La perplexité quant au réalisme d’un déconfinement progressif à compter du 11 mai 2020 dominait à la suite de l’allocution présidentielle chez les élus franciliens, concernant la réouverture des écoles notamment. D’autres saluent une parole élyséenne « à la hauteur des enjeux ».
« Je crains qu’Emmanuel Macron se trompe, estime Jean-Christophe Lagarde sur Twitter. Pour l’élu de Drancy, il fallait fixer un horizon, il en fait une obligation. Nous avions besoin d’un objectif, il a fait du 11 mai un impératif ! Or, où seront les masques, comment sécuriser les enfants dans les crèches ou les écoles, qui aura du gel, etc. ? Où est le réalisme ? », s’interroge le président de l’UDI.
Je crains qu’ @EmmanuelMacron se trompe. Il fallait fixer un horizon,il en fait une obligation.Nous avions besoin d’1 objectif,il a fait du 11/5 un impératif!Or, où seront les masques,comment sécuriser les enfants dans les crèches ou écoles,qui aura du gel,etc. ? OU EST LE RÉALISME ?
— Jean-Christophe Lagarde (@jclagarde) April 13, 2020
« Macron tente sa mue sociale, estime David Belliard. Que de louanges pour les derniers de cordée qu’il a tant fustigés, poursuit le candidat EELV à la mairie de Paris. Mais quelle est sa crédibilité pour promouvoir la solidarité, comment le croire alors que ses ministres ne cessent de nous dire qu’il faudra casser le code du travail !? »
« Pas d’accord sur l’ouverture des écoles le 11 mai, affirme le maire (PS) d’Alfortville Luc Carvounas. Pas de tests pas de masques…, poursuit-il. Comment allons-nous empêcher une seconde vague dans ces conditions ? Qui va protéger les Franciliens dans le métro ? L’économie ne peut pas prendre le pas sur la santé des Français. »
« Prévoir d’abord la réouverture des crèches, écoles et lycées, c’est pour renvoyer tout le monde au boulot ? Et sans tests ?, interroge Danielle Simonnet. Et les personnes asymptomatiques mais porteurs ? Et pourquoi cette assurance sur le 11 mai ? Toujours aussi inquiétant », estime l’élue insoumise de Paris.
« Pas plus de contaminations en retournant à l’école le 11 mai qu’en allant voter le 15 mars ? s’interroge Gilles Catoire, l’ancien maire de Clichy. Les parents, enseignants, médecins et élus ont un mois pour faire renoncer Emmanuel Macron à cette décision dangereuse ! Les vives protestations dès ce soir montrent qu’ils seront soutenus ! », ajoute-t-il.
« Nous verrons les effets réels de l’annonce et les modalités. Les masques pour tous, à entendre le président de la République, c’est à partir du 11 mai », commente le maire (LR) du 17° Geoffroy Boulard.
« Serait-il envisageable d’accueillir en priorité dès le 11 mai les 15 % d’enfants qui ont complètement décroché et pour lesquels le retour à l’école est crucial ? », propose Anne-Marie Lang, conseillère et députée de Paris, porte-parole de Cédric Villani.
Depuis sa retraite bretonne, Pierre Mansat, qui a retrouvé sa complète liberté de ton depuis qu’il a quitté Paris s’interroge : « Comment c’est possible ?, demande l’ancien responsable de la mission Grand Paris de la Capitale : En quatre semaines des tests qui ne sont pas là depuis deux mois ? Dépistage uniquement pour ceux qui ont des symptômes ! Des masques « grand public » ? Ouvrir les écoles mais pas les bistrots ? Impéritie, conclut l’ancien élu du 20° arrondissement de Paris. Et des imbéciles heureux qui succombent au ton empathique… »
« Emmanuel Macron a fixé un cap »
Mais certains élus sont satisfaits de l’allocution présidentielle. Cédric Villani en fait partie : « Discours du PR humble et direct, à la hauteur des enjeux de la crise », estime l’élu. Le mathématicien souligne également une « volonté de solidarité européenne, de s’engager pour nos voisins africains, de nous réinventer en fondant les distinctions sociales sur l’utilité commune, ou de faire de l’écologie et la recherche des piliers d’avenir ».
Pour Francis Chouat, « Emmanuel Macron a fixé un cap : le 11 mai. En ne cachant rien de ce qu’il faut faire pour y arriver. Ni de l’immensité des tâches à accomplir. Ni de notre capacité collective à y parvenir », souligne le député (LREM) de l’Essonne.
.@EmmanuelMacron a fixé un cap: le #11mai. En ne cachant rien de ce qu’il faut faire pour y arriver. Ni de l’immensité des tâches à accomplir. Ni de notre capacité COLLECTIVE à y parvenir. #COVID2019 https://t.co/N5OBASAij7
— Francis Chouat (@fchouat) April 13, 2020
« Plusieurs choses que j’avais envie d’entendre, se félicite Philippe Zaouati, qui co-présidait le conseil pour l’urgence climatique du candidat LREM à Paris : permettre aux familles d’accompagner leurs proches dans les hôpitaux ; des outils de traçage anonymes et facultatifs ; un soutien et une annulation des dettes pour l’Afrique ; un revenu minimum pour les plus démunis. »
Gaspard Gantzer salue une « excellente intervention du président qui a reconnu les failles, inconnues, faiblesses, et annoncé des perspectives claires avec une méthode de déconfinement à partir du 11 mai. Des mots humbles et courageux qui redonnent espoir. C’est par la fraternité que nous nous en sortirons », ajoute le candidat LREM à la mairie du 6° arrondissement de Paris.
« En peu de temps Emmanuel Macron a tout mis sur la table, note le député LREM des Yvelines Bruno Millienne. Plus de solidarité et une meilleure redistribution des richesses. Espoir et honneur redonnés aux plus modestes d’entre nous. Concorde nationale. Aux oppositions de prendre leurs responsabilités maintenant. »
Enfin, Karl Olive se montre également positif : « Le discours d’Emmanuel Macron a le mérite de donner un cap aux Français, estime le maire (LR) de Poissy. Plus rien ne sera comme avant…. après le 11 mai 2020. Oui à la concorde nationale. La ville de Poissy sera au rendez-vous. Comme elle l’a toujours été. Vive la France ».
Le discours d’ @EmmanuelMacron a le mérite de donner un cap aux Français. Plus rien ne sera comme avant…. après le 11 mai 2020. Oui à la concorde nationale. La @villepoissy sera au rendez-vous. Comme elle l’a toujours été. Vive la France. Live 21h FB karlolive maire de POISSY pic.twitter.com/cztRwm7cvH
— KARL OLIVE (@KARLOLIVE) April 13, 2020
