Citelum, de la lumière à la « ville augmentée »

Xavier de Charentenay, directeur technique & innovation de Citelum filiale d’EDF, décrit l’évolution des solutions proposées par l’opérateur, au-delà de l’éclairage public, au service du bien-être urbain, des nouvelles mobilités et de la ville intelligente.

Rappelez-nous ce qu’est Citelum ?

Xavier de Charentenay _ Citelum, opérateur d’infrastructure urbaine, couvre une large gamme de services, de l’éclairage public urbain à la sécurité, en passant par la mobilité. Cela va des feux tricolores de signalisation aux panneaux d’indication, d’information et d’accompagnement des automobilistes et de l’ensemble des usagers de la rue. Dans le domaine des nouvelles mobilités, nous inter- venons également sur l’accompagnement des utilisateurs de véhicules électriques.

Vous êtes un acteur majeur des réseaux de bornes de recharge ?

Xavier de Charentenay, Citelum. © Jgp

X. de C. _ En partenariat avec d’autres unités du groupe EDF, nous déployons des réseaux de bornes de charge traditionnels, en grappes dédiées, de la conception de leur implantation à leur pose, jusqu’au maintien en conditions opérationnelles des équipements, laissant l’exploitation à des plateformes, telles que celle du groupe EDF Izivia. Mais nous déployons également, du fait de notre connaissance des réseaux d’éclairage public, en particulier en France, des solutions de bornes de charge pour véhicules électriques liées aux réseaux d’éclairage public, avec notre partenaire Ubitricity. Cette solution est particulièrement adaptée aux véhicules garés dans la rue, dont les propriétaires pourront ainsi bénéficier d’une prise de recharge à proximité de leur domicile. Enedis estime aujourd’hui à 200 000 le nombre de luminaires qui pourraient être équipées de ces solutions en France.

Plus globalement, les mâts de candélabres constituent un support idéal pour différents services de la ville intelligente ?

X. de C. _ Absolument. Aujourd’hui, au sein de l’offre de Citelum dédiée au bien-être, les mâts, c’est la possibilité de disposer d’un point haut alimenté électriquement. Cela offre donc l’opportunité d’y greffer un certain nombre de capteurs, d’équipements, de nature à renforcer la connaissance de l’usage de l’espace public, et de fournir de nouveaux services.

Avez-vous quelques exemples ?

X. de C. _ Je pense à des systèmes de comptage de voitures, de mesure sonore, ou de pollution de l’air. Nous avons réalisé un système de mesure du bruit en Espagne, sur une place, qui permet d’alerter les cafetiers au-delà d’un certain seuil, pour préserver la tranquillité des riverains. Nous menons actuellement un projet pilote avec la ville d’Asnières et Airparif, de suivi de la qualité de l’air et du trafic urbain pour étudier des scénarios favorisant les mobilités douces pour plus de bien-être en ville.

Vous réalisez des études prescriptives dans ces domaines ?

X. de C. _ Chaque quartier est différent. Nous intervenons donc toujours dans le cadre d’un dialogue approfondi avec les élus. Les solutions de capteurs optiques permettent désormais toute une gamme de services, en traitant une série de données anonymisées. Je pense par exemple à la question des dépôts sauvages, avec des systèmes de caméras nomades, ou à l’usage des masques, non pas dans une démarche coercitive mais pour évaluer la portée et le respect des consignes sanitaires. Les coûts de traitement d’images ont considérablement diminué au cours des dernières années.

Vous proposez également des solutions intégrées de gestion de l’espace urbain ?

X. de C. _ Ces outils, que nous proposons depuis longtemps, ont évolué profondément ces dernières années avec l’apport des solutions digitales (edge computing, machine learning, intelligence artificielle) qui permettent d’offrir aux citoyens des services de plus en plus intelligents tout en facilitant la gestion de l’espace urbain par les services de la Ville.

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