Agnès Pottier-Dumas – La dauphine libérée

Si elle préfère évoquer les nombreux projets qu’elle porte pour sa ville, la nouvelle maire de Levallois-Perret a su prendre suffisamment de distance avec son prédécesseur pour pouvoir sans difficulté assumer son bilan.

« Mes parents cherchaient à acheter, nous sommes arrivés à Levallois il y a 25 ans, un peu par hasard », confie cette fille d’une DRH de France télécom et d’un directeur financier. « La ville a connu beaucoup de transformations positives depuis », commente Agnès Pottier-Dumas, partagée entre une volonté de rendre hommage à son prédécesseur, dont elle fut longtemps la collaboratrice, et une lassitude, à peine voilée, quant au refus actuel de celui-ci de disparaître de la scène publique.

Agnès Pottier-Dumas. © Jgp

La jeune mère de famille a su bouter les Balkany hors de son équipe. Elle le raconte sans détour. Après qu’elle a été choisie comme la successeure de « Patrick », empêché par ses différentes affaires, « APD » lui a fait comprendre qu’elle ne comptait lui laisser aucun rôle. Pas plus qu’à son épouse. « Depuis, l’ancien maire de Levallois oscille entre des messages d’une grande courtoisie et des gestes où il se comporte encore comme s’il était toujours aux affaires », raconte-t-elle.

Tourner la page des Balkany

Mais si elle a pris définitivement ses distances, elle ne jette pas pour autant le bébé avec l’eau du bain. Elle relativise, par exemple, la réputation de commune la plus endettée de France de Levallois-Perret. « Nous avons énormément investi pour développer la ville », souligne-t-elle, citant So Ouest, l’aménagement du front de Seine, entre autres grands programmes.

Tourner la page des Balkany, c’est précisément ce qu’a commencé à réussir la maire (LR) de Levallois. Déjà, les investisseurs, promoteurs et autres foncières, qui avaient fini par s’éloigner d’une commune à l’exécutif trop sulfureux, reviennent.

Agnès Pottier-Dumas, avec un regard franc et joyeux et une énergie fougueuse, évoque les multiples projets qu’elle porte pour sa ville, tels que la rénovation de la halle du marché, la Maison des familles ou encore le développement de la  démocratie locale.

Légitimité « incontestable « de la région

Elle déplore, au passage, l’absence de lien avec Paris, qui continue, selon elle, de se comporter comme si les communes voisines n’existaient pas. Sans plus de langue de bois, elle constate également que la création de Paris Ouest La Défense (POLD) n’a changé en rien le fonctionnement de la commune, les maires du territoire ne se rencontrant que pour entériner fort courtoisement les décisions que chacun a prises chez lui. Et à la Métropole, dont elle ne perçoit pas davantage l’utilité, cette proche de Valérie Pécresse préfère de loin la Région, dont elle cite les nombreuses aides et « l’incontestable légitimité ».

Agnès Pottier-Dumas n’a rien d’une novice en politique. « Je souhaitais faire du lobbying », indique-t-elle, ce qui la pousse à envoyer une candidature spontanée à Patrick Balkany. « Il a toujours été un bon boss », résume-t-elle. Elle officie au Palais-Bourbon de 2009 à 2015, suit par exemple le mariage pour tous, auquel elle n’est en rien opposée.

Vent nouveau

Puis elle rejoint le cabinet de Valérie Pécresse pour suivre, en tant que conseillère politique, les départements des Hauts-de- Seine et des Yvelines. Ce qui va assez bien à son teint, et à sa prosodie chantante, aussi ferme qu’enjouée. Avant que le maire de Levallois vienne la rechercher, à la sortie de son congé maternité, pour en faire sa dauphine, et d’abord sa directrice de cabinet. « Agnès est une jeune femme courageuse et libre qui apporte un souffle nouveau à notre ville, tout en veillant à maintenir, voire à dynamiser, la qualité de service, si chère aux Levalloisiens, dit d’elle son adjointe et conseillère régionale Sophie Deschiens. C’est une femme de cœur qui a su fédérer autour d’elle ».

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