Trois femmes face au favori à la primaire des Ecologistes

Anne-Claire Boux – arrivée en 2e position au premier tour –, Fatoumata Koné et Aminata Niakaté – éliminées – se sont alliées et ont fusionné leurs programmes. En face, David Belliard – à qui il ne manquait que deux points pour s’éviter un second tour – revendique le soutien des maires d’arrondissement de son parti.

Dernière ligne droite pour les Ecologistes parisiens, qui connaitront, le dimanche 23 mars au soir, leur candidat pour les prochaines élections municipales dans la Capitale. Le second tour de leur primaire oppose David Belliard (48 % au premier tour) et Anne-Claire Boux (27 %). Maire-adjoint chargé des transports et de la transformation de l’espace public, David Belliard portait déjà le dossard de favori sur la ligne de départ.

Historiquement proche de la ligne de Yannick Jadot, il a mené les listes EELV à Paris aux municipales de 2020, obtenant 10,8 % des suffrages au premier tour avant de fusionner ses listes avec celles d’Anne Hidalgo. Il semble désormais bien parti, veut-il croire, pour être de nouveau le chef de file de son parti en 2026. Avec, cette fois, l’ambition de s’assoir dans le fauteuil de l’édile, dans la continuité d’autres grandes villes françaises – Annecy, Besançon, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Poitiers, Tours, Strasbourg – dirigées par cette famille politique.

Anne-Claire Boux, Aminata Niakaté et Fatoumata Koné le 18 mars 2025 au Cuisines de Basile, pour les familles migrantes, dans le 18e arrondissement. © Jgp

Problème : ses trois adversaires du premier tour se sont alliées en une coalition de femmes. Fatoumata Koné (15 %), présidente du groupe Ecologistes au Conseil de Paris, élue du 19e arrondissement, et Aminata Niakaté (10 %), conseillère de Paris élue dans le 15e, ont toutes deux décidé de se ranger derrière Anne-Claire Boux, adjointe d’Anne Hidalgo chargée de la santé (élue du 18e). Il faut dire qu’elles appartiennent toutes les trois au même courant, plus à gauche, celui de Marine Tondelier. Additionnées, leurs voix du premier tour leur donnent un poids électoral supérieur à celui de David Belliard. « La politique, ce n’est pas de l’arithmétique, nuance toutefois l’entourage du candidat. Mais rien n’est joué, ce sera serré. »

« Une nouvelle incarnation pour l’écologie »

Anne-Claire Boux, Fatoumata Koné et Aminata Niakaté se sont retrouvées le 18 mars boulevard Ney, dans le 18e arrondissement, aux Cuisines de Basile, des cuisines partagées pour les familles migrantes vivant à l’hôtel, créées par l’association Basiliade. « Nous ne formons pas une coalition anti-David, précise Anne-Claire Boux, entourée de ses deux ralliées, mais une équipe de femmes engagées sur le terrain qui portent des valeurs communes et une méthode collective. » Elles ont mutualisé leurs programmes, c’est-à-dire qu’Anne-Claire Boux a fait siennes les propositions des deux autres, comme la création d’une sécurité sociale de l’alimentation, portée par Fatoumata Koné.

Leurs soutiens réclament un « nouveau souffle », un « nouveau visage pour Paris », une « nouvelle incarnation pour l’écologie » : « On n’a pas envie de revivre la campagne, un peu erratique, de 2020 », cingle un élu, qui se rappelle les velléités d’alliance de David Belliard avec « le macroniste Cédric Villani ». Un autre : « On aura besoin d’une femme face à Rachida Dati, qui plus est capable de parler à toute la gauche. » Les trois élues assurent être les seules à « oser dire non aux socialistes », et disposées à s’allier avec LFI dès le premier tour dans le cadre d’une union de la gauche.

David Belliard dans les couloirs de l’Hôtel de ville. ©Jgp

De son côté, David Belliard revendique le soutien des maires d’arrondissement écologistes de Paris, ancien et actuelles : Jacques Boutault (ex-maire du 2e), Emmanuelle Pierre-Marie (12e) et Carine Petit (14e). Ces derniers ont signé une lettre aux adhérents le 20 mars expliquant leur choix : « Pour la première fois, nous écologistes, pouvons réellement prétendre à devenir maire de Paris […]. La décision d’Anne Hidalgo de ne pas se représenter ouvre un chemin à gauche », écrivent-il. Quel que soit le résultat de cette primaire, tous, David Belliard ou Anne-Claire Boux, ont promis de se rassembler derrière celui ou celle qui sortira en tête, soucieux de prouver leur « maturité politique ».

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