Le contexte national la ferait presque oublier, mais une campagne électorale est en cours dans la deuxième circonscription de Paris. Située à cheval sur les cinquième, sixième et septième arrondissements, celle-ci est traditionnellement acquise à la droite. Pourtant, Frédérique Bredin, candidate socialiste et ancienne ministre des Sports du gouvernement d’Édith Cresson, y croit, malgré la notoriété de son concurrent : l’ancien Premier ministre Michel Barnier.
Si l’avenir de François Bayrou, Premier ministre actuel, reste suspendu au vote de confiance de l’Assemblée nationale fixé au 8 septembre prochain, celui de Michel Barnier, qui a occupé Matignon jusqu’en décembre 2025, paraît plus radieux. Profitant du retrait de Rachida Dati, il est désormais le seul candidat de la droite aux élections partielles de 2025 dans la deuxième circonscription de Paris. Ce ne serait d’ailleurs pas le premier ancien Premier ministre à s’y faire élire député, puisqu’un certain François Fillon y avait remporté l’élection en 2012.
À moins que la gauche ne parvienne à gâcher la fête. « Nous ne venons pas faire de la figuration, nous venons pour gagner, même si c’est difficile », tranche Frédérique Bredin, ministre des Sports entre 1991 et 1993 et députée (PS) de Seine-Maritime entre 1995 et 2000. Présente au Campus de Blois ce vendredi 29 août 2025, qui fait office d’université d’été pour le Parti socialiste, celle qui a également présidé le Centre national du cinéma (CNC) veut croire qu’il est possible de remporter cette circonscription des beaux quartiers.
« La situation nationale va nous aider »
« La situation nationale va nous aider dans cette campagne : le gouvernement de Michel Barnier, c’est un échec, c’est l’impossibilité de rassembler, c’est le désordre. Nous, nous voulons proposer un chemin pour cette deuxième circonscription », poursuit la candidate, convaincue que le chaos ambiant peut contribuer à mobiliser les oppositions à la politique gouvernementale lors de cette élection partielle. « Il y a un chemin pour prendre en compte la justice fiscale dans le règlement de la dette. C’est celui-là que nous allons proposer aux électeurs », renchérit Marine Rosset, suppléante de Frédérique Bredin et candidate malheureuse en 2024 dans la circonscription. Elle aussi croit qu’il est possible de l’emporter lors des élections partielles prévues les 21 et 28 septembre prochains.
En 2024, la candidate socialiste avait obtenu 7 000 voix de moins que Jean Laussucq au second tour, alors que ce dernier avait bénéficié de réserves de voix sur sa droite : « la droite a eu peur, en 2024, dans cette circonscription », résume-t-elle. Pour mémoire, Jean Laussucq, député de la majorité présidentielle élu en 2024, a vu son élection invalidée par le Conseil constitutionnel le 11 juillet 2025 après le rejet de ses comptes de campagne.

Frédérique Bredin affrontera les 21 et 28 septembre prochain Michel Barnier dans la 2e circonscription de Paris. © Jgp
Un score honorable dans cette circonscription plutôt conservatrice, qui fait croire au duo socialiste que la victoire est possible. « Une partie des électeurs de centre gauche, qui votaient plutôt au centre, sont aujourd’hui furieux de la politique de droite de Macron », estime Frédérique Bredin. L’accord entre Michel Barnier et Rachida Dati écornerait, par ailleurs, l’image « d’homme propre » chère à l’ancien Premier ministre, à en croire Marine Rosset. Reste désormais aux deux candidates à mobiliser des électeurs dont beaucoup ignorent encore qu’un scrutin aura lieu en septembre. Le délai de campagne, particulièrement court, constitue un défi supplémentaire pour la gauche. « Je n’arrive pas à me résoudre à ce que le Quartier latin soit à droite », résume, dans un élan d’optimisme, la candidate socialiste.

