Le directeur de Grand Paris Climat revient sur la genèse et les missions de cette association créée en 2023 pour accélérer la rénovation énergétique dans la métropole du Grand Paris. Jules Hébert détaille les actions de la jeune structure et son programme pour la fin de l’année.
Créée par la métropole du Grand Paris (MGP) en mai 2023, Grand Paris Climat fédère les Agences locales de l’énergie et du climat (Alec) et les Espaces conseil France Rénov’ du périmètre métropolitain. « L’objectif principal de l’association est d’accélérer la dynamique de rénovation énergétique des logements collectifs et individuels », rappelle son directeur Jules Hébert. Son rôle : mutualiser les moyens, harmoniser les pratiques et outiller les acteurs locaux de la rénovation énergétique. « Notre mission est d’apporter un appui technique, financier et méthodologique aux agences locales », ajoute-t-il. La structure, présidée par Yves Contassot, réunit, outre la MGP, les huit Alec existantes, ainsi que des acteurs de la société civile, du logement et du bâtiment (énergéticiens, Aorif, Unis, les fédérations du bâtiment, etc).

Jules Hébert. © DR
Mutualiser, former, harmoniser
L’équipe de six salariés de Grand Paris Climat coordonne un réseau d’environ 80 conseillers France Rénov’. Elle leur fournit des outils partagés, recherche des financements européens ou régionaux et organise des formations continues pour assurer une montée en compétence collective de manière à garantir un niveau de conseil homogène sur le territoire de la Métropole. « Afin qu’un ménage bénéficie du même accompagnement où qu’il vive », souligne Jules Hébert. Grand Paris Climat anime plusieurs groupes de travail techniques sur la chaleur renouvelable, le retrait-gonflement des argiles ou les matériaux biosourcés. En partenariat avec l’Ademe Île-de-France, elle a lancé un réseau d’animateurs chaleur renouvelable, destiné à accompagner les ménages sortant du chauffage fossile.
Tout l’enjeu pour l’association consiste aussi à permettre de concilier la rénovation énergétique avec la protection du patrimoine.
Concilier rénovation et patrimoine : un défi majeur
Le défi est d’autant plus majeur en Île-de-France qu’environ 60 % des surfaces bâties de la métropole sont soumises à des contraintes patrimoniales (et 97 % à Paris). Pour lever les blocages, Grand Paris Climat a noué une coopération inédite avec la Drac (direction régionale des affaires culturelles) Île-de-France et les architectes des Bâtiments de France. « Nous faisons le lien entre les politiques publiques du patrimoine et celles de la rénovation énergétique, deux mondes qui doivent mieux se comprendre », explique Jules Hébert. Des rencontres départementales “Rénovation et Patrimoine” ont ainsi été organisées, réunissant les Udap (Unité départementale de l’architecture et du patrimoine), les Ales et les acteurs de terrain pour échanger sur des cas concrets et promouvoir une approche commune. Pour aller encore plus loin et proposer un accompagnement à l’ensemble des acteurs, Grand Paris Climat a recruté une architecte qui est en formation pour devenir architecte du patrimoine.
Un rendez-vous métropolitain pour fédérer les acteurs
Parmi les rendez-vous prévus d’ici à la fin de l’année, Grand Paris Climat organise le 4 décembre, à la BNF François-Mitterrand, une conférence intitulée « Gagner le Grand Paris de la rénovation énergétique ». L’événement réunira élus, professionnels du bâtiment, conseillers, architectes et acteurs institutionnels pour débattre des freins et des leviers du passage à l’échelle. Seront abordés : l’efficacité des rénovations, le financement et l’accès aux données territoriales. « Sur la question cruciale du financement et donc du reste à charge, qui reste le facteur bloquant de beaucoup de projets de rénovation, des acteurs présenteront de nouveaux dispositifs », indique Jules Hébert. Face aux derniers rétropédalages du gouvernement sur MaPrimeRénov’, il invite surtout à une stabilité des politiques publiques pour « pouvoir engager une dynamique qui ne s’effondre pas d’une année sur l’autre », en fonction des changements réglementaires et offrir une vraie visibilité à l’ensemble des acteurs. « Car, rappelle-t-il, la rénovation énergétique n’est pas seulement une dépense budgétaire, c’est un investissement pour l’avenir et c’est aussi prémunir les ménages contre tous les effets du réchauffement climatique sur l’habitat. »