La construction de la tour Triangle pourrait commencer en fin d’année

Unibail-Rodamco-Westfield a annoncé, le 1er novembre 2021, s’être associé à Axa investment managers (IM) pour réaliser cette tour de bureaux de 180 m de haut devant être implantée sur le site du Parc des expositions de la Porte de Versailles (15e arr.). Les élus d’opposition parisiens remontent au créneau pour tenter d’empêcher la réalisation de ce projet controversé.

Les projets immobiliers tertiaires poursuivent inexorablement leur vie. Ainsi, la tour Triangle, prévue depuis 2015 au cœur du Parc des expositions de la Porte de Versailles (15e arr.) et dont le permis de construire a été accordé par la ville de Paris en 2017, devrait commencer à sortir de terre à la fin de l’année. Et bien que le projet ait bénéficié de l’allègement des règles d’urbanisme prévu pour les sites olympiques, il ne sera finalisé qu’en 2026, soit deux ans après les JOP de 2024.

tour Triangle

Vue aérienne de la tour Triangle. © L’Autre image production

En effet, Unibail-Rodamco-Westfield (URW), en proie à d’importantes difficultés financières lors de la crise sanitaire, a trouvé un nouvel investisseur pour porter son colossal programme (de 500 millions d’euros il serait passé à 700 millions), à savoir le fonds d’investissement de l’assureur Axa (Axa investment managers). « Ce partenariat vient valider l’ambition du projet conçu par Jacques Herzog et Pierre de Meuron et atteste de sa grande qualité », a fait valoir, le 1er novembre 2021, URW dans un communiqué. « Crèche, centre de santé, centre culturel, espaces de travail… autant d’usages qui font de Triangle un lieu de grande mixité et accessible à tous », poursuit ce dernier, précisant que « la conception de sa structure et de sa façade lui permet d’accueillir tous types d’usages et en font un projet réversible, capable de s’adapter aux besoins présents et futurs ».

L’opposition parisienne réclame l’abandon de la tour

Les réactions des élus parisiens d’opposition ne se sont pas fait attendre. Opposé dès les prémices en 2008 de celle que l’on appelait alors la tour Delanoë du nom de l’ancien maire de la Capitale, Philippe Goujon s’alarme de sa concrétisation « en pleine COP26 ». « Cette tour de 180 m de hauteur et de 92 000 m2 de surface n’a rien à faire dans ce quartier haussmannien qu’elle va dénaturer », insiste le maire du 15e arrondissement qui pointe une opération « purement spéculative », composée aux trois quarts de bureaux réalisés en blanc. Il va présenter un vœu en faveur de son abandon en conseil d’arrondissement le 8 novembre, avant de le soumettre au Conseil de Paris la semaine suivante. Philippe Goujon peut, semble-t-il, compter sur le soutien du groupe écologiste qui a également demandé, le 2 novembre, « l’abandon du projet de construction de la tour Triangle ».

Les élus de ce groupe jugent ce dernier « pharaonique », « anti-écologique » et « contraire aux engagements du plan climat de la ville de Paris ». Les Verts considèrent de plus que « l’urgence sociale appelle à produire de nouveaux logements » plutôt qu’une « immense tour de bureaux ». Ils demandent à Anne Hidalgo d’organiser « une concertation citoyenne quant à l’alternative à proposer ». Si l’opposition parisienne pourrait mettre en difficulté la majorité, les marges de manœuvre de celle-ci semblent assez réduites pour arrêter un projet de cette envergure. A moins que les résultats de l’enquête pour « favoritisme » et « recel de favoritisme », ouverte par le Parquet national financier début octobre suite au renouvellement anticipé de la concession attribuée par la Ville à URW, ne viennent compliquer les choses.

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