Editorial – Le casse-tête de la carte intercommunale

On ne pouvait qu’être perplexe en sortant de la réunion de la commission régionale de coopération intercommunale (CRCI) qui s’est tenue le 11 décembre 2014 à la préfecture de région.

©theilr

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Tout au long de cette matinée de travail, les élus ont tour à tour, égrainé les raisons de baisser les bras. Et leur rejet massif de la nouvelle carte intercommunale proposée par le préfet le 28 août dernier interroge sur le bien-fondé de la démarche.

A maints égards, la constitution des nouveaux ensembles intercommunaux de la zone dense de l’Ile-de-France, hors petite couronne, ressemble à un véritable casse-tête. En premier lieu car ces travaux complexes par nature se déroulent dans un contexte d’instabilité juridique inédite. La loi Maptam, d’où découle cette recomposition intercommunale, va être réécrite dans quelques semaines au parlement. On demande donc aux élus de redessiner les frontières de leurs collectivités, alors même que les règles du jeu ne sont pas stabilisées. Et que tout bouge simultanément. Difficile, par exemple, de constituer des périmètres intercommunaux avec des EPCI dont on ignore si, in fine, ils rejoindront ou non la métropole du Grand Paris…

L’incertitude concerne aussi les délais, à venir et futur, puisque les dead line n’en finissent pas de changer, chacun s’interrogeant sur la validité des délibérations parfois déjà prises. « Il nous faut continuer à travailler dans le cadre de la loi, en dessinant les futurs périmètres dans une logique de projet », a dit en substance le représentant de l’Etat. On ne saurait mieux dire. Car les observateurs s’impatientent devant tant de complexité. Notamment les investisseurs internationaux, que l’on aurait tout intérêt à rassurer sur la solidité  des réformes en cours. On imagine la tête d’investisseurs chinois, qataris ou japonais s’ils découvraient l’usine à gaz administrative du Grand Paris. Les raffinements de la science administrative, dont la France fut longtemps le parangon, ne séduisent plus personne. Puissent les parlementaires, qui remettront prochainement l’ouvrage sur le métier, y penser davantage. A trop compter sur le rayonnement de la région capitale, on oublie qu’il est urgent d’œuvrer au renforcement de son attractivité.

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