Le préfet Michel Cadot en visite au Génopole d’Evry

Le nouveau préfet de la région Ile-de-France s’est vu présenter, mardi 29 août 2017, les différentes facettes du Génopole d’Evry, grâce auxquelles la France est leader mondial des thérapies géniques. Avec des perspectives de progrès médicaux inconcevables jusqu’à un passé récent.

« Pas de visite en Essonne sans visite du Génopole », comme l’a dit sa présidente, Marianne Duranton, en accueillant, mardi 29 août 2017, le préfet Michel Cadot. La conseillère régionale d’Ile-de-France a rappelé qu’au début de l’aventure, il y a 30 ans, Evry était au bout du monde, saluant « les pionniers de la génomique ».

« Pas de visite en Essonne sans visite du Génopole », comme l’a dit sa présidente, Marianne Duranton, en accueillant, mardi 29 août 2017, le préfet Michel Cadot. © Jgp

Tout au long des présentations des différentes facettes de ce lieu fantastique, qui réunit chercheurs, professeurs et entrepreneurs, et fait de la France le leader mondial des thérapies géniques, des hommages appuyés ont été rendus à Pierre Tambourin, fondateur du Génopole en 1998, ainsi qu’à Bernard Barataud. Ce dernier, créateur du Téléthon par refus de considérer la maladie dont un de ses enfants est atteint comme une fatalité, a permis de financer le développement de ce projet hors-normes.

Des centaines d’entreprises et de laboratoires sont désormais implantés au Génopole, mutualisant les infrastructures de recherche et les ressources multiples du lieu, qui s’étend désormais sur quelque 100 000 m2. © Jgp

Les slides parlent d’eux-mêmes, en particulier celui montrant le périmètre du Génopole, désormais à cheval entre Evry et Corbeil, lors du lancement du projet, il y a 20 ans, et aujourd’hui. Là où trois structures apparaissaient, des centaines d’entreprises et de laboratoires sont désormais implantés, mutualisant les infrastructures de recherche et les ressources multiples du lieu, qui s’étend sur quelque 100 000 m2.

4 euros privés pour un euro public

« 600 millions d’euros ont été levés par les entreprises du Génopole, passées en 20 ans du rang de start-up à celui de leaders mondiaux de l’industrie et de la recherche pharmaceutique », a souligné Jean-Marc Grognet, directeur général du Génopole, qui a succédé récemment à Pierre Tambourin, présent mardi 29 août 2017 lors de cette visite. De même que Francis Chouat, président de Grand Paris Sud-Seine-Essonne Sénart et vice-président du Génopole.

Jean-Marc Grognet, directeur général du Génopole, a succédé récemment à Pierre Tambourin. © Jgp

« Ce qui signifie que pour un euro apporté par la puissance publique, 3 à 4 euros ont été investis ici par le secteur privé », a poursuivi Jean-Marc Grognet. L’Etat, la Région, le département de l’Essonne, la ville d’Evry de même que l’AFM Téléthon sont les financeurs historiques du projet.

Les perspectives de la baisse du coût du séquençage

« Notre ADN, c’est l’ADN. Nous constituons un bio-cluster, basé sur un triangle : recherche, formation supérieure et entreprises. Mais il s’agit d’un triangle à quatre côtés, puisque nous bénéficions également de la présence des patients, grâce à l’AFM Téléthon », a poursuivi Jean-Marc Grognet. Ce dernier a retracé l’histoire scientifique du lieu, avec le séquençage des trois milliards d’informations – de « bases » – contenues dans l’ADN, comme apogée. « 100 ans seraient nécessaires pour lire l’ensemble de ces informations si l’on en traitait une par seconde », a-t-il imagé.

Michel Cadot, préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris. © Jgp

Jean-Marc Grognet a rappelé que c’est ici que l’isolation du gène de l’insuline a permis de passer, dans le traitement du diabète, de l’exploitation de l’insuline d’animaux à l’usage de molécules exactement identiques à celles présentes dans le corps humain. La baisse du coût du séquençage d’un génome, passé d’un million à quelques milliers de dollars ouvre des perspectives inouïes pour la médecine. Une source d’espoir pour des maladies qui n’ont de rares que le nom : les 8 000 maladies rares d’origine génétique concernent 20 millions de patients en Europe, a-t-il été rappelé.

La génétique permettra aussi de mieux adapter les traitements à chaque individu, renseignant sur la probabilité du développement d’effets secondaires. Elle permettra la réparation de tissus lésés (rétine, peau) et le remplacement de gênes pathogènes ou déficients. Le Génopole est déjà un lieu de production de milliards de cellules, distribuées à travers le monde, a également rappelé Jean-Marc Grognet.

De la recherche au diagnostic

Ces techniques, en phase de passer d’un objet de recherche à un outil de diagnostic, concernent différents secteurs, au-delà de la santé : agronomie, agro-alimentaire, environnement, sécurité. Avec leur lot de questions éthiques d’une gravité égale aux potentialités ouvertes. « La réflexion, le lien entre science et société figurent parmi les missions du Génopole », a indiqué Jean-Marc Grognet.

Aujourd’hui, l’ensemble compte 19 laboratoires de recherche, 24 plateformes partagées entre industriels et laboratoires, 86 entreprises (180 depuis la création en 1998) a également indiqué le directeur général, qui a annoncé, par ailleurs, la signature prochaine d’un accord avec Paris-Saclay.

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