Marie-Claire Capobianco – Self-made woman

D’une agence de Marseille, Marie-Claire Capobianco est devenue membre du comité exécutif de BNP Paribas, première femme à intégrer cet organe de direction. Un parcours unique, qu’elle souhaiterait volontiers inspirant.

« Je suis la première femme à être entrée au comité exécutif de la BNP Paribas », entame Marie-Claire Capobianco. Un fait qu’elle n’évoque pas avec fierté mais plutôt de façon factuelle, presque avec regrets. Non à l’encontre de la banque dans laquelle elle a fait toute sa carrière – et qu’elle dit en avance sur nombre d’autres entreprises – mais à l’encontre d’un contexte général où les femmes sont anormalement sous-représentées dans les instances dirigeantes des grands groupes de l’économie française. Œuvrer à pallier cette inégalité figure comme l’un de ses grands combats. Mentoring, clubs, réseaux, Marie-Claire Capobianco participe de tous les projets ayant vocation à permettre aux femmes de jouir des mêmes perspectives de carrière que les hommes. On la retrouve ainsi dans le Cercle des femmes du Grand Paris, créé par Chiara Corazza, alors directeur général de Paris-Ile de France Capitale Economique. La confiance en soi, elle en est convaincue, constitue l’un des premiers leviers. Raison pour laquelle la directrice du pôle Banque de détail en France de BNP Paribas estime qu’il faut « donner des modèles ». Tout en restant modeste sur sa personnalité, elle sait que son parcours peut être source d’inspiration.

Marie-Claire Capobianco

Marie-Claire Capobianco. DR

« Intéressée par la pensé et les moteurs de l’action », la jeune Marie-Claire se destine au métier de psychanalyste. A la recherche d’une indépendance financière, elle dégote un emploi au sein d’une agence BNP dans la cité phocéenne. « J’y ai vite pris goût en la relation avec les clients, j’aime les gens », explique-t-elle. A l’agence, elle découvre aussi le monde des entrepreneurs, empreint « d’une formidable énergie ». Et se découvre elle-même. Dès lors, la jeune femme se sent des leurs et se définit aujourd’hui comme telle. « Ne pas se limiter à un cadre prédéfini, toujours se battre quelles que soient les limites », voilà la définition de l’entrepreneuriat, selon Marie-Claire Capobianco. Définition, voire principe qu’elle a suivi au pied de la lettre. Une époque prologue, à partir de laquelle la Marseillaise d’adoption n’aura eu de cesse de repousser les limites.

« Ecole de l’excellence »

Rapidement, elle devient directrice d’agence. Et découvre le management comme un nouveau challenge : « amener une équipe à se dépasser ». L’ascension se poursuit, et Marie-Claire Capobianco rejoint l’inspection générale de la BNP, « l’école de l’excellence », selon ses mots. Elle y découvre la banque sous tous ses aspects et agrandit son réseau. Quand la BNP fusionne avec Paribas, la direction générale souhaite créer le métier de banque privée. La lourde tâche échoue à l’entrepreneuse. « Au départ, c’était une start-up, se rappelle-t-elle, il fallait créer un métier nouveau », se souvient-elle. Elle développe le modèle et l’installe dans une dizaine de pays. Partie d’une agence locale, Marie-Claire Capobianco est devenue cadre international d’un groupe du CAC40. « Un moment humain très fort », commente-t-elle, se remémorant les défis de management qu’impliquait sa mission. 2012, un nouveau cap est franchi : la passionnée d’équitation devient directrice du pôle banque de détail et intègre le comité exécutif. Quelque 28 000 composent cette branche, à une époque où le métier se transforme grâce au digital.

Sa plus grande leçon ? « Rester vraie ». Regard lumineux, elle ne veut « cesser de s’émerveiller ». Rester enthousiaste, aussi. Elle nous en conjure : « Arrêtons de dire bon courage à tout bout de champ, la vie n’est pas un poids. » De quoi inspirer les unes, comme les uns.

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