Merci Raymond propose un « plan de relance » de l’agriculture urbaine

Passée la mode de l’agriculture urbaine dans tous les projets immobiliers, la société parisienne spécialisée dans la végétalisation et la production en ville dresse un bilan des échecs et des réussites en la matière afin de relancer cette activité aux multiples effets bénéfiques.

Après avoir végétalisé différents espaces en Ile-de-France (Station F à Paris, Metal 57 à Boulogne, Green Borne à Grigny) et participé à plusieurs appels à projets (Réinventer Paris, Parisculteurs), Merci Raymond a surfé sur la vague de la mode de l’agriculture urbaine et en a tiré un certain nombre d’enseignements conduisant à la publication d’un « livre blanc ». Ce dernier part du constat que ce type d’activité est « arrivé à point de maturité » et qu’il fait l’objet aujourd’hui, après un certain nombre de projets avortés ou revus à la baisse, « d’une forme de déception », remarque Hugo Meunier, le fondateur de l’entreprise de végétalisation.

Hugo Meunier. © Merci Raymond

Compte-tenu des bénéfices de cette pratique en termes écologique, social et pédagogique, celui-ci propose un « plan de relance » afin que l’agriculture urbaine soit considérée comme « le bras armé de la planification écologique des villes ». « Cet outil a été brandi dans de nombreux concours, il a eu une grande visibilité, peut-être un peu trop rapide », relève-t-il.

Pas d’équilibre économique

Ainsi, de nombreux projets n’ont pas fonctionné sur le plan de la production à visée alimentaire, mais ont en revanche atteint leur cible s’agissant de la sensibilisation des habitants ou de la biodiversité. L’équilibre économique promis a donc rarement été au rendez-vous. Des échecs en la matière Merci Raymond a tiré une vision de la manière de recourir à ce type de démarche en matière d’aménagement. « L’agriculture urbaine est un outil au service de la transition qui doit être soutenu ou financé, estime Hugo Meunier. Les initiatives de ce type doivent être liées à l’exploitation d’un restaurant ou d’un hôtel ; ou portées par une foncière ou une commune pour ses externalités positives. »

Projet Green Borne mené par Merci Raymond à Grigny. © Merci Raymond

Dans cet esprit, Merci Raymond cite notamment quelques exemples : la production de houblon avec une cuvée de bière par an grâce à la mise à disposition de foncier dans le cadre de Parisculteurs ou le développement d’une ferme de fleurs sur un toit pollué grâce à du mécénat. La société travaille aussi avec Grand Paris aménagement sur une ferme urbaine mobile à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), financée par la collectivité, pour créer du lien avec les habitants avant la réalisation d’un nouveau quartier.

Un « nouveau récit » de l’agriculture urbaine

Le fondateur recommande donc des « modèles modestes » d’un point de vue économique ou « d’assumer que c’est un aménagement paysager avec une dimension alimentaire ». Des fermes urbaines de 1 à 1,5 ha doivent, selon lui, être aidées économiquement pour être viables. L’entreprise ne se positionne donc plus désormais sur des projets ou l’activité doit être autosuffisante, « il y a un sujet de partage de la valeur pour permettre la présence d’une ferme urbaine qu’il faut assumer ». « Arrêtons de croire qu’on va avoir un revenu en faisant pousser des tomates sur un toit », affirme-t-il.

Hugo Meunier souhaite donc avec ce « livre blanc » suggérer un « nouveau récit de l’agriculture urbaine » qui en valorise les apports et la met « au bon endroit ». Alors que « les attentes des habitants sont encore présentes » à ce sujet, Merci Raymond accompagne des collectivités locales pour programmer ces pratiques au travers des documents d’urbanisme ou des plans alimentaires territoriaux. « A terme, l’agriculture urbaine sera un outil d’aménagement du territoire », avance le fondateur.

 

Télécharger le plan de relance de l’agriculture urbaine de Merci Raymond

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