Patrice Leclerc ou la ville comme fondement d’un nouvel art de vivre populaire

En s’appuyant sur son expérience de maire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) pour repenser la société à partir de la ville, « dernier espace de résistance à la marchandisation des activités humaines », Patrice Leclerc formule, dans un ouvrage publié aux éditions Arcane 17, l’espoir d’un nouvel art de vivre populaire.

En rappelant combien l’histoire de la presqu’île gennevilloise a été marquée par une forte activité industrielle jusque dans les années 1970 avec la présence de nombreux ateliers de mécanique automobile, d’entreprises de métallurgie, d’aéronautique ou de produits chimiques, Patrice Leclerc entend s’attaquer d’entrée de jeu aux préjugés. Il commence par démentir l’idée que la banlieue s’apparenterait à un ghetto.

Patrice Leclerc, boulevard Saint-Germain, lors d’une manifestation pour le logement, le 10 novembre 2021. © Jgp

Lors d’un conseil métropolitain. © Jgp

Car si ghetto il y a, selon le maire de Gennevilliers, il se situerait davantage du côté de Neuilly-sur-Seine que seule une classe fortunée a les moyens d’habiter ; un ghetto que la complicité de technocrates contribue à étendre toujours plus avec la gentrification du territoire. A ses yeux, ce sont en réalité les villes de banlieue qui reflètent la « France normale » où se côtoient en majorité employés, ouvriers, cadres et professions intermédiaires.

Pour l’élu communiste, « la France normale, c’est la France populaire » ; une France dont trop souvent les difficultés socio-économiques ont été médiatisées et les succès passés sous silence. Il s’agit donc de reconstruire sa conscience de classe et de lui faire recouvrer sa dignité, tant elle fût dévalorisée par les gouvernements successifs – au point que toute réussite aille de pair avec l’idée de s’en extraire. Il s’agit aussi de l’amener à se réinvestir en politique.

Reconnecter être humain et environnement

Patrice Leclerc se veut engagé envers ceux qui questionnent leur appartenance à la communauté nationale : les jeunes vis-à-vis desquels la République « ne tient pas ses promesses » et les plus précaires auxquels on laisse entendre que l’amélioration de leur situation ne sera redevable qu’à plus riches qu’eux. Il promet l’espoir d’un avenir radieux grâce à la solidarité et à la sécurité sociale stricto sensu, par opposition à l’idée jugée humiliante d’ascenseur social, généralement bloqué au rez-de-chaussée. Au traditionnel débat gauche/droite, l’élu communiste préfère plutôt la solide confrontation projet contre projet afin de permettre une remise en question concrète du système susceptible de supplanter le capitalisme.

En matière de santé, dont le droit pour chacun resterait à construire, Patrice Leclerc préconise la nécessaire coopération entre hôpital public et centre municipal de santé. Le nouvel art de vivre populaire qu’il prône valorise également l’école publique ainsi que la coéducation à l’échelle de l’immeuble, de la rue, du quartier, afin que la communauté entière se sente concernée par l’avenir des enfants qui la composent. L’aménagement urbain n’est pas en reste puisqu’il participe pleinement de la dignité de la population : « On se sent respecté dans un environnement que l’on trouve “beau” ou propre », écrit-il. Le maire gennevillois l’atteste : en matière d’aménagement, il ne faut pas avoir peur d’oser.

Renouer le lien avec le vivant

« Penser et faire penser l’espace public » permettrait à chacun de s’approprier son environnement, indépendamment des questions de genre ou d’appartenance socio-culturelle. Il importe aussi de reconsidérer notre rapport à la nature car un nouvel art de vivre populaire en ville, prévient Patrice Leclerc, ne peut s’inventer sans renouer de liens avec le vivant, ni relocaliser la production industrielle et alimentaire.

Loin de n’être qu’une proposition limitée à Gennevilliers, ce « nouvel art de vivre » a vocation à s’étendre à toutes les villes puisque ce sont elles qui jouent un rôle décisif dans le débat citoyen, la production sociale et, à terme, la construction du global. Si les conflits vont parfois bon train entre les envies des uns et les besoins des autres, le maire communiste estime qu’on ne saurait opposer l’individuel au collectif, les intérêts personnels intéressant forcément l’intérêt commun. Dédié à la jeunesse du monde, le manifeste de Patrice Leclerc entend susciter un espoir : celui de faire société, autrement.

Inventons un nouvel art de vivre populaire, de Patrice Leclerc, 150 p. aux éditions Arcane 17.

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