Dans un monde immobilier bousculé par les crises économiques, géopolitiques et environnementales, le Mipim 2026 s’annonce comme une édition de transition alors que les maires seront absents, élections municipales obligent. Du 9 au 13 mars à Cannes, le plus grand sommet mondial de la ville et de l’immobilier entend plus que jamais jouer son rôle de boussole, en mettant l’accent sur les mutations profondes des usages, des modèles d’investissement et des territoires.
« Nous sommes face à une crise qui est structurelle, pas simplement conjoncturelle», a résumé Astrid Weill, directrice générale de Groupama Immobilier, en préambule de la conférence de presse de présentation de l’édition 2026 du Mipim qui se tenait ce 3 février dans l’immeuble « M » encore en réhabilitation, face à la Madeleine.
Flex-office, baisse durable des besoins en surfaces tertiaires, vacance croissante dans certains secteurs bien desservis, mais devenus moins attractifs : « Si l’on estime à 30 % le surplus de bureaux en France, cela représente entre 30 et 40 millions de m² à traiter, et une grande partie se situe dans les grandes métropoles », souligne Astrid Weill.

Nicolas Boffi, directeur du Mipim et Astrid Weill, directrice générale de Groupama Immobilier. © Jgp
Dans ce contexte, le Mipim 2026 qui accueillera dans cinq semaines à Cannes le gratin mondial de l’immobilier, revendique une fonction centrale : décrypter un monde devenu plus complexe et aider les acteurs à y voir clair. Pour Nicolas Boffi, nouveau directeur du Mipim, l’événement doit être « un moment de clarté et de discernement dans l’année ».
Destination France, vitrine unifiée de l’attractivité nationale
Avec près de 150 conférences, plus de 20 000 participants attendus (+ 5 % par rapport à 2025) et des délégations venues du monde entier, Cannes s’impose comme la plateforme internationale où se confrontent diagnostics, stratégies et solutions. « C’est aussi l’occasion de prendre du recul, d’observer ce qui se fait ailleurs et d’en tirer des enseignements pour nos territoires », ajoute Astrid Weill.
Parmi les temps forts de cette édition 2026, la création de Destination France marque un tournant. Pensé comme un concept fédérateur, ce dispositif vise à mieux structurer la présence française face aux investisseurs internationaux. « Nous réunissons le monde entier à Cannes depuis des années, mais la France apparaissait encore trop fragmentée », constate Nicolas Boffi. Désormais, acteurs publics et privés seront rassemblés sous une bannière commune, au sein de la tente Greater Paris – Destination France (ex-tente du Grand Paris), inspirée des modèles anglo-saxons. Collectivités, aménageurs, promoteurs et investisseurs y partageront un même espace, où seront présents la ville de Paris, Paris La Défense, la métropole du Grand Paris, mais aussi de grands opérateurs privés. Une vitrine essentielle pour rappeler « que l’Île-de-France demeure une locomotive économique et urbaine à l’échelle européenne ».

« Nous réunissons le monde entier à Cannes depuis des années, mais la France apparaissait encore trop fragmentée », constate Nicolas Boffi. © Jgp
Autre évolution notable : le renforcement du focus sur l’immobilier opéré. Hôtellerie, résidences gérées, services aux usagers : la notion d’“hospitality” irrigue désormais l’ensemble des classes d’actifs. « L’utilisateur final et l’opérateur prennent un rôle de plus en plus déterminant dans la chaîne de valeur », souligne Nicolas Boffi.
Data center summit
Le Mipim 2026 innove également avec la création d’un Data Center Summit, un sommet dédié à un actif devenu stratégique. Investisseurs, opérateurs et constructeurs s’y retrouveront pour analyser les perspectives d’un marché en pleine explosion, mais confronté en France à des délais administratifs jugés excessifs par Astrid Weill.
La question du logement, particulièrement aiguë en Île-de-France, sera également au cœur des débats, notamment lors de la journée Housing Matters. « Après le diagnostic, nous voulons cette année travailler sur les solutions, en comparant les modèles internationaux », explique Nicolas Boffi, citant la construction modulaire ou certaines expériences étrangères de reconversion de bureaux en logements abordables.
Enfin, le Mipim 2026 accélère sa transformation dans ses formats. Moins centré sur les stands traditionnels, l’événement investit davantage la ville de Cannes : Gare maritime, hôtels de la Croisette, nouveaux sommets thématiques et formats de networking ciblés.
« Venir au Mipim est un investissement. Notre responsabilité est d’en maximiser le retour », assume Nicolas Boffi. En intégrant pleinement le “off” à la programmation officielle, le Mipim entend s’adapter aux nouveaux usages et rester, malgré les turbulences du marché, le rendez-vous incontournable de l’immobilier mondial.
Mipim awards : 5 groupes français sur les 40 finalistes
Lors de la présentation du programme de l’édition 2026 du Mipim le 3 février, les 40 finalistes au concours des Mipim Awards ont été dévoilés. Parmi ces projets sélectionnés par le jury présidé par Véronique Bédague, présidente de Nexity, figurent 5 opérations françaises :
– Dans la catégorie de la meilleure transformation : BPM à Paris réalisé par Franklin Azzi pour Redevco.
– Dans la catégorie du meilleur projet mixte : La fondation à Paris conçue par PCA-Stream pour Galia et le Pôle territorial sud Gironde à Lagon de l’agence ABF-Lab pour le département de la Gironde.
– Dans la catégorie du meilleur endroit pour travailler : 25, avenue Matignon-BNP Paribas asset management à Paris imaginé par PCA-Stream pour Sefri cime.
– Dans la catégorie du meilleur nouveau projet d’aménagement : Canopia à Bordeaux réalisé par Maison Edouard François pour Apsys.

