Simi : GPA présente 3 facettes du bon usage de l’aménagement

Des acteurs d’innovation dans trois types d’usages, construction bois (Woodeum et 3F), prise en compte du genre dans l’urbanisme (GPA et Approche.s !) et promotion de la biodiversité par les abeilles utilisées comme autant de capteurs (BeeOdiversity), avaient répondu à l’invitation de Grand Paris aménagement, au Simi, jeudi 12 décembre 2019, pour montrer que la disruption est affaire d’audace et de bon sens.

Julien Pemezec (Woodeum) a ouvert la conférence en exprimant sa reconnaissance envers Grand Paris aménagement d’avoir osé lui confier la construction de 144 logements en bois, à Ris-Orangis (Essonne), pour ce qui fut une des premières réalisations de cette ampleur. Dessiné par Jean-Michel Wilmotte, et opéré par le groupe 3F, cet ensemble situé entre la Seine et les voies ferrées a joué les démonstrateurs. La capacité du bois d’amortir l’effet du passage des trains, d’atténuer les bruits environnants, tout en réduisant de 40 % l’empreinte carbone du chantier par rapport à la moyenne a pu ainsi être mise en évidence. Qui plus est alors que le chauffage des immeubles s’effectue au moyen d’une chaufferie biomasse.

Pierre Paulot (Groupe 3F) a saisi l’occasion pour appeler les différents acteurs de l’aménagement à œuvrer pour conforter une filière bois française qui n’est pas en mesure, aujourd’hui, de satisfaire toutes les demandes.

Le genre, « impensé de l’aménagement »

Dans un autre genre, Anna Kern, cheffe de projet à GPA, a décrit l’attention désormais portée par l’aménageur à la prise en compte de la place des femmes, « impensée de l’aménagement jusqu’alors ».

Kim Nguyen, Kelly Ung et Julien Pemezec. © Jgp

Ainsi le Modulor de Le Corbusier, silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d’habitation dessinées par l’architecte, est un homme de 1,83 m. Le nombre de rues de Clichy-sous-Bois, qui a entamé,tout comme Villiers-le-Bel ou Vienne un travail sur cette question, est également révélateur : 59 portent des noms d’hommes, contre trois pour les femmes. Les terrains de sport sont généralement dédiés au foot ou au skateboard, a poursuivi l’aménageuse.

Kelly Ung (Atelier Approche.s !) a poursuivi la démonstration sur la base de l’étude en cours à Clichy, qui montre les parcours d’évitement des femmes dans l’espace urbain, l’attention à ne pas croiser le regard des hommes, à ne pas stationner au risque de susciter des interrogations, à ne pas sortir nuitamment. Les recensements, comptages et autres micro-trottoirs effectués à Clichy ont permis d’établir une suroccupation de l’espace par les hommes.

Au-delà du diagnostic, les pistes de correction d’un urbanisme défaillant à cet égard passent par des aménagements urbains favorisant les flux, la « coveillance », où l’on peut voir et être vu(e). Tout simplement, un urbanisme tenant compte des différences de genre commence par l’association de groupes de femmes à sa définition.

Les abeilles comme autant de capteurs

Enfin, Kim Nguyen (BeeOdiversity) utilise les abeilles, notamment sur le site d’Aérolians, aménagé par GPA à Tremblay, comme autant de capteurs permettant de connaître la nature et l’ampleur de la biodiversité d’un site, et son niveau de pollution. En offrant la possibilité de corriger les carences constatées en fonction des saisons par des plantations adaptées.

« Scientifique de formation, j’ai travaillé pendant 20 ans sur la question de savoir comment sauver les abeilles, a-t-il indiqué. Aujourd’hui, je coopère avec elles pour sauver la biodiversité des sites où j’interviens et, au-delà, des territoires qui les accueillent ». « De vendeur de fonciers, l’aménageur est devenu gestionnaire de sols », a résumé Thierry Lajoie, en guise de conclusion.

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