Carrefour Pleyel-les Groues : à la découverte du patchwork urbain qui borde la 15 ouest

Rien de tel que la marche pour embrasser la succession de scènes urbaines qui s’offre au piéton entre Saint-Denis (Carrefour Pleyel) et Nanterre (Les Groues). Au deuxième jour de son tour pédestre du Grand Paris, Enlarge your Paris, en partenariat avec la Société du Grand Paris, a guidé une cinquantaine de randonneurs le long du tracé de la future ligne 15 ouest.

A Saint-Denis, au pied de la tour Pleyel, désossée pour cause d’amiante, et en attente de sa future destination d’hôtel de luxe, Vianney Delourme (Enlarge your Paris) rappelle à la cinquantaine de randonneurs présents les règles du jeu : s’approprier les abords du tracé du Grand Paris express, de la ligne 15 ouest ce jeudi 20 août 2020, et découvrir ses sites remarquables. Mais pas seulement : il s’agit aussi d’entreprendre un travail collectif, participatif, qui pourrait un jour aboutir à une carte du Grand Paris piéton. En s’armant de fonds de carte de l’itinéraire, élaborés par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), dont la directrice générale Dominique Alba figure parmi les personnalités présentes. Et en désignant, à l’aide de gommettes de couleur, les endroits méritant le détour, de même que les lieux où marcher relève de l’audace, et qui mériteraient des travaux d’aménagement.

Distribution de cartes et de gommettes, au départ de la balade urbaine, au pied de la tour Pleyel. © Jgp

Le complexe sportif de l’Ile des Vannes, et sa Grand Nef Lucien Belloni, dessinée par les architectes Pierre Chazanoff et Anatole Kopp. © Jgp

Jean-Dominique Secondi, responsable du pôle culture et création à la direction des gares et de la ville de la Société du Grand Paris. © Jgp

Quartier de Seine-Est, ensemble de bureaux, en structure bois, en cours de production par Nexity, à Asnières-sur-Seine. © Jgp

Grand Nef Lucien Belloni

La journée a été ponctuée des commentaires des experts présents : Jean-Dominique Secondi, responsable du pôle culture et création à la direction des gares et de la ville de la Société du Grand Paris, Patrick Urbain, architecte, pilier de l’association des promenades urbaines, ou Vianney Delourme, cofondateur d’Enlarge your Paris, intarissable sur l’histoire de chaque site traversé : de celui du futur Village olympique, à Saint-Denis et sur L’Ile-Saint-Denis, au complexe sportif de l’Ile des Vannes, et sa Grand Nef Lucien Belloni, dessinée par les architectes Pierre Chazanoff et Anatole Kopp ; du quartier de Seine-Est, ensemble de bureaux en structure bois, en cours de production par Nexity, à Asnières-sur-Seine, à la ferme urbaine Agrocité du quartier des Agnettes à Gennevilliers… Avec l’impression d’une succession de quartiers aux frontières aussi étanches qu’invisibles.

Un patchwork urbain, qui fait que l’on passe, en traversant une rue, d’un ensemble de barres de logements sociaux à un centre-ville pavillonnaire, d’une vaste friche industrielle à un ensemble néo-haussmannien, comme le souligne la directrice de l’Apur.

Pique-nique à la gare Lisch

La randonnée se fait également patrimoniale, par exemple lors du pique-nique organisé devant la gare Lisch. Du nom de son architecte, qui fut aussi celui de la gare Saint-Lazare. Ce bâtiment conçu pour l’Exposition universelle de 1878, d’abord édifié sur le Champ de Mars, puis déplacé à Asnières, se transfigurera dans les années à venir, dans le cadre d’Inventons la métropole du Grand Paris II. Nacarat, filiale de promotion de Rabot Dutilleul, doit en faire un ensemble articulé autour du coworking.

Agrocité, aux Agnettes, à Gennevilliers. © Jgp

La gare Lisch. ©Jgp

La façade de la section de Suède et de Norvège, qui ornait la rue des Nations de l’Exposition universelle de 1878, à Courbevoie. © Jgp

Le Pavillon des Indes anglaises et des princes de Galles, à Courbevoie. © Jgp

Lukasz Drygas, chef de projet de Vive les Groues, à Nanterre. © Jgp

Autre visite patrimoniale à Courbevoie, dans le parc de Bécon-les-Bruyères, à la découverte de la façade de la section de Suède et de Norvège, qui ornait la rue des Nations de l’Exposition universelle de 1878, et de ce qui reste du Pavillon des Indes anglaises et des princes de Galles, de cette même exposition.

Enfin, le périple pédestre s’est achevé à Vive Les Groues : à l’image des Grands voisins, et porté également par les Marseillais de Yes We Camp, ce tiers-lieu réunit une pépinière où poussent les arbres qui oxygèneront demain ce quartier en pleine émergence, un camping, une brasserie et d’autres activités expérimentales et participatives, comme l’indique Lukasz Drygas, chef de projet de Vive les Groues.

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