT SystemX. © Jgp

Avec l’arrivée des véhicules autonomes, la blockchain pourrait aussi indiquer de façon authentifiée à quel moment la responsabilité du conducteur et celle du constructeur sont impliquées dans la conduite. Alain Roset, directeur de la prospective à La Poste, étudie la façon dont cette technologie peut consolider toutes les activités de son entreprise liée à la fonction de tiers de confiance : identité, coffre-fort et vote électronique ou encore archivage sécurisé des factures par exemple. Mais aussi des activités comme le suivi des colis.

Produire des preuves de concept

Pour tester ces développements, l’IRT SystemX a déjà commencé à développer une plateforme numérique permettant la simulation, l’analyse et la visualisation des données. Un outil que les start-up sélectionnées pourront utiliser. Leur profil ? Elles doivent développer des solutions de sécurité (gestion des identités, preuve formelle des smart contracts) ou des architectures innovantes permettant le traitement rapide d’information et l’interopérabilité entre les différentes technologies de blockchain.

Les trois ou quatre start-up lauréates seront choisies le 6 juillet. Elles recevront une dotation de 5 000 euros et pourront conserver la pleine propriété intellectuelle des développements effectués dans le cadre du projet. L’an dernier, deux entreprises, Citodi et Nextérité, avaient été choisies pour participer au projet transport de la ville intelligente.

Les détails de l’appel à projets  

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