François Dagnaud, maire du 19e arrondissement, et Lamia El Aaraje, adjointe à la maire de Paris chargée de l’urbanisme, ont présenté la transformation de la porte de la Villette à un public venu nombreux, ce jeudi 3 juillet à l’espace Niemeyer. Un « premier projet pensé à l’aune du PLU bioclimatique », selon le maire de l’arrondissement. 9 ha d’espaces verts sont par ailleurs prévus.
« Nous avons beaucoup de chance de travailler sur la porte de la Villette », s’exclame François Dagnaud ce jeudi 3 juillet, devant une salle comble, composée de professionnels de l’urbanisme et du paysage ainsi que d’étudiants en architecture. « Nous avons beaucoup de chance car c’est la dernière porte de Paris à ne pas avoir été renouvelée et c’est la première qui va bénéficier du PLU bioclimatique », poursuit le maire du 19e arrondissement.
La ville de Paris a présenté, ce jeudi 3 juillet, le projet de réaménagement de la porte de la Villette, telle qu’imaginée par l’agence TVK, lauréate du dialogue compétitif entamé en avril 2024, les mettant aux prises avec les agences UAPS et 51N4E. Le maître-mot de la transformation de cette porte parisienne est la désimperméabilisation, à en croire les concepteurs du projet. « Pour moi, l’enjeu est de désimperméabiliser la porte de la Villette, un espace aujourd’hui essentiellement bétonné. Le but est donc de basculer d’une place goudronnée à une place désimperméabilisée », continue François Dagnaud. « Nous avons conçu la porte de la Villette comme un grand parc, inscrit dans la ceinture verte de Paris », explique, à son tour, Pierre-Alain Trévelo, associé à l’agence TVK. Le groupement mené par l’agence d’architecture comprend, en outre, le paysagiste Michel Desvigne, Zefco, Ville Ouverte, Egis Villes et Transports, Urban Eco, ATM et Citec.
Concrètement, le projet s’articule autour d’une grande « place-parc » d’environ 5 ha, à l’emplacement du rond-point Auguste-Baron. Cet espace est vu comme un trait d’union entre Paris et Aubervilliers et il devrait être inspiré de ce qui a été réalisé à la porte Pouchet, également conçue par l’agence TVK. La place devrait être de forme triangulaire, « très largement végétalisée » selon Adeline Chambe, directrice de l’aménagement de Paris & Métropole Aménagement, l’aménageur de la porte. Deux cheminements pour les piétons et cyclistes devraient être créés, l’un vers Pantin, l’autre vers Aubervilliers. Le premier empruntera le souterrain du parc Forceval, qui avait été condamné lorsque le parc avait accueilli des consommateurs de crack en 2021. Le second sera créé grâce au dévoiement partiel des bretelles ouest du périphérique et au percement d’un bâtiment.
Au-delà de la désimperméabilisation, l’enjeu est, donc, de relier Paris à sa périphérie. « L’idée est de passer d’une “porte-frontière” à une “porte-lien”, qui mettra en relation Pantin, Aubervilliers et Paris », explique le maire du 19e arrondissement. « Ce projet doit apaiser les infrastructures, les voies ferrées et le boulevard périphérique qui traversent le site, et conforter les continuités urbaines », décrit Ariane Bouleau, directrice de l’urbanisme de la ville de Paris. Si le département de Seine-Saint-Denis doit participer à la gouvernance du projet, il est à noter que, ce jeudi 3 juillet, aucun représentant des villes limitrophes n’était présent. « Les prochaines étapes vont nous amener à consolider ces différents partenariats », assure toutefois Lamia El Aaraje, adjointe à la maire de Paris chargée de l’urbanisme.
Reste que la complexité foncière du site continue à faire peser des incertitudes importantes sur le projet. Ni la SNCF, ni la préfecture de police, principaux propriétaires, ne sont prêt [prêts] à céder leur foncier aujourd’hui. Nous avons précisément lancé ce dialogue compétitif, alors qu’un plan-guide avait déjà été réalisé sur ce secteur, afin de gérer l’incertitude liée au déménagement prévu pendant un temps, mais avorté, de la préfecture de police », explique Adeline Chambe. L’un des riverains, présent ce jeudi 3 juillet, estime d’ailleurs que, en l’absence d’accord sur le foncier, la mairie de Paris s’offre une annonce à peu de frais pour une transformation qui est loin d’être achevée.

