Pour éviter le déclin qui nous guette, la Fondation Concorde préconise de surélever une partie des immeubles, de créer des zones d’excellence touristique et de faire de Paris la métropole mondiale de la finance verte.
« L’évolution du dossier olympique parisien est un exemple emblématique de la perte d’attractivité de la capitale, indique en préambule la note de la Fondation Concorde. En effet, on pourra bien expliquer les échecs de 2001, face à Pékin, et de 2005, face à Londres, par l’opacité et les soupçons de corruption du système de désignation du Comité international olympique (CIO), il faut se rendre à l’évidence : nos défaites sont aussi dues à nos propres lacunes et à l’image que nous renvoyons de Paris, à travers certaines orientations politiques (priorité donnée au logement social de manière dogmatique, relégation des dossiers liés à la sécurité ou à la propreté…) ou blocages idéologiques (travail dominical, guerre à la circulation automobile et aux voies rapides…), poursuit le think tank. Notre recul est aussi dû à notre immobilisme face à la mondialisation. Celle-ci devrait être tenue par les décideurs publics pour une perspective et une opportunité, et pourtant, elle est vécue par une grande part de nos élites et de l’opinion comme une épreuve et un défi à l’encontre de notre modèle social ».
La fondation rapporte que les investissements immobiliers seraient en chute libre selon le classement « Emerging Trends in Real Estate Europe 2015 » réalisé par PwC, qui place Paris à la 24e place sur 27, la capitale enregistrant un recul de 10 places par rapport à 2014. « Sans céder à la panique, il s’agit donc de prendre conscience de la nouvelle compétition que se livrent les métropoles », estime encore la Fondation, évoquant également la baisse de l’attractivité touristique relative de Paris révélé par l’étude annuelle PwC sur les métropoles mondiales préférées des cadres.
Propositions
La fondation Concorde préconise, pour renforcer l’attractivité de Paris :
1. de prendre de la hauteur en surélevant une partie des immeubles parisiens
« Au lieu de mener la politique à la fois coûteuse et peu efficace qui consiste à créer ici et là des logements sociaux issus de locaux achetés au prix fort par la ville, la mairie de Paris ferait mieux d’engager avec la métropole du Grand Paris (en charge de la compétence habitat/logement) une nouvelle étape de construction en hauteur, en développant les surélévations qualitatives, avec des matériaux durables », estiment les auteurs de cette note.
2. Créer des zones d’excellence à Paris
« Selon le comité régional du tourisme et l’adjoint à la maire de Paris chargé du tourisme, Jean-François Martins, la dépense touristique par personne et par jour atteint 145 euros à Paris, montant très inférieur à celui de New-York et Londres. Au classement des paniers touristiques moyens, la capitale arrive 8e », rappelle la fondation. Elle préconise, en la matière, la création de micro-territoires ouverts 24h/24 et 7j/7, « où chacun pourrait y trouver des restaurants, des bars de nuit, des musées ou d’autres structures culturelles, sportives ou sociales disponibles toute la nuit ».
« Face au mécontentement légitime de nombre de riverains devant la multiplication des terrasses bruyantes au pied de leur immeuble, ces zones permettraient de capter la population noctambule parisienne, qu’elle soit locale, provinciale ou étrangère, dans un espace généralement éloigné des quartiers les plus résidentiels (ex : Grand Palais/MiniPalais/Palais de la Découverte, Louvre/Carrousel/Tuileries, Bibliothèque…). D’autres zones pourraient être créées soit au niveau de certaines portes de Paris soit sur d’autres métropolitains, permettant d’accueillir des événements de plus grande ampleur, sur le modèle d’East-London », recommande la Fondation Concorde.
3. Faire de Paris la capitale des investissements socialement responsables (ISR)
« Actuellement, nous sommes en retard sur le financement de l’économie durable : même si l’investissement désigné comme socialement responsable (ISR) connaît une croissance ininterrompue (+ 30 % entre 2013 et 2014), ce secteur ne représente que quelque 223 milliards d’euros sur les 3 000 milliards d’encours enregistrés en France, constate la Fondation Concorde. Evidemment, la labellisation de l’ISR, à travers des normes et des critères de désignation exigeants, doit accélérer ce développement », estime-t-elle. Les auteurs de cette note considère que Paris doit devenir la métropole mondiale de la finance verte, « symbolisée notamment par les green bounds, qui enregistrent une croissance spectaculaire ». La fondation propose ainsi de doubler les subventions au pôle de compétitivité Finance Innovation, « qui demeure le premier capteur en France des idées nouvelles dans ce secteur, ainsi qu’à l’institut Paris Europlace, qui multiplie les partenariats avec les places étrangères, en assurant la promotion des marchés hexagonaux ».
Enfin, la fondation Concorde estime que « la mairie de Paris pourrait soutenir davantage le fonctionnement des entreprises du secteur tournées vers la finance responsable, en termes budgétaires (loyers aménagés et accès facilité aux incubateurs ou à certains marchés…) comme en termes de visibilité (organisation d’un sommet des ISR et des investissements verts, en marge du Climat Finance Day) ».