Gilles Berhault, président du comité de programmation de Solutions COP21, présente cette initiative qui vise à promouvoir les solutions de lutte contre le changement climatique dans la perspective de la Conférence des Nations Unies qui se tiendra fin 2015 au Bourget.
Pourquoi avoir lancé Solutions COP21 ?
Je suis le président du Comité 21, une association multiacteurs – collectivités, associations, entreprises, etc. – qui compte 475 membres. Nous avons eu envie, à l’occasion de la COP21, de présenter des solutions pour lutter contre le changement climatique. Tout ce qui a été inventé aujourd’hui n’est pas à l’échelle de la limitation de la hausse des températures de 2° recommandée par le Giec. Il faut donc réfléchir à la manière de massifier les solutions existantes et de les mettre à l’échelle de cet objectif. Les décisions de la COP21 doivent être portées par un agenda avec de vraies bascules innovantes en termes de comportements, de partenariats, etc. Il est donc utile de montrer que des acteurs peuvent collaborer dans un esprit positif.
Vous avez mis en place un hub des solutions. En quoi consiste-t-il ?
C’est un outil qui permet à tout acteur des territoires et de l’économie de trouver des solutions par rapport au sujet qui l’intéresse. Par exemple, en termes de mobilité, il est possible de voir comment les expérimentations à Paris se sont passées, d’identifier des contacts pour en savoir plus, etc. De même, sur l’énergie avec GDF-Suez ou sur le trafic fluvial avec Ports de Paris. L’idée est de disposer d’un hub de références pour partager des solutions, il n’existe pas de solution miracle, mais tous les gestes comptent.
Comment fonctionne-t-il ?
L’inscription est gratuite pour les collectivités et les associations. Nous demandons une participation aux frais pour les entreprises. Nous ne labellisons pas les solutions présentes, nous vérifions seulement leur cohérence. L’accès est très simple pour les utilisateurs. Il s’effectue par thématique ou par collectivité, avec la possibilité de s’abonner.
Nous venons de finir la phase de test qui présentait une centaine de solutions. Le Club France développement durable, lancé par le Comité 21, est une plateforme qui réunit une centaine de réseaux dont le Medef, la CGPME, des associations d’élus, environnementales, etc.. Nous allons le mobiliser pour que chacun y inscrive ses meilleures solutions. Quelques milliers pourraient figurer dans ce hub, mais leur utilité est plus importante que leur nombre.
Que prévoyez-vous pendant la COP21 ?
Nous disposerons d’un pavillon au Bourget qui sera un lieu de partage, de rencontres, de colloques, voire de petites démonstrations. Le Grand Palais sera le lieu de démonstration des solutions proposées par les entreprises, les villes, les associations, avec la présence de chercheurs, d’artistes, etc. Nous exposerons des solutions au Grand Palais car ce lieu a été construit pour l’exposition universelle de 1900, avec la vocation d’être tourné vers l’avenir. Les entreprises doivent prendre leurs responsabilités en matière de climat. Il y a une opportunité pour développer des solutions, et être présent au Grand Palais pourrait permettre de les déployer très rapidement car le monde entier sera là.
Quelles sont les autres actions prévues ?
L’action de Solutions COP21 se traduira également pas des rencontres, des conférences, des visites et d’autres moyens de découvrir des solutions. Tout cela sera orienté vers le grand public, car c’est par une démarche du public que les choses pourraient se faire. Un partie importante du projet consiste à inciter les personnes qui s’y inscrivent à découvrir ce qu’il se passe, que ce soit au Grand Palais ou ailleurs. C’est vraiment une logique de hub. Nous allons d’ailleurs organiser des visites en Ile-de-France et en province à partir de l’automne. Nous serons une agence de voyage des projets climatiques.
La COP21 est un événement considérable, le premier de ce type qu’organise la France, avec une implication forte du président de la République. Paris est un rendez-vous particulier dans le cycle des négociations car le protocole de Kyoto est arrivé à son terme, il faut donc aboutir à un nouvel accord climatique mondial, sinon il n’y en aura plus. L’ensemble de nos partenaires ont compris les enjeux, certains montent des alliances sur cette thématique du climat et viendront groupés au Grand Palais.
Quelle suite pourrait avoir cette initiative après la COP21 ?
Notre stratégie au niveau de Comité 21 et du Club France développement durable est de réfléchir à l’après Paris. Nous souhaitons que Solutions COP21 continuent après la COP21, notamment le hub. L’envie est là, on verra si les acteurs veulent continuer. J’espère que nous pourrons trouver un prolongement au Maroc où se déroulera la COP22 l’an prochain.
