L’horreur de ce 14 juillet procède du fanatisme, issu de l’obscurantisme le plus profond écrit Bernard Attal, délégué général de la Fédération française du bâtiment des Yvelines, niçois et fier de l’être
(Siu nissart), dans un hommage à sa ville natale, meurtrie.
Après la belle bleue, la belle blanche et la belle rouge : l’horreur absolue …
Nos pensées vont d’abord aux familles des victimes, même si les mots n’ont pour eux et pour l’heure aucun effet d’apaisement.
Le dégoût se mélange à l’incompréhension et nous avons tous le ventre serré face à autant de barbarie, de bêtise et de négation de l’humanité.
Il y a plus d’un demi siècle, j’ai ouvert les yeux sur le monde à l’aune de la beauté et de la douceur de la baie des anges.
Le quartier des musiciens et l’école Notre-Dame m’ont vu grandir.
J’aimais me baigner à « coco beach » (la minuscule plage de Brice de Nice), puis pêcher sur la digue à la sortie du port.
Ma première année de droit fut suivie en partie au CUM (centre universitaire méditerranéen). Les années suivantes, la Fac de droit et sa sublime fresque mosaïque de Marc Chagall dans la salle des pas perdus, m’accueillirent dans le monde du beau, avec pour cadre l’azur des flots et sa si agréable promenade des Anglais.
Aujourd’hui des images confuses se bousculent dans ma tête.
Le cours Saleya et son célèbre marché aux fleurs, la rue Pérolière si fraîche dans ce vieux Nice si italien, la place Masséna où trônait sa majesté carnaval, la place Arson et ces méridionaux boulistes, les arènes de Cimiez et son festival de jazz où je croisais Lionel Hampton, Dizzy Gillespie, B.B. King, Stéphane Grappelli…
Nice fut d’abord un comptoir grec appelé « Niké » en honneur de la déesse de la victoire « Athéna Nikè ».
Nice a offert à l’empereur (issu de l’île voisine) l’un de ses plus grands maréchaux, en la personne d’André Masséna.
Nice a également vu naître le père fondateur de l’Italie moderne : Giuseppe Garibaldi !
Nice a accueilli des Russes blancs, après la révolution de 1917.
Plus récemment (dans les années 1960), Nice a accueilli et intégré la vague d’immigration des pieds-noirs issus de la décolonisation du Maghreb.
Nice veut aussi dire beau en Anglais.
Et des Anglais, Nice en a accueilli, jusqu’à en donner le nom à son front de mer !
Le beau c’est Nice !
L’école de Nice avec notamment Yves Klein, Martial Raysse, puis plus tard des modernistes comme César, Ben… ont permis d’écrire une des plus belles pages de l’art de ces récentes années …
Nice est la deuxième ville touristique de France après Paris, et son aéroport accueille annuellement 10 millions de passagers.
Nice est connue pour tout cela et dans le monde entier !
Nice terre de culture, d’accueil et de mixité est bien « Nice la belle » (Nissa la bella -hymne de ma ville).
L’horreur de ce 14 juillet procède du fanatisme, issu de l’obscurantisme le plus profond …
A Nice, souvent pour ponctuer des discussions auxquelles on ne veut plus participer, on dit en souriant : « M’en bati, siu nissart » (je m’en fous, je suis niçois).
De ces fous illuminés « m’en bati sui nissart » et Nice continuera à rayonner après avoir soigné ses plaies et rempli le vide béant laissé par la bêtise et la méchanceté de ces fanatiques !
Bernard Attal, délégué général de la Fédération française du bâtiment des Yvelines