Parc de la Poudrerie : les propositions de la Région

A la veille d’une table ronde qui doit réunir mardi 8 novembre 2016 autour du préfet de région les différents acteurs concernés par l’avenir du Parc de la Poudrerie, situé entre Sevran, Livry-Gargan et Vaujours et dont la dépollution nécessite des investissements, Valérie Pécresse a formulé lundi 7 novembre des propositions.

« Depuis deux ans maintenant, Stéphane Troussel, alerte l’Etat et la Région sur le risque de fermeture du Parc forestier de la Poudrerie. Suite aux différentes interpellations, aucun engagement clair n’a été pris à ce jour par l’Etat, pour maintenir ouvert ce parc dont il est propriétaire », déplorait le conseil départemental de Seine-Saint-Denis ce week-end. La Seine-Saint-Denis demande notamment « des engagements concrets et chiffrés sur la dépollution et la préservation des bâtiments ».

« La Région également interpellée par le Département sur le montant qu’elle accordait jusque-là pour le parc, a refusé jusqu’ici de prendre un engagement ferme sur le maintien de son financement en 2017. Valérie Pécresse doit sortir de l’ambiguïté sur la volonté de la Région de soutenir le fonctionnement de ce parc », poursuivait l’exécutif départemental avec, à la clé, la menace d’une fermeture durable du parc.

© Francisco Gonzalez

Le parc, actuellement propriété du ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement a été décrété site classé en 1994. Sa gestion directe a été reprise par le département de la Seine-Saint-Denis depuis le 1er janvier 2011. © Francisco Gonzalez

A la veille de la table ronde qui doit réunir mardi 8 novembre 2016 autour du préfet Carenco les différents acteurs du dossier, Valérie Pécresse s’est rendue sur place, en compagnie de Chantal Jouanno, vice-présidente chargée de l’écologie et du développement durable, et Farida Adlani, vice-présidente chargée de l’action sociale, de la santé et de la famille.

Un poumon vert de 137 ha

Elle a réaffirmé le fort attachement de la région Ile-de-France au parc de la Poudrerie, « qui est un magnifique espace vert de proximité de 137 ha pour son million de visiteurs annuels et qui illustre l’importance [qu’elle] accorde à la nature en ville et donc à la préservation d’un tel poumon vert en plein secteur urbanisé ».

« En 2016, la Région Ile-de-France a ainsi assumé ses engagements en accordant une subvention de 450 000 euros au Parc de la Poudrerie. Néanmoins, les baisses de dotations de l’Etat à la Région et les besoins d’investissement et de dépollution du site, avec une trentaine de bâtiments dont certains menacent ruine, doivent conduire les collectivités à élaborer, avec l’Etat propriétaire, un vrai projet d’avenir pour ce site dont le patrimoine naturel, historique et culturel est remarquable », indique l’exécutif régional.

Le ministère de la Défense à la rescousse

A court terme, Valérie Pécresse propose de prolonger de trois mois la convention financière de gestion du parc liant l’Etat, la région Ile-de-France et le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, « afin de pallier l’urgence et de préparer la suite dans de meilleures conditions (la convention initiale se terminant le 31 décembre 2016) ».

En parallèle, elle propose de mettre en place un groupe de travail qui rassemblera les différents partenaires (ministères de l’Environnement et de la Défense, Région Ile-de-France, Département de Seine-Saint-Denis, les villes de Sevran, Livry-Gargan, Villepinte, Vaujours, Agence des espaces verts, Institut national de l’environnement industriel et des risques, associations de protection et d’animation du parc ainsi que les établissements publics territoriaux Paris Terres d’Envol et Grand Paris Grand Est) et qui serait chargé :

  • d’établir un diagnostic technico-économique complet et d’objectiver les coûts du parc, notamment les coûts de fonctionnement et d’investissement,
  • d’étudier la possibilité de faire intervenir le ministère de la Défense pour la dépollution du site (à la fois au titre de sa responsabilité historique et de ses compétences techniques en la matière),
  • d’étudier une diversification des sources de financement : mobilisation de fonds européens, appel au mécénat, diversification des activités du parc, etc.,
  • de réfléchir à l’évolution la plus adaptée de la gouvernance du parc.
parcdelapoudrerie

© Google Earth

Le parc, actuellement propriété du ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement a été décrété site classé en 1994. Sa gestion directe a été reprise par le Département de la Seine-Saint-Denis depuis le 1er janvier 2011 après 11 ans de gestion par l’Agence des espaces verts de la région Ile-de-France et 20 ans d’entretien par l’Office national des forêts. « A l’heure actuelle, le devenir du parc reste suspendu à l’évolution des enjeux globaux de développement de l’est parisien, des projets du Grand Paris, qui en font un secteur stratégique avec l’aménagement de la gare de Sevran-Livry, la proximité de l’aéroport de Roissy, le développement en réseaux des parcs urbains et forestiers avec un potentiel de 900 ha sur les coteaux de l’Aulnoye et la Forêt de Bondy », souligne le CD93.

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