Avec Terseren, une coentreprise créée en partenariat avec EDF, La Poste entend accélérer la rénovation énergétique, en traitant dans les années à venir plus de 9 000 bâtiments répartis sur tout le territoire français, représentant 6 millions de mètres carrés de surface à rénover pour atteindre l’objectif de net-zéro d’ici à 2040. Dang Tran, président de Terseren, et Christophe Donizeau, délégué aux relations institutionnelles Ile-de-France d’EDF, ont présenté cette initiative lors des 2e Assises du Grand Paris.
« La rénovation énergétique est un chantier de longue haleine, qui pourrait nous prendre 20 à 30 ans si nous n’adoptons pas une nouvelle méthode », a souligné Dang Tran, président de Terseren, directeur de la décarbonation de l’immobilier du groupe La Poste, lors des 2e Assises du Grand Paris, le 28 novembre 2024. La création de Terseren a pour but de massifier et d’accélérer ce chantier.
Le groupe La Poste s’est ainsi engagé à une réduction de 40 % des émissions de carbone de son parc immobilier d’ici à 2030, conformément au décret tertiaire. Sur les 15 dernières années, La Poste a déjà réalisé des économies d’énergie notables, notamment grâce à l’optimisation des températures et aux écogestes dans ses bâtiments. « Nous avons déjà réalisé au moins 20 % d’économies », rappelle Dang Tran. Cependant, les 20 % restants nécessitent des investissements plus importants, particulièrement dans l’isolation des bâtiments et le remplacement des systèmes énergétiques obsolètes. La Poste entend ainsi déployer des solutions « globales » pour chaque bâtiment, en tenant compte des spécificités de chaque site tout en cherchant à optimiser l’ensemble de son parc immobilier.
Une approche systémique pour la décarbonation
Le partenariat avec EDF a pour but de combiner les expertises de La Poste, gestionnaire d’un parc immobilier conséquent, avec les capacités techniques et humaines d’EDF. L’énergéticien apporte à cette coentreprise son savoir-faire en matière d’ingénierie énergétique et sa maîtrise avec sa filiale Dalkia des solutions telles que les réseaux de chaleur ou les pompes à chaleur.

Dang Tran, président de Terseren, directeur de la décarbonation de l’immobilier du groupe La Poste. © Anh de France
Christophe Donizeau, délégué aux relations institutionnelles Ile-de-France d’EDF, souligne que ce partenariat s’inscrit dans la cadre d’un « marché global de performance » et que l’objectif est de ne pas aborder la rénovation comme une simple addition de solutions techniques, mais comme une approche systémique : « Ce n’est plus l’affaire du chauffagiste du coin, c’est un projet de grande envergure qui nécessite des solutions globales et une ingénierie spécifique », explique-t-il.
Terseren va ainsi travailler sur des projets d’envergure, incluant la rénovation de l’enveloppe des bâtiments, l’autoconsommation d’énergie renouvelable et l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques avec Izivia.
Une garantie de performances
Une des grandes innovations de cette coentreprise est l’introduction d’une garantie de performance : « Nous ne sommes plus dans une logique de promesses », précise Dang Tran. Les travaux de rénovation ne se contentent plus d’objectifs vagues, mais s’inscrivent dans un contrat dans lequel les économies d’énergie sont garanties contractuellement. « Les actions sont mesurées et nous savons que chaque bâtiment sera rénové selon des critères stricts de performance énergétique », ajoute Christophe Donizeau. Cela implique de revoir la gestion de l’ensemble du portefeuille immobilier de La Poste, en combinant différentes solutions adaptées à chaque type de bâtiment, ce qui permet aussi des économies d’échelle.
En 2024, Terseren va ainsi rénover 150 bâtiments de La Poste. D’ici à 2025, ce chiffre passera à 600 bâtiments et le rythme continuera d’accélérer dans les années suivantes. L’objectif est de quadrupler le rythme des opérations à partir de 2025 pour atteindre la réduction des 40 % d’émissions de CO2 d’ici à 2030, dix ans avant l’échéance des engagements pris au niveau mondial avec les accords de Paris.
Terseren entend créer un modèle reproductible pour d’autres grands groupes. Cette approche pourrait permettre de doubler la vitesse des travaux tout en assurant un retour sur investissement plus rapide, dans un secteur où l’inefficacité et le manque d’échelle ont souvent retardé l’atteinte des objectifs de décarbonation, assurent ses promoteurs.
