Ch. Afonso : « La relation humaine est au cœur de l’ADN de Yuman »

Fondateur de Yuman, promoteur immobilier en croissance rapide, Christophe Afonso décrit l’histoire et l’ADN de son groupe, basés sur une culture de la disponibilité, de la proximité et de l’écologie.

Comment définiriez-vous l’ADN de Yuman ?

L’ADN de Yuman, c’est la proximité avec les territoires, avec les élus et avec l’ensemble de nos clients. Être humain au sens vrai du terme, s’emparer des enjeux des villes, comprendre la volonté et les besoins des élus et transformer les souhaits des clients en projets immobiliers, c’est cela notre ADN. Nous sommes conscients, chez Yuman, du fait que c’est nous qui avons besoin des élus, et non l’inverse.

Christophe Afonso. © Jgp

Comment est né Yuman ?

Notre histoire commence il y a presque 15 ans. J’ai personnellement débuté ma carrière en tant qu’agent immobilier. Ce métier m’a notamment appris que ce n’était pas nous qui décidions ce que nous vendions, mais le marché qui décidait largement pour nous. Cela nous a permis de développer une approche un peu différente de la promotion immobilière. Nous sommes très à l’écoute de nos clients, en particulier du souhait des élus, propre à chaque commune. Nous ne réalisons pas les mêmes produits à Romainville ou au Perreux-sur-Marne, à Val d’Europe près de Disney ou en Essonne. Compte-tenu du manque flagrant de logements dans cette région, l’enjeu était pour nous de construire des habitations abordables, collant aux demandes des clients et répondant aux défis environnementaux. C’est notre ligne conductrice.

Pourquoi avez-vous récemment changé de nom ?

AB groupe était tiré des initiales des deux fondateurs du groupe, moi-même et William Bion. Lorsque nous avons voulu changer de braquet, avec l’arrivée de Michel Nguy, notre troisième associé, l’atteinte d’un volume de constructions beaucoup plus important qu’à l’époque et un rayonnement régional, le nom de Yuman, proche de « humain », nous a séduit, car la valeur de la relation humaine est centrale pour nous. En interne, comme manager, mais aussi vis-à-vis de l’ensemble de nos interlocuteurs, au premier rang desquels figurent nos clients. Notre taille nous permet de conserver des liens directs avec eux. Ils apprécient cette qualité dans la relation, cette disponibilité. C’est vrai pour chacun des 25 membres de notre équipe.

Quelles sont vos spécialités ?

Nos réalisations vont de l’immeuble collectif en ossature bois à des résidences étudiantes, des résidences services seniors, des hôtels d’entreprises, comme celui qui accueille nos bureaux à Romainville, des zones artisanales, en passant par des lotissements de maisons en bois, des immeubles de bureaux, des maisons d’architecte. Mais notre cœur de métier reste le logement collectif, qu’il soit social ou en accession. Nous venons de bâtir 7 000 m2 d’entrepôts, également à Romainville. Nous avons eu la chance d’avoir des élus qui ont cru en nous il y a 10 ou 15 ans, en Seine-Saint-Denis. Mais nous intervenons également en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, en Essonne, dans le Val-de-Marne ou le Val d’Oise.

Quel regard portez-vous sur la période actuelle ?

Il est évident que dans notre profession comme dans tant d’autres, il y aura un avant et un après Covid. L’espace à vivre, la manière de vivre dans son logement est revenu au centre des priorités de nos clients et nous nous devons désormais de concevoir des logements qui répondent à leurs nouvelles attentes. C’est la raison pour laquelle toutes nos créations immobilières sont dorénavant dotées d’espaces extérieurs, en roof-top, en jardins partagés ou en espaces privatifs.

Il est désormais inconcevable de penser l’immobilier sans ces espaces, mais à l’évidence, le sujet sur lequel nous sommes tous attendus et sur lequel nous devons être à la hauteur de l’enjeu, concerne l’écologie, le combat pour réduire l’empreinte carbone d’une activité qui figure parmi les plus polluantes. Il y a 10 ans, l’écologie se résumait à un ou deux panneaux photovoltaïques en toiture et la plantation de deux ou trois arbres. Les choses ont considérablement évolué dans ce domaine. D’ailleurs, désormais, lorsque nous abordons ces questions, les élus nous écoutent avec une oreille très attentive.

Quel impact a eu l’épidémie sur le business model de l’immobilier ?

« Le village », une réalisation de Yuman Immobilier, à Romainville. © Yuman

Avant la crise sanitaire, on pouvait surenchérir lors de l’achat de fonciers, certain que l’augmentation continue des prix couvrirait nos charges. L’épidémie a réduit cette surenchère, mis à part dans les zones primes. Ainsi, dans de nombreuses localités, la situation s’est détendue, avec une baisse des prix du foncier d’environ 15 %. Cela va nous permettre de pouvoir enfin exercer de nouveau pleinement notre métier, se montrer astucieux, agressif sur les prix de vente, car le temps où l’envolée des prix garantissant de commercialiser n’importe quel produit, même bâclé, est, au moins provisoirement, révolu.

Quelles sont vos perspectives dans ce contexte ?

Les perspectives pour notre métier, pour l’immobilier, sont énormes, tout est à repenser, à revoir, le monde change, les envies et besoins de nos clients également, nous devons donc nous-mêmes nous réinventer. Tout est à faire, autant sur la partie conception des logements que sur les principes constructifs. Prenons ce que fait Cycle terre avec les excavations de terre du Grand Paris ou bien Francilbois dans la gestion des forêts de production… Je citerais l’avènement dans tous les secteurs d’entreprises labellisées « B Corp », engagées dans la RSE, autant de sujets qui étaient marginaux ou n’existaient pas il y a quelques années seulement, dans l’esprit collectif.

Le cycle électoral continue-t-il à se faire sentir ?

Les permis se raréfient. De nombreux dossiers demeurent bloqués à la suite des dernières élections municipales. Et les élus hésitent encore sur la densité et la hauteur à accorder aux projets. L’offre va donc se raréfier plus encore. En réalité, celui qui va payer l’addition, in fine, comme toujours, c’est le client. Car lorsque l’activité va reprendre, les prix vont de nouveau flamber. Pour le logement, très clairement. Mais aussi pour le tertiaire. Le BtoB est coutumier de ces pics de la demande. Certains semblent ignorer que 18 mois sont nécessaires entre le lancement d’un projet et sa livraison.

Et le Grand Paris ?

Le Grand Paris, mais surtout le très Grand Paris, sont l’occasion pour toute la filière immobilière de se réapproprier les territoires, de s’affranchir des notions de petite et grande couronnes, de révolutionner notre approche sur les questions environnementales, tout simplement de proposer à nos clients un logement plus responsable, plus fidèle à leur demande. Il y a quelques années encore, les gens souhaitaient vivre à l’intérieur de Paris, puis ne pas dépasser l’A86. Aujourd’hui, ils demandent à ne pas franchir l’A104. Le cercle ne cesse de s’agrandir. Et les gares du Grand Paris vont réduire encore la frontière entre grande et petite couronne.

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