Les propositions du groupe Front de gauche de la Métropole pour le logement social

Les élus FDG tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation continue des chiffres de production de logements sociaux et dénoncent l’égoïsme des maires qui ne respectent pas la loi SRU. Leur groupe compte présenter un vœu, lors du conseil métropolitain du 11 juillet, pour que l’État accorde à l’Anah les financements nécessaires à la très forte hausse des demandes dans le cadre de MaPrimeRénov’.

500 000 demandeurs d’un logement social dans la Métropole, attendant en moyenne 11 ans pour en obtenir un ; 1 million de foyers en attente en Ile-de-France ; 20 % de logements suroccupés en petite couronne ; 45 % de passoires thermiques… Les élus Front de gauche de la métropole du Grand Paris n’avaient pas de mal, lundi 30 juin, lors d’une conférence de presse, à étayer leur demande d’un plan d’urgence pour le logement social. « Paris a connu au premier semestre une augmentation de 16 000 demandeurs de logements sociaux, ces derniers passant de 292 000 à 308 000. Une telle hausse n’est jamais arrivée », a souligné Jacques Baudrier, adjoint (PCF) au logement d’Anne Hidalgo.

« Nous ressentons de la honte face à une telle situation dans un pays comme la France, mais aussi de la colère », a souligné Patrice Leclerc. Le maire (FDG) de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), président du groupe FDG à la Métropole, s’en est pris aux maires de droite, UDI et LR, « qui se complaisent dans un dénigrement systématique du logement social et de ses résidents, en parlant de ghettos, de relégation ou de zones de non-droit ». Des propos qui créent, selon lui, un climat d’hostilité et de peur, aux antipodes de la réalité de ces quartiers. Il a aussi cité le désarroi de Jean Castex, le président de la RATP, « qui ne sait plus comment faire pour obtenir des logements sociaux afin de loger ses salariés en ville, alors qu’il n’a rien fait en faveur du logement social quand il était à Matignon ».

Sus au dispositif « anti-ghetto »

Les élus du Front de gauche ont rappelé qu’en 2025, le nombre de mises en chantier de logements sociaux était redescendu à celui de 1990. Avant de formuler leurs propositions (voir ci-dessous), ils ont égrené ce qu’ils considèrent comme les causes de cette crise : la mise en place de la réduction de loyer de solidarité (RLS), qui impute aux bailleurs sociaux la baisse des APL, figure en première place. Le récent geste du gouvernement consistant à réduire de 200 millions d’euros la ponction appliquée aux bailleurs à ce titre est jugé notoirement insuffisant. « Un bailleur qui ne construit pas vit mieux qu’un bailleur qui construit », a poursuivi Patrice Leclerc, regrettant également « la quasi-disparition » des aides à la pierre. Et de rappeler que le logement social « rapporte à l’État, si l’on prend en compte l’ensemble des recettes générées — en TVA ou en cotisations sociales notamment — le double de ce qu’il coûte ».

Jacques Baudrier (Paris), Patrice Leclerc (Gennevilliers) et Michel Leprêtre (Grand Orly Seine Bièvre). © Jgp

Les élus du Front de gauche s’en sont aussi pris à la région Ile-de-France et au dispositif « anti-ghetto » mis en place par Valérie Pécresse, qui refuse de subventionner les constructions dans les communes dépassant les 30 % de logements sociaux. Un dispositif devenu caduc cette année, la Région ayant cessé de soutenir les constructions de logements sociaux, où qu’elles soient, pour protester contre la baisse des dotations de l’État.

« Egoïsme diabolique »

Au passage, la liste des communes ne respectant pas la loi SRU et l’obligation pour chaque commune de disposer d’au moins 25 % de logements sociaux a été diffusée par les élus (voir ci-dessous).

La probabilité de voir la Métropole adopter prochainement son Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH) semble faible aux yeux des représentants du FDG, compte tenu de ce que Michel Leprêtre, président de Grand-Orly Seine Bièvre (Val-de-Marne), a qualifié « d’égoïsme diabolique » des maires. Le groupe FDG a dénoncé également l’hypocrisie qui consiste, selon ses élus, à voter le Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH), sans adopter ensuite le PMHH, censé décliner les objectifs régionaux à une maille plus fine.

Ils ont démonté un à un les arguments des opposants à la construction de logements sociaux : la volonté de ne pas densifier ne viserait, selon eux, que le logement social, tout comme l’argument du foncier trop cher. « Il faudrait que l’on obtienne les chiffres de la construction dans chaque commune, par type de construction », a souligné Patrice Leclerc. Les maires qui se limitent à construire des PLS (financés par le prêt locatif social), catégorie la moins sociale des logements sociaux, ont également été fustigés.

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