Jean Laussucq : « Réformer la loi PLM pour renforcer la démocratie locale »

Jean Laussucq, député (Ensemble pour la République) de la 2e circonscription de Paris, élu du 7e arrondissement et conseiller de Paris, est cosignataire de la proposition de loi visant à réformer la loi Paris Lyon Marseille sur le mode de scrutin dans les trois plus grandes villes de France. Il explique les enjeux d’une réforme qu’il juge indispensable pour rapprocher le Conseil de Paris des Parisiens.

Quel est le contenu et le calendrier de votre proposition de loi de réforme de la loi PLM (*) ?

Il s’agit tout simplement d’organiser l’élection des conseillers de Paris au suffrage universel direct, sur le modèle d’un conseil municipal classique. C’est-à-dire qu’il y aurait deux urnes le jour du scrutin municipal, une urne pour le conseil d’arrondissement avec une liste de conseillers d’arrondissement et une urne pour le Conseil de Paris avec une liste de conseillers de Paris. S’agissant du calendrier, le Premier ministre a annoncé qu’il inscrirait cette proposition lors de la semaine du gouvernement, le 17 mars.

Quel est selon vous l’intérêt d’une telle réforme ?

Jean Laussucq. © Jgp

Je soutiens cette réforme, car elle repose sur un principe simple : rapprocher le Conseil de Paris des Parisiens. Actuellement, le système fait que, par exemple, un électeur de gauche dans le 7e arrondissement, tout comme un électeur de droite dans le 20e, voit souvent sa voix perdue dans le contexte de la politique locale. L’idée de cette réforme est de donner à chaque Parisien une voix équivalente, qu’il vive dans le 7e ou le 20e, afin que le maire de Paris soit élu sur la base d’une majorité plus représentative.

Que répondez-vous à ceux qui critiquent cette réforme, comme Ian Brossat qui évoquait lundi 10 février lors de l’émission « Bonjour chez vous », d’Oriane Mancini, sur Public Sénat, un « tripatouillage honteux » ?

C’est un argument facile et sans fondement. En matière d’organisation des élections, la gauche n’a pas de leçon à donner : rappelons que la loi PLM qui fixe le scrutin à Paris a été adoptée le 31 décembre 1982, alors que les élections étaient prévues en mars 1983. J’ajouterai que Sylvain Maillard et David Amiel ont effectué un important travail de concertation dans le cadre de l’élaboration de ce texte.

Votre réforme vise également à clarifier la répartition des compétences entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement…

Oui. Nous proposons que le gouvernement remette un rapport sur la répartition des compétences entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement. Les compétences actuelles ne sont pas clairement définies dans la loi, laissant une trop grande marge d’interprétation à la mairie centrale. Il est essentiel de clarifier ce point, notamment concernant des sujets comme l’urbanisme ou la propreté, où les mairies d’arrondissement ont un rôle central à jouer.

Certains craignent que cette réforme ne crée des tensions entre la mairie centrale et les arrondissements, en dissociant les deux scrutins. Qu’en pensez-vous ?

Aujourd’hui, des arrondissements sont déjà dans l’opposition par rapport à la mairie centrale, sans que cela empêche une gestion harmonieuse. La réforme prévoit que chaque échelon de pouvoir soit légitime, élu au suffrage universel, avec des compétences propres bien définies. Il ne s’agit pas d’un centralisme renforcé, mais de garantir que chaque niveau de pouvoir, central ou local, agisse dans son domaine avec une pleine légitimité.

Existe-t-il une majorité pour faire passer cette réforme ?

Oui, la réforme est attendue par une grande majorité des Parisiens. Lors de ma campagne, j’ai pris l’engagement de déposer cette proposition de loi, et je m’engage à aller jusqu’au bout. Il existe un large soutien populaire pour interroger la manière dont nous élisons nos représentants, et je suis convaincu que nous trouverons une majorité pour la faire adopter.

Que vous inspire la campagne qui a commencé à gauche ?

Pour l’instant, ce qui a commencé, c’est la campagne pour la désignation des candidats. La campagne électorale viendra plus tard. Quant à la situation politique au sein du Parti socialiste, elle semble complexe. Je ne la commente pas, mais je pense qu’après 25 ans de gouvernance socialiste, tout cela reflète la nécessité d’un changement profond à Paris.

Quand Rachida Dati va-t-elle se déclarer ?

Rachida Dati.© Jgp

Chacun suit son propre calendrier. Rachida Dati est maire du 7e arrondissement et ministre de la Culture. Elle mène un travail conséquent, avec des enjeux importants à gérer. L’élection municipale est encore loin. La campagne commencera véritablement en septembre.

 

(*) Loi n°82-1170 du 31 décembre 1982 portant modification de certaines dispositions du code électoral relatives à l’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille.

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