GPA : Des opérations laboratoires de la ville de demain

A Ivry, Villiers-le-Bel ou Evry-Courcouronnes, GPA expérimente la ville de demain.

Ivry

Déconstruction de la barre Gagarine à Ivry : l’économie circulaire à grande échelle

« Un allongement de la durée des travaux de deux mois, et aucun surcoût. Le programme d’économie circulaire mis en œuvre à Ivry, lors de la déconstruction de la barre Gagarine, fournit la démonstration que l’on peut généraliser le recyclage des matériaux de construction à grande échelle », s’enthousiasme Sandy Messaoui, directeur de projet à Grand Paris Aménagement.

Déconstruction de la barre Gagarine à Ivry. © DR

Sandy Messaoui © Jean-Luc Luyssen – Jean-Francois Deroubaix

Dans le cadre de la déconstruction de ce vaste ensemble en briques rouges, de 13 étages, 90 % des 30.000 tonnes de matériaux de gros œuvre ont été revalorisés et recyclés. Par exemple pour produire des granulats, à base de béton concassé. Même le plâtre, séparé du béton par hydrodécapage, a trouvé sa filière de réemploi. Quant aux matériels de second œuvre, ils ont pu également bénéficier d’une seconde vie, à l’image des 1 525 radiateurs, 242 portes, ou des extincteurs revendus via la plateforme numérique de Backacia.

L’innovation, dans cette opération de renouvellement urbain de 167.000 m2 de surface de plancher, a également résidé dans le processus de concertation préalable à la définition du programme, mené par les équipes de l’architecte Carmen Santana. Une série d’entretiens « Tu à Tu » a permis de concevoir les usages futurs à partir des souhaits des résidents et des différentes catégories d’usagers des lieux. En résulte une cartographie des nouveaux usages. Et une déstandardisation de la construction, prévoyant, par exemple, l’évolutivité des parkings dès leur conception, ou la possibilité de transformer facilement, si besoin, des locaux tertiaires en habitation. Un volet culturel (exposition à ciel ouvert, résidence d’artistes, parcours artistique inédit) a accompagné la démarche. Un long-métrage, « Gagarine », racontant cette aventure urbanistique, sera présenté au prochain festival de Cannes.

Aérolians

Les abeilles, drones d’observation de la biodiversité

A Aérolians, quartier d’affaires de 200 ha au sud de l’aéroport Charles-de-Gaulle, Grand Paris Aménagement utilise les abeilles implantées sur le site par son partenaire BeeoDiversity comme autant de capteurs.

Armand Koestel© Jean-Luc Luyssen – Jean-Francois Deroubaix

« Chaque année, les 50.000 abeilles d’une ruche rapportent 4 millions d’échantillons de pollen », indique Armand Koestel, directeur de projet. En les examinant, Beeodiversity constate à la fois l’état de la biodiversité floristique et la pollution d’un site. Et formule une série de préconisations pour développer les espèces végétales manquantes, dont l’impact sera monitoré à son tour par les abeilles. « Ce diagnostic permet aussi d’entamer un dialogue avec les émetteurs des pollutions détectées », indique Armand Koestel. Autant d’informations clés pour l’aménageur, sur un site qui compte 35 ha d’espaces verts, où trois milieux nouveaux (une prairie humide, une prairie sèche et un milieu boisé) ont été créés, 64 espèces végétales implantées et 22.500 végétaux plantés.

Villiers-le-Bel

Préfigurer le contenu et le contenant des rez-de-chaussée actifs

A Villiers-le-Bel, Grand Paris Aménagement travaille avec différents acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) à la préfiguration des rez-de-chaussée actifs de la ZAC du Village qui mêlera, sur 5ha, quelque 400 logements neufs et existants. Lauréat de l’appel à projets Tiga (territoires d’innovation de grande ambition), orchestré par l’Etat avec la Banque des territoires, cette démarche vise à associer, en amont de la réalisation de ce quartier,

Lionel Humery © Jean-Luc Luyssen – Jean-Francois Deroubaix.

des préfigurateurs de ces futurs commerces de rez-de-chaussée, là où le marché n’en attirerait pas forcément. « Les rez-de-chaussée sont souvent, on le sait, les parents pauvres des opérations d’aménagement », indique Lionel Humery, délégué renouvellement urbain, habitat privé à Grand Paris Aménagement. Avec Make Ici (ex-Ici Montreuil), les Vergers urbains ou les Voisins malins, GPA définit à la fois le contenant et le contenu de ces futurs rez-de-chaussée actifs : cuisines partagées, ateliers de transformation de produits agricoles issus de circuits courts, mais aussi fablab, ateliers de coworking, d’imprimantes additives (3D), sont notamment à l’étude.

Des activités artisanales sont également prévues, dans le cadre de « courrées des métiers », en référence à l’urbanisme traditionnel de la commune. « Un important travail est également mené avec la ville de Villiers-le-Bel et les services de Roissy Pays de France, pour créer des complémentarités – et non des concurrences – avec le tissu existant », souligne Lionel Humery.

Evry-Courcouronnes

Logements bioclimatiques dans le cadre du Permis d’innover

Conformément à la loi relative à la création, l’architecture et le patrimoine (loi CAP), qui l’autorise, GPA innove en dérogeant à la règle à Evry, au sein de la ZAC des Horizons, avec le « Village vertical ». Les quatre nanotours dessinées par Hub Architecte pour Nexity comportent un atrium intérieur, lieu commun partagé et jardin d’hiver, sur lequel donne chaque appartement. Cet atrium permet aux différents étages de communiquer entre eux, ce qui contrevient à la réglementation en vigueur en matière de sécurité incendie. Cet espace central assure une multiplicité d’usages du collectif au privatif et améliore la performance énergétique du bâtiment à travers une ventilation naturelle et une régulation du confort thermique.

Odile Eveillard © Jean-Luc Luyssen – Jean-Francois Deroubaix.

Village verticale©Hub Architectes.

« Cette nouvelle conception du bâtiment permet une plus grande appropriation par les futurs occupants de leur habitat (rationalité de la construction et de l’organisation
du logement), indique Odile Eveillard, directeur de projet à GPA. L’idée consiste à hybrider les qualités de l’habitat individuel et celles du collectif », ajoute-t-elle.

Clichy-Montfermeil

Prévenir la dégradation des copropriétés

A Clichy-Montfermeil, GPA s’est posé une question simple : quels facteurs expliquent la dégradation plus ou moins rapide des copropriétés ? « Des problèmes de gouvernance (nombre excessif de copropriétaires, majoritairement non-occupants et accédants peu formés) ; une faible qualité architecturale et énergétique, aboutissant à un modèle économique défaillant et des charges trop élevées, non-anticipées », répond Magaly Simon, directrice de projets à la direction de l’habitat privé de Grand Paris Aménagement. Pour éviter ce triptyque trop bien connu des copropriétés dégradées, Grand Paris Aménagement a choisi d’innover, au sein de la ZAC de la Dhuys, (900 logements à Clichy-Montfermeil). L’aménageur décide de challenger les promoteurs pour qu’ils intègrent le coût global des bâtiments, tout au long de leur cycle de vie, dès leur conception.

Magaly Simon © Jean-Luc Luyssen – Jean-Francois Deroubaix

Des promoteurs qui doivent, par ailleurs, prévoir et financer une AMO « copro », chargée d’accompagner et de former les futurs copropriétaires, par exemple dans le choix de leur futur syndic. Le financement d’un réseau social de copropriété, la présence d’un bureau d’étude technique indépendant de la maîtrise d’œuvre et veillant à la performance énergétique des bâtiments jusqu’à un an après leur livraison figurent également parmi les nouvelles obligations du cahier des charges soumis aux promoteurs. En échange de ces surcoûts GPA consent à faire un effort sur le montant des charges foncières.

Créteil 

City BIM / CIM au Triangle de l’Echat

Pauline Valiergue souligne l’efficacité de City BIM / CIM, mis en place par Grand Paris Aménagement sur la ZAC Triangle de l’Echat : « en quelques clics nous pouvons connaître un coefficient de biotope par surface (CBS), là où de longs calculs auraient été nécessaires », résume la directrice de projet à GPA.

Pauline Valiergue © Jean-Luc Luyssen – Jean-Francois Deroubaix.

« Il s’agit de modéliser à la fois l’espace public, les bâtiments, ainsi que leurs interactions », résume-t-elle. Cette modélisation numérique, à laquelle sont reliées les précieuses datas, fournit à l’aménageur une aide à la décision pour définir ses stratégies, évaluer leur impact et leur évolution. Elle constitue également un outil de communication en direction des différents partenaires de la ZAC. « Au départ, la maquette numérique nous a permis de modéliser les différentes contraintes du site, nombreuses, pour mieux les appréhender, souligne Pauline Valiergue. La masse de matériaux biosourcés par bâtiment (en kg/m2), le pourcentage de surfaces végétalisées / pleine terre par lot privé et sur les espaces publics ou la mesure de la qualité de l’air tout au long de la vie de l’opération figurent parmi les données retenues  ». « Nous souhaitons que cet outil, novateur pour beaucoup de nos partenaires, soit utile à la fois en phase d’exécution et d’exploitation », conclut la directrice de projet.

Auteur

Sur le même sujet

Top