P. Devedjian : « La fermeture du périphérique renforcerait l’enclavement de Paris » 

Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, estime que la perspective d’une fermeture du périphérique, qu’il condamne, parachèverait une politique de fermeture de la Capitale aux banlieusards initiée de longue date par la mairie de Paris.

Pourquoi êtes-vous opposé à la fermeture du périphérique ?

La fermeture du périphérique enclaverait encore un peu plus la Capitale. Quand on vient de banlieue, on a déjà, aujourd’hui, le plus grand mal à entrer dans Paris. Si en plus le périphérique ne fonctionne plus, personne ne pourra plus venir y travailler.

« Quand on vient de banlieue, on a déjà, aujourd’hui, le plus grand mal à entrer dans Paris », regrette l’ancien ministre des Libertés locales.© Jgp

L’urgence climatique ne constitue pas un argument pertinent en l’espèce ?

La nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre doit naturellement être prise en compte. Mais ne prenons pas l’effet pour la cause : la pollution, réelle dans Paris et malheureusement au-delà, est due avant tout à une centralisation et à une densification extrême, la plus élevée de toute l’Europe, deux fois supérieure, par exemple, à celle d’une ville comme Londres. Alors que c’est dans l’urbanisation de Paris que réside la cause de la pollution que nous subissons tous, nous assistons à une course effrénée pour savoir qui construit le plus. Et lorsque l’on construit, à l’évidence, cela crée des besoins de transports, qu’il ne faut pas feindre de découvrir après l’urbanisation.

La concertation lancée par le Forum métropolitain porte aussi sur les autoroutes urbaines franciliennes et l’A86. Qu’en pensez-vous ?

Paris a fermé ses entrées de ville au détriment des banlieusards. Sa politique est très claire de ce point de vue, avec la multiplication des voies de circulation à sens unique ou la fermeture des voies sur berges. Les autoroutes de banlieue conduisent vers la Capitale. Dans cette affaire, c’est évidemment la ville de Paris qui pilote, qui investit beaucoup d’argent, et c’est l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) qui tient la plume. Il s’agit en l’occurrence de poursuivre la politique de fermeture de Paris à l’égard des banlieusards, cette fois-ci en permettant à Paris d’intervenir sur l’organisation de sa périphérie. C’est un comble.

Vous estimez que le Forum métropolitain se fourvoie sur ces questions ?

Le Forum métropolitain n’a pas été créé pour régler ces problèmes. Je constate que Paris, qui a été pilote d’Autolib’ et de Vélib’ est aujourd’hui confrontée à un fiasco qui emporte des conséquences financières considérables pour les communes de banlieue, même si, hélas, un certain nombre d’entre elles ne l’ont toujours pas réalisé.

Quel regard portez-vous sur la lettre de mission de Roland Castro sur Paris en Grand ?

C’est le concours Lépine. Tous les 15 jours, nous découvrons une proposition nouvelle sur l’organisation du Grand Paris et de sa métropole. Si vous interrogez les habitants, force est de constater qu’ils n’y comprennent plus rien.

Vous êtes impatient des annonces présidentielles sur ces questions ?

Absolument pas. J’estime au contraire très positif le fait que le président de la République prenne le temps de la réflexion. Il s’agit d’un sujet très difficile, très lourd. Ceux qui avancent des solutions à l’emporte-pièce ne sont pas des gens sérieux.

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