Paris collectif : « La gauche parisienne peut s’unir si elle part des besoins des habitants »

Des représentants de mouvements citoyens, d’élus et de militants de gauche et écologistes ont lancé mercredi 9 juillet la plateforme programmatique de Paris collectif. L’initiative inédite espère contribuer à démontrer que les divergences entre les formations de la gauche et des écologistes s’estompent dès lors que l’on prend pour boussole les attentes des Parisiens.

Certaines coïncidences de calendrier parlent. Ainsi, mercredi 9 juillet, alors qu’en début de matinée, les trois chefs de file des principales formations de la majorité sortante, Emmanuel Grégoire, David Belliard et Ian Brossat, représentant respectivement le PS, les écologistes et les communistes, faisaient savoir que leur rencontre prévue ce jour pour lancer les discussions en vue d’un accord pour les prochaines municipales était finalement reportée, les représentants de Paris collectif lançaient leur plate-forme programmatique. Avec une conviction chevillée au corps : face aux aspirations, aux attentes et aux besoins des habitants, pour peu que l’on se mette à leur écoute, les divergences entre les différentes formations de gauche et écologistes apparaissent presque dérisoires.

Les membres de Paris collectif réunis mercredi 9 juillet dans un café du Marais. © Jgp

Princy Borgne, l’une des représentantes du mouvement, entourée d’Antoine Alibert (Les écologistes), adjoint au maire du 20e et de Jean-Christophe Taghavi, co-porte-parole de Paris Collectif.© Jgp

Danielle Simonnet, avec Julien Layan pour Génération.s et Antoine Alibert (Les écologistes), adjoint au maire du 20e.

Ce mercredi matin, dans un café du Marais, à Paris centre, des militants écologistes, socialistes, ou génération.s, de même que des représentants de différents mouvements citoyens et associatifs s’étaient donné rendez-vous pour présenter leur démarche. Celle-ci s’assoit sur un travail d’enquête mené auprès des Parisiens entamé il y a plusieurs années. Cette étude a été menée auprès de 1 500 habitants, 300 associations et une large palette de partis de gauche, pour dessiner un socle de propositions communes en vue des élections municipales de 2026, dans une capitale où le jeu politique semble plus ouvert que jamais alors que la maire sortante, Anne Hidalgo, a décidé de ne pas briguer un troisième mandat.

Le résultat : « Un socle de 200 propositions sur le logement, la démocratie locale, le lien social ou encore les mobilités, qui seront enrichies cet automne dans des ateliers thématiques communs aux formations de gauche », a précisé Jean-Christophe Taghavi, co-porte-parole de Paris collectif.

« Il ne s’agit pas d’un énième mariage de raison entre partis. Il s’agit de construire une plateforme sur la base des aspirations concrètes des Parisiennes et des Parisiens », a expliqué Princy Borgne, l’une des porte-parole du mouvement.

« Il n’y a pas de divergence de fond qui justifierait la division. Ce travail sérieux et patient prouve que l’unité est possible », a estimé Danielle Simonnet, députée ex-insoumise et co-fondatrice du mouvement « L’après ».

« A Paris, ceux qui font vivre la ville ne peuvent plus y habiter », a rappelé Julien Layan pour Génération.s. La question du logement abordable est revenue comme un leitmotiv dans les échanges, tout comme le besoin d’un renouveau démocratique profond. « Ce n’est pas seulement un programme qui doit émerger, mais une nouvelle manière de gouverner », a résumé Matthieu Niango, du mouvement À nous la démocratie.

Pour Antoine Alibert (Les écologistes), adjoint au maire du 20e, l’intérêt de la démarche réside aussi dans sa capacité à préfigurer une autre majorité. « Si on part unis autour de propositions concrètes, on peut non seulement garder Paris à gauche, mais reconquérir des arrondissements face à la droite », a-t-il affirmé.

Montée de l’extrême droite

Dans un contexte de montée de l’extrême droite à l’échelle nationale, les intervenants ont insisté sur l’impératif de rassembler. « Nous avons l’histoire qui nous regarde », a lancé Julien Layan. « La droite parisienne, elle, ne reculera devant rien, y compris des alliances avec l’extrême droite », a renchéri Antoine Alibert. « Si la gauche perd Paris en 2026, il sera difficile de convaincre les Français qu’elle peut gouverner le pays en 2027 », a averti Karim Ziady, représentant du PS dans le 17e arrondissement.

La plateforme ne se veut pas seulement un outil programmatique, mais aussi un vecteur de légitimité démocratique. « Les propositions issues des habitants ne pourront pas être ignorées », a assuré Anthony Rodriguez, des Jeunes du NFP. Laura, des Victoires populaires, a insisté sur la nécessité de créer une dynamique plutôt que de décréter une union.

Reste à savoir qui rejoindra la démarche à la rentrée. Si les communistes, Place publique ou Paris en commun ne sont pas encore pleinement associés, les portes restent ouvertes. Et la pression, assumée, s’exerce sur celles et ceux qui préfèreraient rester à l’écart. « Les absents devront expliquer pourquoi ils ne rejoignent pas une dynamique née d’un tel effort citoyen », a glissé Danielle Simonnet.

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