Convention citoyenne des droits de la Seine : Paris donne la parole aux citoyens

Anouch Toranian et Pierre Rabadan, respectivement adjointe à la maire de Paris en charge de la vie associative, de la participation citoyenne et du débat public et adjoint en charge du sport, des Jeux olympiques et paralympiques et de la Seine, ont présenté, vendredi 4 avril 2025 à l’Académie du climat, le déroulement de la convention citoyenne des droits de la Seine, qui débute ce week-end du 5 et 6 avril 2025.

« Donner un réel pouvoir aux citoyens » : c’est l’objectif qui guide la convention citoyenne des droits de la Seine qui s’ouvre ce week-end du 5 et 6 avril 2025, a déclaré Anouch Toranian, adjointe à la maire de Paris en charge de la vie associative, de la participation citoyenne et du débat public, lors de la présentation de cette initiative vendredi 4 avril 2025 à l’Académie du climat. Cette assemblée inédite est composée d’un panel représentatif de la population parisienne : par le biais des listes électorales, 50 personnes ont été tirées au sort en fonction de leur âge, leur profession, leur lieu de résidence et leurs niveaux de sensibilisation aux enjeux liés au fleuve, « avec un bonus pour les quartiers populaires », a précisé Anouch Toranian. 

La sélection des participants s’est faite en plusieurs étapes : un premier échantillonnage aléatoire a été effectué, puis un second tri permet d’assurer une diversité représentative. À l’issue de cette sélection, les citoyens volontaires acceptent de s’engager sur plusieurs week-ends et seront indemnisés. 

Trois phases de travail

La convention citoyenne sur la Seine va s’articuler en trois phases. La première, qui démarre ce week-end des 5 et 6 avril, consiste à se saisir et à se familiariser sur le sujet grâce à des visites de terrain. Lors de la suivante, qui aura lieu le week-end des 26 et 27 avril 2025, les citoyens pourront débattre et délibérer. Leurs échanges seront accompagnés par l’avis de professionnels tels que des chercheurs ou encore des experts. Enfin, la troisième phase, prévue le week-end des 3 et 4 mai, portera sur la rédaction de l’avis citoyen qui contiendra leurs recommandations sur l’avenir du fleuve et ses usages. Le texte sera présenté au Conseil de Paris et à la mairie de Paris. Celle-ci avait proposé à d’autres villes, bordant la Seine, de se joindre au projet, seule la métropole Rouen Normandie a accepté. 

Un projet citoyen face aux défis environnementaux

Le projet de convention citoyenne des droits de la Seine fait suite à un procès fictif, qui s’est tenu le 9 décembre 2024, dont l’objectif était d’accorder une personnalité juridique à la Seine. Si accorder la personnalité juridique à un fleuve peut sembler étrange, l’avocate Me Vanessa Bousardo, présente au procès fictif et également à la présentation du projet, a rappelé que des exemples existent dans d’autres pays, tels que l’Espagne ou la Bolivie. Il s’agit même d’un « sujet international », qui dépasse largement les frontières parisiennes, a ajouté Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris en charge du sport, des Jeux olympiques et paralympiques et de la Seine. « En droit européen, rien ne s’oppose à la reconnaissance de la Seine comme personnalité juridique », a souligné Me Vanessa Bousardo, mais ce n’est pas le cas dans le droit français, dans lequel la nature n’a pas la capacité d’agir en justice. Le but, a-t-elle expliqué, est d’offrir au fleuve « une protection plus large ». 

Pierre Rabadan, Anouch Toranian et Vanessa Bousardo ont présenté la convention citoyenne des droits de la Seine le 4 avril à l’Académie du climat. © Jpg

« Le changement climatique s’accélère », a déploré Pierre Rabadan, et « on en voit les conséquences sur la Seine et ailleurs ». Les mesures à prendre doivent donc être prises rapidement, a-t-il poursuivi, raison pour laquelle cette convention citoyenne ne s’étale que sur trois week-ends. La convention citoyenne s’inscrit dans un contexte de changement climatique, mais aussi celui de « la nécessité de préserver l’environnement », ainsi que dans un temps de « défiance vis-à-vis de la justice, de la science, et de la vie citoyenne », a pointé Pierre Rabadan. Pour autant, le « temps court ne gâche pas la qualité des échanges », a affirmé Anouch Toranian.

Plusieurs conventions citoyennes ont déjà été organisées par la ville de Paris, et les élus jugent important que les Parisiens se « saisissent de ce sujet d’avenir » qu’est la Seine. « La Ville s’engage à mettre en œuvre les moyens voulus par les citoyens. Cette convention est l’ADN de notre manière de faire et de concevoir la politique”, ont-ils conclu. 

Syrielle Oukidja et Elisa Duval

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