Dominique Restino, président de la CCI Paris Ile-de-France et Florence Mourey, directrice adjointe région Ile-de-France de GRDF, ont visité jeudi 13 février le siège de l’entreprise de location de camions et d’engins pour le BTP Noblet. L’occasion pour Laurent Galle, président du groupe Noblet, de démontrer les multiples vertus, écologiques, mais aussi économiques, du bioGNV.
GRDF et la CCI Paris-Ile-de-France n’avaient pas choisi au hasard l’entreprise Noblet, à Serris (Seine-et-Marne), pour démontrer l’intérêt d’un avitaillement au bioGNV. Laurent Galle, le président du groupe, est intarissable sur les multiples vertus d’un tel choix. Forte de 120 salariés, l’entreprise, implantée à Serris (Seine-et-Marne), Poissy et Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines) ainsi qu’à Villiers-le-Bel (Val d’Oise) réalise plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et possède une flotte de 100 camions et engins, qu’elle loue aux entreprises de BTP.
« L’adoption du bioGNV est au cœur de notre stratégie de réduction des émissions de CO2, avec des résultats tangibles sur l’impact environnemental, a souligné Laurent Galle le 13 février, lors de la visite du siège de l’entreprise. Depuis 2011, nous avons réduit nos émissions de CO2 de 60 %, et aujourd’hui, le biogaz nous permet d’aller encore plus loin ».

De g. à dr : Laurent Galle, président du groupe Noblet, Florence Mourey, directrice adjointe clients territoires Ile-de-France, GRDF, Dominique Restino, président de la CCI Paris-Ile-de-France et Jean-Charles Herrenschmidt, président de la CCI 77. © Jgp
« Le camion électrique n’est pas adapté à notre métier, a-t-il poursuivi. Le surcoût généré par l’électrique conduirait l’entreprise à augmenter de 15 % ses tarifs de location, alors que, compte tenu d’une autonomie moindre, les clients seraient fondés à demander des tarifs réduits. Et l’hydrogène ne percera pas, selon moi, dans les transports, avec un coût largement supérieur à l’électrique », a également expliqué le président du groupe Noblet.
« Un camion gaz nous coûte moins cher qu’un camion diesel », a poursuivi Laurent Galle. Et sa recharge est aussi pratique que du gasoil tant qu’on est en GNC (gaz naturel comprimé) ». L’installation par l’entreprise d’une station de recharge interne et la signature de contrats d’approvisionnement à long terme, sécurisés, la délient par ailleurs des fluctuations des cours de l’énergie. Seul bémol, le gaz comprimé requiert des réservoirs cinq fois plus volumineux que le gasoil pour une même autonomie.
« Les zones à faibles émissions et les nouvelles obligations environnementales vont être des leviers déterminants pour encourager plus d’entreprises à se lancer dans la décarbonation », a aussi fait valoir l’entrepreneur. Laurent Galle a indiqué, par ailleurs, qu’il aimerait pouvoir à terme remplacer l’eau potable aujourd’hui utilisée par ses balayeuses par de l’eau non contaminée mais non potable, supprimant des coûts de traitement superfétatoires.
Un exemple à suivre
« Les entreprises comme Noblet, qui ont choisi le bioGNV pour leur flotte, sont des exemples à suivre. Nous devons aider davantage d’entreprises à franchir le pas et à décarboner leurs opérations », a souligné Dominique Restino, président de la CCI Paris Ile-de-France.
« Nous avons signé une convention avec la chambre de commerce Paris-Ile-de-France pour accompagner les entreprises dans le verdissement de leur flotte de véhicules, a rappelé Florence Mourey. Le biogaz est une solution qui est non seulement écologique, mais aussi compétitive, et nous voulons en démontrer les bienfaits à travers des exemples concrets comme celui de Noblet, a ajouté la directrice adjointe clients territoires Ile-de-France, GRDF. Il est essentiel que les entreprises franchissent le cap de la transition énergétique. Notre rôle est de les accompagner dans cette démarche en offrant une expertise et un soutien financier, notamment en accompagnant les études de faisabilité des entreprises sur la décarbonation de leurs flottes ».
En 2024, GRDF a lancé plusieurs initiatives pour soutenir l’implantation de stations de recharge pour véhicules au bioGNV, notamment en Seine-et-Marne, département leader de la production de gaz vert, issu de la méthanisation. « Nous sommes très présents aux côtés des collectivités locales afin de trouver du foncier, pour implanter des stations d’avitaillement. 16 ont été inaugurées l’année dernière en Ile-de-France, portant leur nombre à 120 », a également indiqué Florence Mourey.
Jean-Charles Herrenschmidt, président de la chambre de commerce et d’industrie de Seine-et-Marne, présent lors de cette visite, a salué l’engagement de Noblet et a insisté sur l’importance de soutenir l’innovation locale. « Le département de la Seine-et-Marne est un terrain fertile pour les initiatives de transition énergétique, avec notamment une forte concentration de méthaniseurs agricoles. Le développement du bioGNV est donc une voie logique pour notre territoire, à la fois pour sa rentabilité et pour son impact positif sur l’environnement », a-t-il indiqué.
Il est à noter que Noblet loue, à des tarifs fortement remisés, des véhicules électriques à ses employés afin de décarboner aussi leurs trajets domicile-travail. Un gain pour le climat et pour le pouvoir d’achat, compte tenu des coûts d’entretien des véhicules thermiques.

