A l’issue des élections départementales des 22 et 29 mars 2015, deux Départements ont basculé : la Seine-et-Marne et l’Essonne. Le 2 avril, les nouveaux exécutifs ont été nommés.
Le basculement de l’Essonne à droite constitue le fait le plus marquant de ce second tour des élections départementales en Ile-de-France où le FN, présent au second tour dans 59 cantons, n’en emporte aucun. François Durovray, maire (UMP) de Montgeron et conseiller régional, a été désigné pour prendre la tête du conseil départemental qui compte 30 conseillers de l’UMP et de ses alliés et 12 réunis sous l’étiquette de l’union de la gauche.
Le parti d’extrême droite s’était notamment maintenu dans de nombreux cantons de Seine-et-Marne, où Vincent Eblé (PS) savait dès le premier tour qu’il perdrait la présidence. Avec 38 conseillers UMP, UDI et d’union de la droite, 8 PS et divers gauche, le Département a donc basculé à droite et la nouvelle majorité a désigné Jean-Jacques Barbaux, maire (UMP) de Neufmoutiers-en-Brie, comme nouveau président. Parmi les vice-présidents, Arnaud de Belenet est chargé du développement économique et Jean-François Oneto des transports.
« Territoire d’avenir du Grand Paris »
Après un premier tour qui laissait planer une certaine incertitude sur la majorité, Stéphane Troussel a finalement conservé la Seine-Saint-Denis avec 24 élus des différentes tendances de gauche contre 18 pour la droite. Il a été réélu et aura comme vice-présidentes Nadège Grosbois, qui suivra l’emploi et l’économie, et Corinne Valls les mobilités et le développement du territoire. Dans son discours du 2 avril, « il a affirmé sa volonté d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la Seine-Saint-Denis, territoire d’avenir du Grand Paris qui innove, qui réussit, qui avance et qui gagne », rapporte le conseil départemental.
Avec 28 conseillers de gauche et 22 de droite, Christian Favier (PS) a également conservé le Val-de-Marne alors qu’une certaine incertitude régnait à l’issue du premier tour. Il a évoqué lors de sa réélection la mise en place de la métropole du Grand Paris « de manière plus ou moins chaotique et avec toujours le risque d’engendrer une forme de monstre technocratique ».
Patrick Devedjian dès le premier tour
L’élection a été plus tranquille pour Patrick Devedjian, élu au premier tour, et qui a conservé confortablement la majorité dans les Hauts-de-Seine. Face aux enjeux de la construction métropolitaine, Patrick Devedjian a appelé, lors de sa réélection, au « réalisme et au bon sens pour que chaque compétence soit exercée au niveau le plus juste : les compétences de proximité doivent être exercées par des élus de proximité, et les compétences stratégiques par une structure telle que la métropole, comme Londres l’a réalisé avant nous ».
Réélection également tranquille pour Arnaud Bazin dans le Val d’Oise où le FN s’était maintenu dans de nombreux cantons au second tour. Le conseil départemental est composé de 32 élus « Union pour le Val d’Oise » et 10 pour le Parti socialiste et ses alliés. Pour le Val d’Oise, comme pour les Hauts-de-Seine, les vice-présidents ont été désignés mais leurs délégations ne seront connues que lors de la prochaine séance.
Grand chelem dans les Yvelines
La droite a enfin réalisé un impressionnant grand chelem dans les Yvelines. Pierre Bédier (UMP) a donc facilement conservé son siège et il présidera un hémicycle comprenant 42 conseillers élus sous l’étiquette « Ensemble pour les Yvelines ». Son premier vice-président, Pierre Bond, sera notamment chargé de la « métropole de Paris ». Jean-François Raynal suivra les mobilités et Marie-Célie Guillaume, directrice générale de Defacto et ancienne directrice de cabinet de Patrick Devedjian, l’économie.
Le 2 avril, il a indiqué que le Département devait être « un outil de protection dans la construction du Grand Paris, cette belle et grande idée dévoyée aujourd’hui par des arrière-pensées électoralistes, qui menacent de marginaliser [son] territoire en transformant les franges de la région parisienne en « réserve indienne ». »

