15 est : 16 élus créent une association pour lutter contre le report de la ligne

Plusieurs élus ont décidé de s’unir en créant le vendredi 15 juin 2018 l’association de promotion de la ligne 15 est du Grand Paris express, qui vise à lutter contre le report annoncé par l’Etat en février dernier.

Après l’annonce par l’Etat du retard pris sur les lignes 16 et 17, le report de cinq ans de la ligne 15 est du Grand Paris express à 2030 sonne comme l’ajournement de trop pour les quelques élus présents à la première assemblée générale de l’association. Initialement, la ligne aurait dû traverser 22 communes entre Saint-Denis et Champigny-sur-Marne dès 2025, avec l’ambition de permettre aux habitants du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis d’effectuer des trajets de banlieues à banlieues sans être contraints de repasser par la Capitale.

Pas de clientélisme

« Nous sommes là pour exprimer notre désaccord », a expliqué le président de l’association, Gérard Cosme, certifiant que celle-ci ne s’inscrit pas dans une démarche « clientéliste ». Le maire du Pré-Saint-Gervais a notamment critiqué « le non-respect de la parole de l’Etat », dans la mesure où des documents contractuels avaient été signés avec la collectivité. L’élu a rappelé que l’établissement public territorial (EPT) Est Ensemble – dont il aussi le président – est quant à lui « allé au-delà de ce qu’on lui demandait » en créant 4 000 logements au lieu des 2 800 exigés chaque année.

 » Nous sommes là pour exprimer notre désaccord», a expliqué le président de l’association, Gérard Cosme, ici en 2016, lors d’une visite de site par la métropole du Grand Paris. © Jgp

Gérard Cosme a aussi évoqué les risques d’un tel « gel ». Si les partenaires publiques devraient maintenir leurs engagements vis-à-vis du projet, le risque est plus important concernant les entreprises privées qui ne pourront pas toutes se permettre de subir un retard de ce type. Conscient que des difficultés puissent se poser pendant les travaux et occasionner un ralentissement, Stéphane Troussel a estimé qu’annoncer un report avant même que le chantier n’ait débuté présage un « retard supérieur à cinq ans ».

Paradoxes et incohérences

« L’Etat demande de construire beaucoup autour des transports, mais si nous n’avons pas de transports, ce sont nos concitoyens qui vont le payer », a reproché Christel Royer le 15 juin. La maire (LR) du Perreux-sur-Marne a regretté qu’un « déséquilibre » subsiste encore entre les parties est et ouest de la petite couronne. Des propos partagés par la maire de Romainville, Corinne Valls, qui a estimé que les citoyens de ces banlieues sont des « laissés-pour-compte ».

Mireille Alphonse, vice-présidente écologie et environnement urbain d’Est Ensemble, a soulevé une autre incohérence de la politique publique de l’Etat, ce dernier « demandant d’avoir une démarche pertinente concernant la qualité de l’air, et donc en matière de transports, et refusant dans le même temps les lignes dont nous avons besoin ».

La maire de Romainville, Corinne Valls, a estimé que les citoyens de ces banlieues étaient des « laissés-pour-compte ». © DR

Afin d’avancer dans le projet et de ne pas lui donner une dimension uniquement « symbolique », les élus envisagent désormais d’agir de manière plus concrète. Dans ce cadre, une rencontre entre Gérard Cosme et Thierry Dallard – le nouveau président du directoire de la société du Grand Paris – devrait être organisée prochainement. L’association espère aussi pouvoir dialoguer dès que possible avec le gouvernement.

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