Investissements et économies au menu du budget 2017 de la Région

Hausse des investissements et baisse des dépenses de fonctionnement restent les deux axes forts du budget 2017 de la région Ile-de-France d’un montant de 5,2 milliards d’euros. Parmi les priorités : les transport, les lycées, l’apprentissage, et la nouvelle compétence développement économique.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a présenté le 9 janvier 2017, avec Stéphane Salini, Vice-président chargé des finances, les grandes lignes du budget 2017 qui sera débattu par les élus de la collectivité du 23 au 26 janvier. « Nous continuons ce que nous avions entamé l’an dernier. L’Ile-de-France ose les investissements et nous poursuivons la baisse des dépenses de fonctionnement » a expliqué l’élue. Sur un budget 2017 s’établissant à 5,25 milliards d’euros, les investissements représentent 2 milliards d’euros (en augmentation de près de 18% par rapport à l’an dernier) et les dépenses de fonctionnement 2,2 milliards d’euros (en baisse de près de 4%).

Ressources en baisse

« Les recettes récurrentes de la région baissent très fortement », a indiqué la présidente de région rappelant que la collectivité avait perdu 227 millions de recettes en deux ans (158 de dotation globale de fonctionnement, et 69 dans le cadre de la péréquation).

« Nous sommes totalement pragmatiques et non idéologiques », martèle Valérie Pécresse. © Jgp

« Nous voulons financer les actions et non les structures », résume Valérie Pécresse. © Jgp

Et Valérie Pécresse de rappeler s’être « battue » pour que la région perçoive le reliquat de la taxe bureaux de 30 millions d’euros et pour que soit transférée à la région la part dynamique de la CVAE qui était départementale, en regard des nouvelles compétences en matière de développement économique. Cette nouvelle ressource est cependant extrêmement volatile, ne dépassant pas 10 millions d’euros en 2016, elle est aujourd’hui estimée à 49 millions pour 2017, mais devrait retomber à un niveau très faible en 2018, selon la présidente de Région.

Le pass Navigo unique est cependant bel et bien sauvé après l’accord trouvé en juin 2016 entre la région et l’Etat. Selon les chiffres définitifs, le manque à gagner pour le Stif en 2016 s’élève à 450 millions d’euros, dont 150 couverts par le versement transport. Restaient donc 300 millions d’euros à financer. Ils le seront finalement par une nouvelle augmentation du versement transport (200 millions) et par une part de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE, pour 100 millions d’euros), deux dispositions qui seront votées le 11 janvier par le conseil d’administration du Stif.

Enfin, au chapitre des bonnes nouvelles, la présidente annonce qu’en deux ans, le montant des fonds européens mobilisables par la région aura été multiplié par 8, passant de 23 millions d’euros en 2015 à 184 millions d’euros en 2017. Ces sommes pourront financer des projets dans les domaines de l’aménagement durable, de la compétitivité, de la smart region, de la transition énergétique, de la lutte contre le décrochage scolaire ou encore de l’accompagnement des demandeurs d’emploi. « Nous avons été désigné le 21 décembre autorité de gestion des fonds européens », se félicite Valérie Pécresse.

Les organismes associés sur la sellette

Face à des ressources en baisse, le plan d’économies continue. « Nous avons réalisé 253 millions d’euros d’économies en deux ans, soit un budget en baisse de 5% de manière générale, mais de 10% pour les seuls frais de fonctionnement », annonce la présidente de région. La collectivité veut avant tout poursuivre «  la rationalisation » de ses 28 organismes associés. « 50% de leur financement partent en frais de structure. Or nous voulons financer les actions et non les structures », résume Valérie Pécresse. En deux ans, le budget des organismes associés a diminué de 19 millions d’euros (-18%) « et nous allons continuer », a-t-elle prévenu. Autres sources d’économie : des réorganisations et rationalisations de services de la Région, ainsi que la fin de la double instruction des contrats ruraux qui seront désormais instruits par les seuls départements de grande couronne avant que la région ne donne son avis.

« Priorités claires »

La progression des budgets d’investissements reflète les « priorités claires » de la Région, selon ses élus, avec une augmentation de 23% pour les transports (738 M€ en 2017), de 26% pour les lycées (505 M€, avec un nouveau plan pluriannuel d’investissement annoncé pour le mois de mars), de 35% pour l’environnement (fonds propreté, fonds bois-air, végétalisation…, pour un total de 86M€), de 7, 7% pour l’apprentissage (28M€), de 24,6% pour la recherche (28M€), et de 34% pour le développement économique (141 M€), correspondant au transfert de cette compétence des départements vers la Région depuis le 1er janvier 2017. Dans ce domaine, la région gérera désormais l’ensemble des subventions directes aux entreprises sur tout le périmètre régional, tandis que des « solutions adhoc » seront trouvées pour les départements qui disposaient jusque là d’une agence départementale dédiée au développement économique.

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