Le bloc central peaufine son projet pour Paris 2026 sans désigner son candidat

À moins d’un an des élections municipales, Maud Gatel, Sylvain Maillard, Delphine Bürkli et Pierre-Jean Baty ont présenté vendredi 20 juin les grandes lignes de leur stratégie commune pour Paris, articulée autour du logement, de la gouvernance, de l’espace public et du Grand Paris. Un projet en construction, nourri de consultations et d’assises thématiques, en attendant l’étape de l’« incarnation ».

Réunis vendredi matin dans le 9ᵉ arrondissement autour de Delphine Bürkli, maire (Horizons) de l’arrondissement, plusieurs figures du bloc central parisien – Renaissance, Modem, Horizons – ont insisté, dans la perspective des prochaines municipales à Paris, sur la méthode collective, l’unité d’action et une vision de long terme, à l’horizon 2050.

« Nous avons travaillé d’abord sur les constats et les impasses, maintenant nous construisons un projet », a résumé Maud Gatel, présidente du Modem, évoquant « une méthode fondée sur l’écoute et la co-construction », illustrée par l’organisation d’une vingtaine d’« assises parisiennes » sur des thèmes variés : logement, sécurité, biodiversité, patrimoine, gouvernance locale.

Logement : priorité à l’attractivité des classes moyennes

Sur le logement, Maud Gatel a dénoncé « un échec cuisant », des dernières mandatures, pointant l’absence de parcours résidentiel dans le parc social, la mauvaise répartition géographique des logements sociaux et l’incapacité à loger les agents essentiels au fonctionnement de la ville. « En 2024, on comptait péniblement 2 000 policiers municipaux pour un objectif de 5 000 », a-t-elle rappelé, soulignant le lien entre crise du logement et dégradation des services publics.

Maud Gatel, entourée de Delphine Bürkli et de Pierre-Jean Baty © Jgp

Sylvain Maillard et Delphine Bürkli © Jgp

Sylvain Maillard, Delphine Bürkli, Maud Gatel et Pierre-Jean Baty © Jgp

Pierre-Jean Baty et Maud Gatel © Jgp

Parmi les propositions défendues : l’attribution de 25  % des logements sociaux à ceux qui prennent soin de Paris (agents de crèche, policiers, éboueurs), la possibilité d’accéder à la propriété dans les quartiers surdotés en logements sociaux, comme le 13ᵉ, ou encore la relance des politiques de parcours résidentiel dans le parc social.

Un espace public « à reconquérir »

Pour Pierre-Jean Baty, conseiller régional, président du Modem Paris, les 3 500 échanges menés avec les habitants sur les marchés de la capitale révèlent une attente forte de reconquête de l’espace public, notamment en matière de sécurité, de propreté et d’accessibilité. « À Paris, les agressions dans l’espace public ont augmenté de 40 % en dix ans. Deux Parisiennes sur trois disent se sentir en insécurité dans la rue », a-t-il rapporté.

Maud Gatel a également mis en avant plusieurs victoires obtenues au Conseil de Paris, comme la suppression des pistes cyclables sur les trottoirs, la création d’un plan municipal sur le syndrome de Diogène ou l’instauration d’heures calmes dans les services publics pour les publics neuro-atypiques.

Réformer la gouvernance de Paris

La réforme de la loi PLM (Paris, Lyon, Marseille) a été largement évoquée par Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris, qui en a rappelé les grandes lignes : une circonscription unique pour Paris et  un maire élu directement par les citoyens. Alors que les détracteurs de cette réforme dénoncent un affaiblissement des arrondissements, le député Renaissance juge au contraire qu’elle aboutira à leur renforcement. « Cette réforme est soutenue par 90 à 95 % des Parisiens », a-t-il affirmé, défendant une clarification démocratique face à un système jugé illisible.

Delphine Bürkli a salué une réforme « qui donnerait enfin de la légitimité aux élus de proximité » et critiqué « la conflictualisation systématique opérée par l’actuelle majorité parisienne ». Le bloc central, lui, entend « rassembler et réconcilier », deux maîtres mots de son projet.

Paris et le Grand Paris : dépasser le périphérique

Sur les questions métropolitaines, Maud Gatel et Sylvain Maillard ont regretté le manque de coopération entre Paris et ses voisines. « On ne fait rien sans Issy-les-Moulineaux, Montreuil ou Vincennes », a rappelé la conseillère de Paris, plaidant pour un « conseil des maires » réunissant Paris et les communes limitrophes. Elle a également appelé à « sortir du statu quo » sur la Métropole du Grand Paris, en lui confiant « de vraies compétences » ou en repensant la répartition avec la Région et les départements. « Les sujets du logement, du bruit, de la pollution ne peuvent pas se traiter à l’échelle strictement parisienne », a-t-elle insisté.

Une incarnation à venir, mais une équipe déjà en place

À ceux qui s’interrogent sur les candidatures, Delphine Bürkli et Sylvain Maillard ont répondu en insistant sur le calendrier.  Alors que Pierre-Yves Bournazel (Horizons), dont le nom n’a pas été prononcé avant que les journalistes l’évoquent, a lancé sa campagne il y a quelques jours, en présence d’Edouard Philippe, et que Rachida Dati demeure la candidate présumée des Républicains, derrière laquelle Sylvain Maillard avait appelé la droite et le centre de Paris à se rassembler, il y a quelques mois, « l’heure est au projet, pas à l’aventure personnelle », a précisé la maire du 9ᵉ. Le collectif se dit néanmoins prêt à proposer une alternative pour 2026. « Nous nous sommes additionnés pendant que d’autres se divisaient. Nous proposerons à la rentrée un projet structurant pour Paris à horizon 2050. L’incarnation viendra en son temps », a conclu Maud Gatel.

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