JOP 2024 : à mi-parcours, les ouvrages olympiques tiennent leurs promesses

Dans le cadre des Entretiens du journal du Grand Paris, Nicolas Ferrand s’est voulu rassurant le 25 mai : « nous sommes dans les délais et le budget », a prévenu le directeur général de la Solideo, les divers aléas conjoncturels ayant été en partie surmontés.

A J-793, « bonne nouvelle, nous sommes dans les temps, sans besoin d’accélérer le rythme en travaillant la nuit ou le dimanche », s’est félicité Nicolas Ferrand le 25 mai 2022 devant les participants aux Entretiens du Journal du Grand Paris consacrés à un point d’étape dans la préparation des ouvrages olympiques. Les craintes de retards consécutifs à la pandémie et à la disponibilité des matériaux accentuées par la guerre en Ukraine et le nouveau confinement en Chine ont été levées.

De g. à dr. : Richard Curnier (Banque des territoires), Mathieu Hanotin (Plaine Commune), Laurence Thouveny (Orange), Jacques Paquier, (Le journal du Grand Paris), Hélène Milot (EDF), Emmanuel Constant (conseil départemental de Seine-Saint-Denis) et Nicolas Ferrand (Solideo). © Jgp

Nicolas Ferrand. © Jgp

Si « de vraies difficultés » avaient été exprimées par les entreprises en mars dernier, les choses sont rentrées dans l’ordre. « Les opérateurs de la construction ont recréé d’autres chaînes d’approvisionnement et nous ont assuré avoir la garantie de disposer des matériaux nécessaires jusqu’à fin 2022 », a indiqué le directeur général de la Solideo. Nicolas Ferrand a toutefois prévenu qu’il restait à résoudre la question des surcoûts liés à l’envolée de l’inflation, même si l’enveloppe budgétaire globale attribuée aux ouvrages de JOP, soit 4,3 milliards d’euros (moitié publique, moitié privée), établie en 2016, « sera tenue », en euros constants.

Surcoûts : des discussions « très politiques » à venir

Ainsi, des discussions sont en cours avec les entreprises afin de savoir « où elles en sont sur la réalité des coûts à venir », a poursuivi le patron de la Solideo, qui va « se retourner vers l’ensemble des financeurs pour voir comment se traduit la hausse de l’inflation », annonçant que « des discussions très politiques vont avoir lieu entre le gouvernement et les élus locaux pour étudier ce qu’ils peuvent payer ».

L’ensemble des ouvrages olympiques devrait donc être livré à temps, soit au 31 décembre 2023. « Nous ferons en six ans ce qui se fait habituellement en 20 ans », a souligné également Nicolas Ferrand, ajoutant que « dans un mois, les grues sur le site du Village des athlètes commenceront à être démontées », ce qui est en soi « un symbole très fort ». Avec 330 000 m2 en construction, il s’agira à l’été du « plus grand chantier de France ». Quelque 3 500 compagnons seront alors à pied d’œuvre. Une première étape pour ce site qui accueillera 15 000 athlètes lors des JOP, puis ensuite 12 000 habitants qui arriveront « d’un bloc » à partir de l’été 2025. Tout l’enjeu consistera pour cette 2e étape à réussir l’intégration simultanée d’autant de personnes. Mais « nous livrons un quartier complet, a prévenu Nicolas Ferrand, les habitants ne vivront pas dans un chantier perpétuel, mais dans un quartier totalement abouti ».

Le Village des athlètes : un modèle de la manière de faire la ville

Outre le fait qu’il sera « beau, contrairement à ceux d’autres pays », la force du Village des athlètes séquano-dyonisien est, selon Mathieu Hanotin, le président de Plaine Commune, qu’il « s’imbrique dans l’aménagement de trois villes où des programmes étaient prévus et où des projets de transport sont engagés. Nous ne créons pas une ville nouvelle ex-nihilo, mais nous allons livrer un quartier qui avait été pensé depuis longtemps ». Nicolas Ferrand a renchéri en convenant que le Village olympique correspond aux PLU de Plaine Commune, de l’Ile-Saint-Denis, Saint-Ouen et Saint-Denis.

« Ce n’est pas un projet hors-sol, a-t-il insisté, mais la pièce manquante entre la ZAC des Docks, la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine, car c’est tout le territoire de l’est des Hauts-de-Seine qui aussi est en projet ». Certes, « des petits écueils » se sont produits, notamment sur la partie fluviale, mais « on ne peut pas faire des projets de cette ampleur sans quelques difficultés quotidiennes à surmonter », a admis Mathieu Hanotin, mettant justement en avant la capacité des acteurs à travailler ensemble quand les objectifs étaient partagés et à adapter leurs méthodologies aux délais.

Mathieu Hanotin. © Jgp

Emmanuel Constant. © Jgp

« Nous pensons profondément que le Village des athlètes illustrera la manière de concevoir la ville en Europe en ce début de XXIe siècle et servira de modèle, positif ou négatif, nos enfants le diront », a observé Nicolas Ferrand, faisant valoir les nombreuses innovations qui ont permis de faire « sauter des verrous » et « d’ouvrir des horizons que d’autres devront développer ». Même si certaines n’ont pas pu aboutir, à l’image du pont Pierre Larousse qui aurait dû être le plus grand pont en béton imprimé d’Europe. Mais alors que les deux premiers prototypes ont « plié », l’idée a été abandonnée faute de temps pour envisager une troisième tentative.

Les JOP : un « accélérateur » pour la Seine-Saint-Denis

Pour le directeur de la Solideo, les constructions olympiques réalisées dans les temps sont la preuve également que « la France est toujours un grand pays de bâtisseurs, encore capable de mobiliser ingénierie publique et financière ». Des propos confirmés par Emmanuel Constant, vice-président du département de Seine-Saint-Denis, saluant de son côté l’effet « accélérateur » des JOP sur son territoire, où « les élus ne se parlaient pas » et où l’on n’était pas « capable de faire des choses rapidement », notamment à cause des contraintes financières.

« Nous avons hérité de choix politiques, économiques, industriels, administratifs depuis des dizaines d’années qui ont pénalisé la Seine-Saint-Denis », a insisté Emmanuel Constant, citant en exemple le Terrain aux essences des armées à La Courneuve. « On ne savait pas où mettre les stocks d’essence de l’armée, alors on a les installés en Seine-Saint-Denis », a-t-il rappelé, saluant le fait qu’enfin, grâce aux JOP « la dépollution de ces terrains devient possible », ce qui va permettre de réaliser l’agrandissement du parc de la Courneuve prévu depuis les lustres. Nicolas Ferrand a en effet assuré que les épreuves de tir se tiendront bien sur cet ancien terrain militaire, alors que la ville de Châteauroux était en lice. « On fait tout pour fournir un terrain dépollué », a-t-il prévenu.

« La quête de sens doit rester notre principale préoccupation »

Les travaux battent également leur plein autour de l’aéroport du Bourget transformé en centre principal des médias, où le hall 3 est en reconstruction et un certain nombre d’équipements en cours d’amélioration, mais aussi où le Village des médias sort de terre. 2 500 journalistes y seront logés. Idem pour le stade départemental Yves-du-Manoir à Colombes (Hauts-de-Seine), qui va être intégralement reconstruit pour accueillir le hockey sur gazon, tout comme les infrastructures qui l’entourent, grâce aux JOP. « Les différents maitres d’ouvrage en profitent pour faire des rénovations qui vont au-delà besoins des Jeux », a souligné Nicolas Ferrand. Au total, 85 millions d’euros vont être investis sur le stade Yves-du-Manoir, dont 15 seulement au titre du budget olympique.

« Les JOP durent 30 jours mais ils doivent être bénéfiques pendant 30 ans à la Seine-Saint-Denis », a souligné Emmanuel Constant, tandis que Mathieu Hanotin a de son côté fait valoir que les JOP n’étaient pas un point d’arrivée mais « de départ d’une nouvelle dynamique » pour son territoire. « Si les Jeux ont lieu là, c’est parce qu’il y a de la place, mais c’est aussi la démonstration que la banlieue n’est pas qu’un boulet pour la République et peut devenir une chance, que c’est là où l’on peut écrire l’avenir », a insisté le maire de Saint-Denis. Il a invité à rester « extrêmement vigilants » d’ici aux épreuves olympiques afin de ne pas perdre le sens global du projet, car « à la fin nous serons jugés sur le sens que l’on aura donné à cette fête et cet énorme investissement. La quête de sens doit rester notre principale préoccupation ».

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