Ardoines : les élus sonnent l’alerte face à un risque de désengagement de l’Etat

A l’heure où des nouveaux contrats d’intérêt national (CIN) vont être signés, les élus des Ardoines craignent de voir leur opération d’intérêt national, créée il y a 7 ans, passée à la trappe par un Etat qui l’aurait déjà placée en bas de la liste de ses priorités.

Jean-Claude Kennedy, maire (PCF) de Vitry-sur-Seine, Michel Leprêtre, président (FDG) du T12, et Pascal Savoldelli, vice-président (PCF) du conseil départemental du Val-de-Marne, ont convié la presse jeudi 23 juin 2016 devant la sortie de la gare des Ardoines. Pour lancer une alerte à l’intention du gouvernement et du Premier ministre en particulier. « Depuis des mois, nous tentons d’obtenir de l’Etat les moyens de passer en phase opérationnelle, et rien ne vient. On nous répond à peine », assènent les élus. « Nous attendons une réponse de l’Etat à la hauteur des enjeux, sachant que ce dernier vient d’annuler sans explication le comité de pilotage des financeurs prévu le 22 juin poursuivent-ils. Il s’agit d’un signe très alarmant qui justifie une mobilisation des collectivités. »

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Jean-Claude Kennedy, maire (PCF) de Vitry-sur-Seine, Michel Leprêtre, président (FDG) du T12, et Pascal Savoldelli, vice-président (PCF) du conseil départemental du Val-de-Marne. © Jgp

Cette inquiétude sur la volonté de l’Etat de mettre la main à la poche pour financer l’ambitieux programme d’aménagement de cette vaste zone, de 300 ha, se nourrit aussi de la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales. Pascal Savoldelli a énuméré les signes que les élus attendent de l’Etat, et qui permettraient « de passer en phase opérationnelle », neuf ans après la création de l’opération d’intérêt national. Il s’agirait, notamment, de favoriser l’intervention de l’Ademe pour permettre le financement « du coût exorbitant » de la dépollution de certaines emprises ; d’autoriser enfin – la décision, et son blocage, relèveraient de Bercy – la création d’une filiale entre l’EPA Orsa et l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (Epfif), afin de financer un portage foncier sur une durée longue, ou de créer un fonds d’aménagement.

Un emploi pour un logement

Jean-Claude Kennedy, a rappelé les enjeux de l’aménagement des deux ZAC des Ardoines, Seine-Gare-Vitry d’un côté, Gare Ardoines de l’autre, « avec plus de 20 000 créations d’emplois attendues ». Le maire (PCF) de Vitry-sur-Seine a souligné l’exigence des élus du territoire en termes d’emploi, soucieux de voir créer un emploi par logement supplémentaire. La mixité fonctionnelle, entre activités, industries, logement, commerce figure également dans le cahier des charges de ce projet urbain exceptionnel à bien des égards : par sa taille (300 ha) et sa situation, au sud de Paris, en zone inondable, largement polluée par l’histoire industrielle.

« Les Ardoines que ce soit avec EDF, Sanofi, Air liquide ont largement contribué à la richesse industrielle de la France au cours du siècle dernier, ont rappelé les élus. Doivent-elles être discriminées pour cela ? » Le maire de Vitry-sur-Seine a rappelé également la dimension métropolitaine stratégique d’un pôle qui sera demain desservi par le TZen, le RER C, le Grand Paris express et sept lignes de bus.

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« Bien aménager ce territoire, c’est la meilleure façon pour conserver les entreprises et favoriser leur développement », a indiqué Michel Leprêtre, président (FDG) du T12. © Jgp

Michel Leprêtre a souligné les engagements pris par les collectivités territoriales, les villes de Vitry, Choisy et Alfortville notamment, ainsi que l’Etat, dans le cadre du Contrat de développement territorial (CDT) signé en 2013. « Bien aménager ce territoire, c’est la meilleure façon pour conserver les entreprises et favoriser leur développement », a indiqué l’élu, dénonçant « l’enlisement du projet dans lequel l’Etat nous entraîne », évoquant « un blocage, un verrouillage insupportable ».

Le financement de la délocalisation de la plate-forme pétrolière des Ardoines, dont le coût est estimé entre 20 et 40 millions d’euros, figurent parmi les priorités des élus puisqu’il bloque la suite du projet d’aménagement. Le financement des équipements publics, de la dépollution, de l’aménagement des accès à la future gare des Ardoines demeure également à trouver. Avec un Etat qui, selon les élus, regarde ailleurs.

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Pascal Savoldelli a énuméré les signes que les élus attendent de l’Etat, et qui permettraient « de passer en phase opérationnelle », 9 ans après la création de l’opération d’intérêt national. © Jgp

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