XXII : virtuose de l’intelligence artificielle

XXII édite des logiciels de formation qui reposent sur la réalité virtuelle ou augmentée, et met ses compétences en matière d’intelligence artificielle au service d’Aéroports de Paris.

La musique mène à tout. Surtout quand on a un sens de l’opportunité tel que celui de William Eldin. Le créateur de XXII, basé à Suresnes (Hauts-de-Seine), connaît son premier succès à l’âge de 16 ans, en composant un tube de dance music dont il tait aujourd’hui le titre par pudeur. Puis, le bac en poche, il ouvre un magasin – dit « shop » –  d’antiradars. « Je deviens rapidement un spécialiste du service client, et découvre ce qu’est un compte de résultat », dit ce jeune homme pressé, amateur de motocross et de voitures (électriques) de sport.

William Eldin, XXII, dans ses locaux de Suresnes. © Jgp

William Eldin participera à l’aventure de Coyote, un temps leader des avertisseurs antiradars, avant de vendre ses parts, il y a deux ans, sentant le vent tourner. Entre temps, il a découvert les multiples possibilités de la vision par ordinateur, un des principaux terrains de jeu de l’intelligence artificielle. Fin 2015, il crée XXII, éditeur de logiciels de formation et prestataire en intelligence artificielle, « avec comme vision, celle d’augmenter l’homme et ses sens, de le rendre plus intelligent ».

Le jeune start-upper loue les vertus du Cifre (*), « qui permet de disposer quasiment d’une R&D gratuite ». XXII emploie trois docteurs en vision par ordinateur, un en informatique, un en natural language processing et un en deep learning. « Nous sommes ces nouvelles petites boîtes qui faisons de la deep tech, c’est-à-dire de la science couplée avec de l’ingénierie », résume William Eldin.

Détection automatique d’objets, en l’occurrence une bouteille de soda, grâce à l’intelligence artificielle. © Jgp

Caméras intelligentes

XXII réalise plus de 80 %  de son chiffre d’affaires en éditant des logiciels de formation sur mesure, permettant toutes sortes de simulation, en réalité virtuelle ou augmentée. Comme ce logiciel permettant à une firme importante de construction de moteurs d’avion de former ses mécaniciens à l’identification des pannes en chambre. William Eldin travaille avec ADP à la mise en place de caméras intelligentes capables de détecter immédiatement tout voyageur s’éloignant de son bagage.

Les applications des caméras intelligentes apparaissent infinies, dans le bâtiment notamment. L’entrepreneur évoque ces caméras embarquées sur des grues, leur interdisant de déplacer leur charge au-dessus de zones à risque. Ou encore ces caméras filmant des chaînes de recyclage et signalant la présence des bâches de chantier qui bloquent les machines. Ou encore ces systèmes de reconnaissance faciale déjà opérationnels sur certains chantiers afin de lutter contre le travail au noir.

Le labo de XXII. © Jgp

Dans son laboratoire, William Eldin se coiffe d’un casque à diode qui détecte les champs électriques cérébraux déclenchés par nos pensées. Et qui permettraient, demain, de piloter les machines sans interface aucune.

 

* Depuis plus de 30 ans, le dispositif Cifre – Convention industrielle de formation par la recherche – subventionne toute entreprise de droit français qui embauche un doctorant pour le placer au cœur d’une collaboration de recherche avec un laboratoire public.

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