Emmanuel Grégoire : « Le logement doit devenir notre priorité absolue »

Entouré de plusieurs élus parisiens, de Stéphane Troussel, président de la Seine-Saint-Denis, et de Catherine Sabbah (Idheal), le candidat Nouveau front populaire dans la 7e circonscription de Paris, Emmanuel Grégoire, a exposé ses convictions sur le logement lors d’un débat organisé lundi 24 juin dans un café du 11e arrondissement.

C’est le maire du 11e arrondissement François Vauglin qui a ouvert le café-débat dédié au logement, organisé lundi 24 juin par Emmanuel Grégoire, candidat Nouveau front populaire dans la 7e circonscription de Paris (4e, 11e et 12e arr.). « Mettre un toit sur la tête de tous les habitants, c’est l’expression même de la solidarité », a souligné François Vauglin. Ce dernier a rappelé que la municipalité parisienne entendait avancer sur deux jambes en l’espèce : la solidarité d’une part et la rénovation énergétique d’autre part.

La France en danger

« Plus que jamais, cette campagne, c’est une campagne dans laquelle la France est en danger, a également souligné le maire du 11e. La République est en danger, l’Europe est en danger ».

« Alors que le président de la République nous avait annoncé un choc de l’offre en matière de logement, jamais la construction n’a été aussi faible », a ajouté Stéphane Troussel. Le président de la Seine-Saint-Denis a par ailleurs déploré la « double ponction » opérée sous la présidence d’Emmanuel Macron sur les APL (aides personnalisée au logement) : « Tout le monde se souvient de la baisse scandaleuse des cinq euros supportée par les locataires, mais une deuxième baisse a été supportée cette fois-ci par les bailleurs sociaux qui les étrangle financièrement. Un organisme comme Seine-Saint-Denis habitat, que j’ai présidé pendant plus de dix ans, perd 11 millions d’euros par an à cause de cette baisse ».

Le maire du 11e arrondissement François Vauglin. © Jgp

Emmanuel Grégoire, en campagne. © Jgp

Stéphane Troussel, Eric Pliez et Catherine Sabbah. © Jgp

Le président de la Seine-Saint-Denis a fustigé par ailleurs la volonté du gouvernement d’intégrer les logements intermédiaires dans le calcul des logements sociaux pris en compte pour respecter la loi SRU, « qui fait qu’une commune comme Le Raincy voit son pourcentage de logement social passer de 9 à 15 % ».

Stéphane Troussel a exprimé sa conviction de la nécessité de mettre en place une loi imposant un seuil minimum de places d’hébergement par commune, à l’instar de la loi SRU pour le logement social. « La réalité en Seine-Saint-Denis, c’est chaque soir 12 000 nuitées en hôtel d’urgence, contre 4 000 pour les Hauts-de-Seine ».

Barbara Gomes, conseillère déléguée en charge de l’encadrement des loyers, des plateformes locatives et de la protection des locataires, a rendu hommage à Emmanuel Grégoire pour son action contre le « quick commerce », qui a permis sa disparition aussi rapide que son déferlement. L’élue communiste a exprimé sa conviction de la nécessité de sortir une part des logements des logiques spéculatives.

Jacques Baudrier, adjoint à la maire de Paris en charge du logement et de la transition écologique du bâti, Eric Pliez maire du 20e et président de Paris habitat, et Catherine Sabbah, déléguée générale de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement, diront également à leur tour leur conviction d’un logement qui ne doit pas être considéré comme un bien de marché comme un autre. Et que la garantie d’un toit pour tous doit primer sur les logiques mercantiles et spéculatives. Catherine Sabbah a souligné qu’elle jugeait que la taxation d’une part des plus-values générées par les grandes infrastructures publiques, telles que le Grand Paris express, sur le montant des biens immobiliers environnants, constituait une idée juste. La déléguée générale d’Idheal a également dit tout l’intérêt que représentaient des nouveaux modes d’accès à la propriété comme le bail réel solidaire (BRS).

« Le logement c’est philosophique, c’est civilisationnel »

« On croit à tort que le logement est un sujet technique. Or le logement, c’est philosophique, c’est civilisationnel, a déclaré Emmanuel Grégoire en conclusion du débat. A quoi bon être la sixième puissance économique du monde si nous ne sommes pas capables de protéger nos enfants ? Parce que c’est ça la réalité. C’est celle à laquelle nous sommes confrontés tous les jours en tant qu’élus. Y compris avec l’immense frustration, pour ne pas dire la honte, de souvent ne pas savoir répondre aux sujets qui nous sont présentés ».

Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. © Jgp

Emmanuel Grégoire. © Jgp

Jacques Baudrier. © Jgp

« Il est politiquement complètement absurde d’affirmer que c’est en mettant dans la misère une part de la population que l’on évitera les phénomènes d’aspiration et de candidatures au départ, de populations qui fuient la guerre, la misère, ou la persécution », a-t-il poursuivi.

Emmanuel Grégoire a affirmé qu’il militerait, s’il est élu au Parlement, pour une relance de la production de logements, notamment à travers l’investissement public et la réorientation de l’investissement privé, en corrigeant des anomalies qui font qu’aujourd’hui, par exemple, un nombre élevé de logements demeurent inoccupés à Paris où, par ailleurs, la fiscalité sur les meublés touristiques est plus avantageuse que sur les revenus locatifs classiques. « Le logement doit devenir notre priorité absolue », a-t-il martelé.

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