Filière automobile francilienne : l’électrification progresse et l’emploi industriel recule

La filière automobile francilienne, confrontée à la transition vers les véhicules électriques et hybrides, demeure la première région employeuse du secteur en France. Selon une étude de l’Insee publiée le 25 juin, elle regroupe 770 établissements, 64 000 salariés dédiés à l’automobile et génère 9 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 1 % du PIB régional.

La filière automobile est engagée dans « une transformation technologique majeure liée à la fin programmée de la vente de modèles thermiques », selon la nouvelle étude de l’Insee parue le 25 juin. En 2023, l’Île-de-France compait 770 établissements liés à l’automobile, employant 64 000 salariés dédiés à cette activité. La région concentre ainsi 19 % des emplois de la filière automobile française et se place devant l’Auvergne-Rhône-Alpes. La filière génère 9 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 29 % de la richesse créée par le secteur au niveau national. Cette activité représente 1 % du produit intérieur brut (PIB) francilien.

Assemblage de voiture à l’usine Renault de Flins. © Jean-Brice Lemal/Planimonteur

Cette puissance économique repose largement sur les grands groupes. « Les grands constructeurs tels que Renault ou Stellantis emploient 27 130 salariés dédiés, soit 35 % des salariés de la filière régionale », rappelle l’Insee. À eux seuls, ils génèrent plus de la moitié de la valeur ajoutée du secteur. La filière francilienne se distingue également de la moyenne nationale par le poids de ses activités tertiaires. L’Insee observe qu’elle présente « une forte concentration de fonctions stratégiques liées à la présence de sièges sociaux et d’activités tertiaires telles que la recherche et développement ou l’ingénierie ». Les activités industrielles représentent 61 % des emplois dédiés à l’automobile en Île-de-France, contre 81 % à l’échelle nationale. La construction de véhicules automobiles demeure néanmoins le premier secteur de la filière, avec 26 190 salariés et 4,7 milliards d’euros de valeur ajoutée.

Les métiers de l’ingénierie et des études techniques occupent également une place importante, avec 10 180 salariés dédiés à l’automobile, tandis que les activités informatiques en regroupent 3 420. Selon l’Insee, ces fonctions sont portées par « la digitalisation, l’intégration croissante de logiciels embarqués, le développement des aides à la conduite et fonctions autonomes ainsi que la transformation énergétique et écologique de la filière ». Les Yvelines concentrent à elles seules 30 300 salariés dédiés à l’automobile, soit près de la moitié des effectifs régionaux. Le secteur y représente 5,7 % de l’emploi salarié local, contre 1 % à l’échelle de l’Île-de-France.

Effectifs salariés dédiés à l’automobile par grand secteur dans les
départements franciliens et part dans l’emploi salarié départemental. © IGN-Insee 2026

Électrification, diversification et recul de l’emploi industriel

La transition vers les véhicules électriques et hybrides transforme l’organisation du secteur. L’étude indique que « la moitié des établissements de la région dépendent d’entreprises engagées dans une stratégie de diversification ». Cette évolution concerne aussi bien les activités industrielles que tertiaires.Par ailleurs, 34 % des établissements franciliens dépendent d’entreprises impliquées dans la conception ou la production de véhicules hybrides ou électriques, une proportion supérieure à la moyenne nationale (29 %). Cette part atteint 57 % dans la construction automobile et 52 % dans l’ingénierie et les études techniques. L’Insee relève également une forte dépendance aux relations de sous-traitance. En Île-de-France, 35 % des établissements dépendent d’entreprises donneuses d’ordre, contre 29 % au niveau national. 

Cette transformation s’accompagne d’une baisse durable de l’emploi industriel. Entre 2010 et 2023, « l’emploi salarié a fortement reculé entre 2010 et 2023 ». La diminution atteint 41 % en Île-de-France, contre 33 % à l’échelle nationale. Les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis ont perdu les deux tiers de leurs emplois manufacturiers liés à l’automobile, tandis que les Yvelines enregistrent un recul plus limité de 22 %. Pour l’Insee, la filière automobile francilienne reste ainsi un acteur économique majeur, mais son évolution repose désormais sur l’électrification des véhicules, la montée en puissance des activités d’ingénierie et de recherche, ainsi que sur la diversification des entreprises vers de nouveaux marchés.

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