En campagne avec… Alexandre Aïdara

Après Mathieu Hanotin, Laurent Russier et Bally Bagayoko, Le journal du Grand Paris achève sa série de portraits de candidats en campagne à Saint-Denis par Alexandre Aïdara, tête de liste LREM, ancien conseiller des ministres Christiane Taubira et Geneviève Fioraso, homme de lettres et de chiffres.

Alexandre Aïdara aime les chiffres, qu’il égrène pour étayer ses propositions, détaillées avec aisance et décontraction. « La facture énergétique, dans les nombreuses passoires thermiques que compte la ville, représente de 25 à 30 % du budget de certains Dionysiens. Il faut à la fois sauver la planète et les fins de mois des plus fragiles », attaque d’emblée la tête de liste « Changeons Saint-Denis ! ».

Alexandre Aïdara devant la mairie. ©Jgp

Tractage dans le centre-ville.©Jgp

Une façon d’expliquer l’invitation d’Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, à son meeting du 2 février. Le candidat d’En Marche à Saint-Denis, soutenu par le Modem, l’UDI et l’UDE, a été conseiller de Christiane Taubira, alors garde des Sceaux, et de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sous François Hollande. Il évoque le défilé des maires, dans les couloirs de ces deux ministères, venus défendre auprès du gouvernement les dossiers de leurs communes. C’est ce qu’il fera, assure-t-il, s’il est élu, pour défendre Saint-Denis et obtenir les postes et moyens nécessaires auprès de l’ensemble des partenaires d’une ville : département, région, ministères, Union européenne…

Base de données de la rénovation thermique

« Il faut constituer une base de données sur l’état du parc de logements à Saint-Denis, et agir méthodiquement. Un des problèmes de cette ville vient du fait que l’on ne planifie pas. La bonne vieille planification a du bon », sourit-il. Il entend également, s’il est élu, créer un guichet unique baptisé « Je rénove mon logement », donnant accès aux différentes aides disponibles, mais éparpillées et complexes.

La sécurité sera sa priorité immédiate. Mais pas comme une fin en soi, précise-t-il aussitôt. Comme le socle des mesures permettant de mettre en œuvre le reste de son programme. « Sans rétablir la sécurité, il est vain de vouloir mener des politiques en matière d’éducation, ou d’attractivité économique », fait-il valoir.

Ce centralien, qui a œuvré une dizaine d’années dans des grands groupes privés comme Accenture, avant d’intégrer l’ENA et d’entamer une carrière de fonctionnaire, au ministère des Finances, entend multiplier par deux le budget consacré par la mairie à la sécurité. « Il est anormal qu’une ville qui connaît des pointes de population à plus de 120 000 personnes ne consacre que 3,8 % de son budget total à la sécurité », souligne-t-il. 150 agents au total viendront renforcer ses effectifs, avec une police municipale travaillant 24h/24, scindée en deux, distinguant une police de proximité et des brigades d’intervention, dont celle nocturne armée et motorisée. En délivrant des récépissés lors de chaque intervention, pour éviter les abus, de contrôle au faciès notamment, précise-t-il également.

La vidéosurveillance, outil de dissuasion

Alexandre Aïdara propose de généraliser l’installation de caméras de vidéo-surveillance à tous les points stratégiques de la ville. En changeant leur doctrine d’emploi, pour en faire des outils de prévention guidant les interventions de la police, et non seulement des pièces à conviction utilisées à la suite d’incivilités ou de délits. Le candidat se déclare favorable aux travaux d’intérêt général pour les délits mineurs, évitant des peines de détention aux effets contre-productifs. L’utilisation des données de la vidéosurveillance sera contrôlée par une commission indépendante présidée par un magistrat et incluant des citoyens tirés au sort, précise-t-il également.

Alexandre Aïdara, dans son QG de campagne. ©Jgp

Alexandre Aïdara promet des budgets consacrés au soutien scolaire renforcés. ©Jgp

« L’éducation sera ma seconde priorité », poursuit le leader de LREM en Seine-Saint-Denis. Afin de permettre à tous d’être scolarisés dans de bonnes conditions, il promet la gratuité dans les cantines, ainsi qu’un vaste plan, immédiat également, de rénovation des groupes scolaires et des crèches. « La cantine représente un budget de 2,2 millions d’euros pour la ville. Avec des services qui effectuent des relances pour des impayés représentant souvent des sommes dérisoires, d’un côté, et, de l’autre, des familles nombreuses pour lesquelles ce poste peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois », constate-t-il.

Le candidat LREM propose un meilleur partage de la voirie entre les voitures et les cyclistes, au moyen d’un plan massif pour le vélo, ainsi que la mise en place de navettes électriques pour relier le centre aux quartiers Pleyel et la Plaine en dix minutes.

Création d’un service unique de l’éducation

Alexandre Aïdara promet des budgets consacrés au soutien scolaire renforcés, « au lieu de financer des associations opaques », afin de promouvoir l’égalité des chances « et qu’aucun enfant ne soit empêché d’exprimer son potentiel ». Il propose la création d’un service unique de l’éducation au sein de la mairie simplifiant les formalités administratives de la communauté éducative, et des mesures pour faciliter le logement des jeunes. « Patrick Braouezec a été un bon président de Plaine Commune », ajoute-t-il, citant notamment l’obtention par le territoire du Campus Condorcet, dossier à l’occasion duquel ils se sont connus au ministère de l’Enseignement supérieur.

En matière de logement, le candidat LREM dénonce une concentration excessive des logements sociaux, créant des ghettos. Il évoque les offices fonciers solidaires, permettant, en déliant la propriété du foncier de celle de l’usufruit, de réduire de 30 à 40 % les prix. La cession de logements sociaux, encouragée par la loi Elan, lui semble également un outil à appliquer. Une de ses propositions force consisterait à verdir la place du Marché, cantonnant ce dernier à sa partie couverte, pour offrir un poumon vert au centre dionysien.

La restauration, côté Plaine, des Cathédrales du Rail, rendant hommage à l’histoire des cheminots et créant une sorte de « 104 » à Saint-Denis, une maison « Citad’elles », lieu d’accueil, d’information et de protection pour les femmes victimes de violence figure également parmi ses propositions. De même, il entend, s’il est élu au soir du 22 mars, acquérir l’ancien siège de l’Humanité, dessiné par Oscar Niemeyer, afin de le transformer en une Grande école du numérique et des métiers de l’environnement (Genume), école de la seconde chance pour les jeunes Dionysiens qui seraient rémunérés pour se former aux métiers d’avenir.

Face à un millefeuille territorial « illisible », il prône la suppression du département, jugé peu efficace. L’occasion de transférer la compétence des collèges aux communes, « mieux à même de planifier la démographie scolaire ». « La hausse des dépenses sociales, dont se plaint régulièrement le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, c’est également un aveu de l’échec des politiques d’insertion du département », considère-t-il.

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