Eléonore Slama – Intense

Adjointe à la maire du 12e arrondissement, l’éloquente Eléonore Slama a remué ciel et terre pour démontrer l’intérêt d’intensifier l’utilisation des bâtiments publics et privés en dehors de leurs activités d’origine. Défendre à 200 % l’intérêt général est son sacerdoce.

Un déjeuner avec Eléonore Slama se déroule à la Cantine Diderot. Une table simple et généreuse, à l’image de cette élue socialiste du 12e arrondissement depuis 2014 qui vient tout juste de fêter ses 40 ans. L’adjointe à la maire Emmanuelle Pierre-Marie, chargée du logement, de la lutte contre les inégalités et contre l’exclusion et maire du quartier Bel-Air nord, ne cache pas son souhait de rempiler en 2026, « tant que je pourrai le faire », déclare-t-elle. Pour l’heure, l’essentiel de son agenda est absorbé par ses multiples missions, à commencer par la diffusion de deux outils (un guide opérationnel et l’Intensi’Score) pour maximiser le potentiel d’usages des bâtiments privés et des équipements publics vides les trois quarts du temps.

Eleonore Slama. © DR

L’idée lui est venue pendant la crise sanitaire de 2020 au cours de laquelle elle a sollicité des hôteliers du 12e, dont les établissements étaient fermés, pour qu’ils accueillent des sans-abris. Depuis, son combat consiste à « lutter contre le gaspillage de mètres carrés » et sa victoire est d’avoir réussi à associer un collectif d’acteurs (*) pour concrétiser son idée dans le cadre de l’Université de la ville de demain. « Opiniâtre et volontaire, Eléonore Slama a su fédérer autour d’elle des gens d’univers très différents en faveur de l’intérêt général, souligne Michèle Raunet, notaire associé chez Cheuvreux, qui a contribué à la réalisation du guide. Sachant très bien où elle voulait aller, cette meneuse de projet créative et ouverte sur les gens a aussi su solliciter les bonnes personnes ».

« Intelligence politique et technique »

Il faut dire qu’Eléonore Slama, qui savait dès son plus jeune âge ce qu’elle voulait faire (aider les autres soit en devant médecin comme son père, soit en s’engageant en politique) a un carnet d’adresses bien garni. Née dans le 20e arrondissement de parents juifs tunisiens arrivés enfants en banlieue parisienne, Eléonore Slama a grandi près du canal Saint-Martin « dans un logement social », précise cette maman de deux jeunes enfants. Très bonne élève et musicienne, elle est admise au lycée Henri IV. « Poursuivre ma scolarité dans cet établissement a changé ma vie », reconnait Eléonore Slama qui se retrouve plongée dans un univers social totalement méconnu et au cœur de « l’élite intellectuelle ».

Cette « boulimique de travail » enchaîne simultanément deux masters d’histoire et de sciences politiques. C’est à la suite de l’élection présidentielle de 2002 marquée par l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour qu’elle décide de s’engager en politique avec pour leitmotive de « lutter contre les inégalités et l’injustice ». « Je ne peux pas rester les bras croisés face à la misère », lâche celle qui effectue son premier stage professionnel auprès d’Anne Hidalgo, alors 1re adjointe de Bertrand Delanoë. Après différentes missions à la ville de Paris, elle quitte l’hôtel de ville en 2012 et intègre le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Son expérience en cabinet ministériel dure près de cinq ans, toujours aux côtés de Najat Vallaud-Belkacem qui devient ministre des Droits de femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, puis de l’Education. Cet « exemple d’un parcours exemplaire et d’une intégration réussie » devient une amie proche. Cette période intense la comble avec des journées sans fin et des week-ends consacrés à son mandat municipal et à sa famille, qui lui permet de « garder les pieds sur terre ». « J’excelle quand ça fuse », s’amuse cette femme d’un ancien reporter à l’international qui a mis sa carrière de journaliste entre parenthèses.

Avant de se lancer effectivement dans la campagne des prochaines municipales, Eléonore Slama mène de front ses activités dans le privé (elle vient de créer « Oses », une société de conseil en communication) et ses engagements municipaux en faveur des habitants du quartier populaire de la Porte de Vincennes ou encore des enfants de l’ASE (aide social à l’enfance). Elle pousse par exemple avec la maire à la création du premier centre de santé à leur intention, une idée portée par la professeure Céline Gréco qui sera implanté dans une ancienne école du 12e. « Ces projets sont symboliques de notre façon de prendre soin de la ville en alliant éducation, insertion, santé, projet urbain de qualité et végétalisation », explique l’élue qui sait, selon son ami Emmanuel Grégoire, député de Paris et également élu du 12e, « allier intelligence politique et technique, dans le sens où elle sait mettre sa compréhension des enjeux et des rapports de force au service des projets qu’elle porte ». Une qualité assez rare semble-t-il, qui laisse augurer une carrière au sommet.

 

(*) Direction de l’immobilier de l’Etat, SNCF immobilier, Bouygues construction, Linkcity, Novaxia, immobilier, JLL, SFL, la ville de Paris et accompagné par Paris&co

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