Plan de relance : Scalinx soutenue pour ses semi-conducteurs frugaux en énergie

Scalinx, créée il y a cinq ans, conçoit des puces électroniques sobres en énergie. La start-up du 13e arrondissement de Paris a reçu la visite de la directrice de cabinet du préfet, Magali Charbonneau, vendredi 18 décembre 2020. Elle bénéficie des fonds du plan de relance, dans la catégorie (re)localisation.

Dans l’open space des locaux parisiens de Scalinx, rue de la Vistule, entre la place et la Porte d’Italie, dans le 13e arrondissement de Paris, une vingtaine d’ingénieurs dessinent, dans un silence quasi monastique, les schémas des puces électroniques du futur sur leurs doubles écrans informatiques. « Les semi-conducteurs de Scalinx, qui a vu passer en cinq ans ses effectifs de une à 50 personnes, consomment en moyenne 25 % d’énergie en moins, grâce à une architecture différente de ses composants, permise après que ses chercheurs ont levé, un à un, une série de verrous techniques », explique Hussein Fakhoury, le dirigeant fondateur de cette « spin-off » de Télécom ParisTech, membre du pôle de compétitivité Systematic.

Appareil de test des puces de Scalinx. © Jgp

La préfète Magali Charbonneau et Hussein Fakhoury © Jgp

Scalinx ne fabrique pas ces puces, mais les conçoit et en effectue les premiers tests de fonctionnalité, dans ses trois sites de Paris, Caen et Grenoble. « Pourquoi ces localisations ? », demande Magali Charbonneau, directrice de cabinet du préfet de Paris, préfet de la région d’Ile-de-France, lors de la visite. « Nous allons là où nous trouvons les ingénieurs disponibles », explique Hussein Fakhoury. La filière des semi-conducteurs s’est évaporée en France et en Europe, au fil des défaites industrielles des locomotives de ce secteur ultra-concurrentiel, face à leurs rivaux américains ou asiatiques. A l’image de l’industrie des téléphones, où Alcatel et Ericsson ont laissé place à Apple, Samsung ou Huawei.

Les puces telles que celles conçues par Scalinx constituent le moteur de tous les appareils informatiques, en convertissant des signaux analogiques en signaux numériques. Fournisseur de la Direction générale de l’Armement, l’entreprise a récemment été identifiée « jeune entreprise stratégique » par La Place stratégique, programme d’accélération dédié aux jeunes firmes qui souhaitent s’engager dans une stratégie de diversification de marché défense et civil (*). Elle prépare actuellement des composants en vue de la 5G.

Un secteur stratégique, hyper-concurrentiel

« Nous aidons nos clients à réduire le coût et à raccourcir le temps de développement grâce à nos plateformes de conversion intelligente », précise Hussein Fakhoury avec la faconde et l’humilité des passionnés. Ces technologies sont essentielles à la souveraineté industrielle des Etats. « Il y a quelques années, Thalès, un des principaux clients de Scalinx, active dans l’industrie des radars, a remporté un appel d’offres lancé par l’Arabie Saoudite pour réaliser un satellite espion, raconte encore Hussein Fakhoury. Mais les Américains, fâchés de ne pas avoir remporté ce marché, ont d’abord refusé de nous fournir les composants nécessaires, qu’ils étaient alors les seuls à pouvoir produire. Il a fallu que François Hollande appelle personnellement Barack Obama pour lever cet obstacle ».

La visite, en présence du maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet. © Jgp

Scalinx est soutenu par le plan de relance, lauréat d’une consultation organisée dans le cadre des crédits destinés à soutenir des emplois stratégiques localisés en France (voir encadré ci-dessous).

Soutien aux filières industrielles

« La crise que nous traversons est la plus importante depuis la seconde guerre mondiale, rappelle Magali Charbonneau. Le volet du plan de relance consacré à la résilience industrielle vise à soutenir des entreprises parfois de petite taille mais dont la disparition pourrait mettre en difficulté des filières », poursuit la directrice de cabinet du préfet Marc Guillaume. « On ne peut que se réjouir de la vitalité dont témoignent le nombre et la qualité des dossiers reçus », se félicite la préfète.

 

(*) La Place stratégique, association loi 1901 composée de membres et membres associés pluridisciplinaires qui se mobilisent dans l’accompagnement des entreprises à potentiel dual et stratégique, réunit notamment Accuracy, Thalès, Arquus, Jeantet, la DGA, l’Agence Innovation défense et la Gendarmerie nationale. Son conseil stratégique coprésidé par Frédéric Duponchel et Laurent Collet-Billon, se compose de Grégoire de Saint-Quentin, Philippe Delmas, Christian Dargnat et Edouard Tétreau.

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