À Gennevilliers, un biométhaniseur au service de la transition écologique du Grand Paris

Le 18 septembre, le Syctom et le Sigeif, porteurs du projet de construction d’un biométhanisateur sur le port de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, ont inauguré avec tous leurs partenaires la pose de la première pierre sur le site.

Sur le port de Gennevilliers, le chantier de la future plus grande unité française de méthanisation de biodéchets ménagers est désormais bien lancé. Lors d’un moment symbolique rassemblant élus, partenaires techniques et l’opérateur, les acteurs du projet ont souligné l’importance stratégique de cette installation pour la transition énergétique de la métropole parisienne. Prévue pour une mise en service en 2027, cette unité, qui est la première des Hauts-de-Seine, transformera jusqu’à 50 000 t de biodéchets alimentaires par an en biométhane. Chaque année, 30 000 MWh de biométhane seront produits, dont 25 000 MWh directement injectés dans le réseau public de gaz naturel géré par GRDF, le réseau de distribution de gaz en France.

Corentin Duprey, président de Syctom. ©JGP

Un projet au croisement des enjeux environnementaux et énergétiques

Implanté au sein du premier port fluvial de France, ce projet est le fruit d’une collaboration étroite entre le Syctom, l’agence métropolitaine des déchets ménagers, le Sigeif, syndicat d’énergie en Île-de-France, et l’entreprise Paprec, opérateur industriel chargé de la conception, de la construction et de l’exploitation de l’unité.

Cette installation a pour objectif de répondre à deux enjeux majeurs : d’une part, la réduction et la valorisation des déchets ménagers qui représentent aujourd’hui entre 30 % et 40 % du contenu des poubelles. D’autre part, la souveraineté énergétique, à travers la production locale de gaz vert. Le projet s’inscrit pleinement dans l’ambition nationale d’atteindre 20 % de gaz renouvelable dans le mix énergétique d’ici à 2030, en apportant une réponse concrète, locale et structurante à cet objectif. « L’idée, c’est de pouvoir traiter ces déchets alimentaires de la métropole du Grand Paris, pour les territoires du Grand Paris, pour les territoires les plus proches », a insisté Corentin Duprey, président du Syctom.

Des innovations techniques au service d’une intégration

Conçu pour s’intégrer dans un environnement urbain dense, le biométhaniseur se veut à la pointe de l’innovation technique. Afin de garantir l’acceptabilité locale du site, des consultations ont été effectuées avec les riverains. Une attention particulière a été portée à la qualité de l’air, avec un dispositif de traitement par triple filtration : lavage acide, filtration biologique et passage par le charbon actif. Ce système assure l’absence de nuisances olfactives, un enjeu majeur dans une zone entourée d’habitations. Autre innovation, la valorisation du digestat, résidu organique issu de la méthanisation. Il sera évacué par voie fluviale depuis le port de Gennevilliers vers des terres agricoles. Ce choix logistique permet de réduire l’empreinte carbone du transport.

Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris. © Jgp

53 millions d’euros mobilisés pour une infrastructure stratégique

Au total, ce sont près de 53 millions d’euros qui ont été investis pour permettre la réalisation de cette infrastructure stratégique conçue dans le cadre d’une délégation de service public. Le financement du projet réunit plusieurs partenaires publics majeurs, parmi lesquels l’Ademe, la région Île-de-France et la métropole du Grand Paris.

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