Confirmant une baisse entamée en 2019, le marché francilien des bureaux chute au premier trimestre 2020 avec une diminution de 37 % des volumes commercialisés par rapport à l’année précédente, note BNP Paribas real estate dans une étude. La crise sanitaire et l’incertitude qui l’entoure rendent toutes prévisions incertaines.
Dans une étude datée du 16 avril 2020, BNP Paribas real estate dresse le constat d’une « rupture marquée » sur le marché des bureaux franciliens au premier trimestre 2020. Ce dernier enregistre une baisse de 37 % par rapport au premier trimestre 2019 avec 340 335 m² commercialisés, « bien en deçà de sa moyenne décennale », précise le promoteur. Ces résultats ne sont pas intégralement imputables à la crise sanitaire avec un marché locatif qui a amorcé sa décrue en 2019. Toutes les surfaces sont touchées par cette diminution même si celles supérieures à 5 000 m² sont les plus impactées avec un repli de 47 % et seulement 10 transactions contre 16 en 2019. Les très petites surfaces (inférieures à 500 m²) enregistrent la moins forte baisse à – 19 %.
Compte tenu de la situation actuelle, BNP real estate estime que la baisse devrait s’accélérer au prochain trimestre. « Le mois de mars affiche d’ailleurs la plus forte baisse du trimestre (-63 % par rapport à mars 2019), de nombreuses transactions ayant en effet été ajournées. »
L’incertitude quant à la durée de l’épidémie de Covid-19 empêche toute prévision plus détaillée. Le promoteur table toutefois sur une reprise en fonction de la typologie et de la taille des utilisateurs à l’heure du déconfinement : « À titre d’exemple, les PME/TPE, plus fragiles face à la crise, pourraient en effet reporter voire annuler leurs projets immobiliers. Le marché des grandes surfaces pourrait connaître une reprise plus rapide, avec toutefois un réajustement des priorités des entreprises », estime l’étude.
Hausse de l’offre future et du taux de vacance
Autre enseignement, le repli concerne l’ensemble de l’Ile-de-France excepté la première couronne nord (+ 8 %) et Paris QCA (+ 1 %). Le quartier central des affaires (QCA) bénéficie de la signature sur l’immeuble Live, du Boston consulting group pour un total de 19 500 m² et représente 28 % des transactions sur le trimestre grâce à la chute des autres secteurs : croissant ouest (- 51 %), 1re couronne sud (- 71 %) et 1re couronne est (- 89 %). L’étude se montre toutefois rassurante quant à une reprise à moyen terme grâce à des « fondamentaux toujours présents » : un marché d’utilisateurs diversifié, une transformation des usages au cœur de la réflexion des entreprises, l’obsolescence de certains immeubles franciliens et la poursuite de l’éclosion de nouveaux territoires tertiaires en relation avec le Grand Paris express.

Offre immédiate, taux de vacance et transactions en Ile-de-France au premier trimestre 2019 et 2020. © BNP Paribas real estate
Pour la reprise, BNP real estate anticipe une augmentation de l’offre future. En plus des 4,5 millions de m² franciliens disponibles, en hausse de 7 % sur un an, 1,8 million de m² de bureaux sont actuellement en cours de construction dans la région. La baisse des transactions courant 2020 pourrait augmenter le volume d’offres et le 1,4 million de m² de projets disposant d’un permis de construire « pourrait alors servir de variable d’ajustement afin de réguler l’offre future ».
Le taux de vacance repart également à la hausse et s’établit à 5,4 %, une première depuis 2014. Paris affiche le taux le plus bas avec 2,5 % de vacance. Enfin, la croissance des valeurs locatives attendue en 2020 devrait s’estomper exceptée dans la Capitale.
