Editorial – Métropole du Grand Paris : Une nécessaire évolutivité

Il faut se montrer réaliste. Il n’y aura pas, au 1er janvier 2016, n’en déplaise aux impatients, de superstructure métropolitaine unifiée, exerçant au bénéfice de l’ensemble des six millions d’habitants de la petite couronne des politiques publiques enfin coordonnées, puissantes, résolvant par magie la crise du logement, de l’emploi, dopant les entreprises en libérant les énergie…Tout simplement parce que c’est impossible.

Tout se passe comme si certains méconnaissaient la réalité d’une construction métropolitaine qui comprendra nécessairement deux étages. Sauf à imposer une institution obèse et impotente. Car aujourd’hui, à Paris et autour de la capitale, l’intercommunalité demeure balbutiante. Seuls trois établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), Plaine-Commune, GPSO et Est-ensemble, atteignent le seuil des 300 000 habitants requis par la loi Maptam pour constituer des territoires.

Passer, ex abrupto, d’une situation si disparate, avec Paris d’un côté, des communes isolées de moindre taille de l’autre, des intercommunalité de façade, conçues pour des raisons financières inavouables et des intercos déjà réellement intégrées ne se décrète pas ! En petite couronne, la construction intercommunale va dans un premier temps devoir s’effectuer entre communes voisines. Et c’est déjà un chantier colossal, là encore souvent méconnu. Il consiste à évaluer le montant de chaque compétence transférée, puis d’en organiser la mise en œuvre, en déterminant, au mieux, l’allocation des ressources et des moyens entre les niveaux en vertu du principe de subsidiarité, qui ne coule pas toujours de source…

La construction concomitante d’un échelon métropolitain pour fédérer et coordonner l’ensemble de ces territoires est plus que nécessaire, tant sont grands les écarts de ressources à corriger et tant une stratégie globale s’impose. Mais ne brûlons pas les étapes. Le texte qui sortira du Parlement au printemps prochain, et qui scellera les contours législatifs de la future métropole devra prévoir son évolutivité. Qu’il s’agisse de son périmètre, de ses compétences, ou de ses ressources, la métropole du Grand Paris de 2020 ne ressemblera pas à celle de 2016. C’est inévitable. Et c’est tant mieux.

Top