Régionales : Audrey Pulvar lance une plateforme participative et annonce un « préférendum »   

« Venez comme vous êtes, soyez chez vous, n’hésitez pas à déplacer les meubles », a déclaré Audrey Pulvar, dimanche 21 février 2021, en lançant la plateforme participative d’Ile-de-France en commun. L’ancienne journaliste entend « déconfiner la démocratie », notamment grâce au « préférendum ». Ile-de-France en commun lance par ailleurs « un conseil citoyen des solutions ». Avec la conciliation de la transition écologique et de la justice sociale comme maîtres-mots.

C’est sous le signe de la démocratie participative et du combat simultané contre le réchauffement climatique et les inégalités sociales qu’Audrey Pulvar, tête de liste d’Ile-de-France en commun, a lancé sa campagne pour les élections régionales, dimanche 21 février 2021. « Nous ouvrons une plateforme participative pour construire, ensemble, un projet juste, ambitieux et écologique pour notre région », a déclaré l’ancienne présidente de la Fondation Nicolas Hulot, lors d’une conférence web.

Une conférence d’un peu plus d’1h30, ponctuée de témoignages de ses soutiens, de Raphaël Glucksmann (Place publique) au climatologue Jean Jouzel, d’Emmanuelle Cosse (EELV, présidente de l’Union sociale de l’habitat) à Oliver Faure, premier secrétaire du PS, ou Guillaume Lacroix, président du parti des Radicaux de gauche, sans oublier la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Audrey Pulvar, dimanche 21 février, lors du lancement de sa plateforme participative. © DR

La plateforme comprend 8 ateliers territoriaux, 20 ateliers thématiques (santé, sécurité, éducation, culture, etc.). Elle permet de signer des pétitions, de visionner des webinaires ou de répondre à des sondages. © DR

Audrey Pulvar, comme elle l’indique dans son clip de campagne, dans lequel elle décrit son parcours personnel, entend proposer « une alternative humaniste, féministe, ouverte, généreuse, à la politique menée aujourd’hui ». La tête de liste d’Ile-de-France en commun, qui rassemble le Parti socialiste, les Radicaux de gauche, Place publique ainsi que des membres de la société civile, entend faire de l’Ile-de-France, si elle est élue, « un moteur de l’innovation en matière de transition écologique et solidaire, de justice sociale et de lutte contre les inégalités ».

« Nous ne lançons pas un simple site Internet, mais vraiment une plateforme participative, a déclaré l’adjointe à la maire de Paris, parce que l’idée de cette campagne est réellement d’associer les citoyens engagés, de les entendre, de les écouter, de partager avec eux ». « Depuis plusieurs semaines, plus de 300 citoyens et citoyennes, militantes et militants, élus, ont travaillé, échangé, réfléchi ensemble pour élaborer un certain nombre de propositions », a-t-elle poursuivi. Des propositions sur la base desquelles Audrey Pulvar souhaite bâtir son programme.

« Dire ses espoirs et ses galères »

Animé par Natty Tran, élue de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), ce rendez-vous a donné la parole tout d’abord à Mathilde Maulat, « spécialiste de la démarche participative », élue Place publique du 13e arrondissement de Paris et directrice adjointe de campagne, chargée de la participation citoyenne et de la nouvelle gouvernance. « Malgré cette période, nous pensons que la démocratie ne doit pas être confinée », a-t-elle fait valoir, invitant chacun à faire part, sur cette plateforme, « de ses espoirs et de ses galères, face à une présidente qui a visiblement décidé de gouverner seule l’Ile-de-France ».

Ile-de-France en commun assure que « les décisions ne se prendront plus sans [les citoyens], mais grâce à l’intelligence collective, avec humilité, pour des propositions qui [vous] ressemblent et qui [vous] semblent les plus pertinentes ».

La plateforme comprend 8 ateliers territoriaux, 20 ateliers thématiques (santé, sécurité, éducation, culture, etc.). Elle permet de signer des pétitions, de visionner des webinaires ou de répondre à des sondages.

Référendum à choix multiples

Le site va recueillir les propositions des Franciliens jusqu’à la mi-avril, date de la tenue d’un « préférendum », permettant à chacun de donner son avis sur l’ensemble des solutions proposées. « Il s’agit d’un référendum à choix multiples, où les électeurs évaluent l’ensemble des propositions soumises au vote, grâce au jugement majoritaire, a expliqué Chloë Ridel, fondatrice de l’association “Mieux voter”. Cela permet de sortir de la logique binaire du référendum, où l’on est contraint de dire oui ou non, et de pouvoir exprimer une opinion plus nuancée. Cela pourrait être très utile pour l’aménagement du territoire, qui souvent cristallise les oppositions », a-t-elle poursuivi.

« Le référendum sur Notre-Dame des Landes, demandant aux électeurs de se prononcer pour ou contre le projet d’aéroport, n’a absolument pas permis de régler le conflit. Avec un préférendum, qui aurait permis de proposer différents projets d’aménagement, peut-être que l’on aurait pu prendre une décision plus sereine et favoriser un consensus démocratique », a-t-elle illustré.

Mathilde Maulat, spécialiste de la démarche participative, élue Place publique du 13e arrondissement de Paris et directrice adjointe de campagne, chargée de la participation citoyenne et de la nouvelle gouvernance. © DR

Chloë Ridel, fondatrice de l’association « Mieux voter ». © DR

Ile-de-France en commun lance par ailleurs « un conseil citoyen des solutions », composé pour moitié d’experts et pour moitié de citoyens tirés au sort. « Ce conseil travaillera sur le rôle de la Région sur la gestion de la crise sanitaire au quotidien, a indiqué Chloë Ridel, puis remettra son avis citoyen ». « Une instance édifiante, interactive, de haute-qualité démocratique, pour se donner les moyens de bâtir un vrai projet de territoire », a témoigné Jo Spiegel, ancien maire de Kingersheim (Haut-Rhin), membre de Place publique.

« Audrey est une femme remarquable »

« Nous n’avons pas peur de la démocratie participative. Nous pensons qu’elle peut être un allié de la démocratie représentative, a souligné Audrey Pulvar. En 2021, il paraît insensé de ne penser l’exercice du pouvoir qu’à travers le prisme de la démocratie représentative ».

« Audrey est une femme remarquable, qui a des compétences, une hauteur de vue, une générosité, et qui est devenue une femme politique qui a les qualités dont on a besoin aujourd’hui pour répondre aux besoins et aux attentes de la population », a déclaré Anne Hidalgo. « Audrey doit nous permettre de faire de cette région une région réellement écologique et attentive aux injustices sociales et territoriales, trop nombreuses en Ile-de-France », a poursuivi la maire de Paris.

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